Participer à l'Open Access

L’Open Access s’engage pour que les publications scientifiques soient un bien commun de la connaissance pour toute l’humanité.
Depuis 25 ans, le mouvement de l’Open Access lutte contre la privatisation des savoirs au profit de quelques grands éditeurs scientifiques.

Principe du libre accès

Il s’agit de la mise à disposition gratuite et de la réutilisation par tout un chacun, sur l’Internet public, de la littérature scientifique. Ce mouvement veut créer le droit de lire, télécharger, copier, transmettre, imprimer, indexer les publications scientifiques, sans barrière financière, légale ou technique autre que celles indissociables de l’accès à Internet. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution est de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités....

Pour en savoir plus, lire l'Initiative de Budapest pour l’Accès Ouvert, signée en 2002

 

Pourquoi et comment ces droits ont été accaparés par les grands éditeurs ?

"34% de marge et une rentabilité 4 fois supérieure à ses camarades à la Bourse de Londres : bienvenue dans le monde de l'édition scientifique ! Ce sont les chiffres d'Elsevier, numéro un du secteur, qui possède 16% des revues scientifiques publiées dans le monde [...]"

Voir sur Youtube la vidéo Privés de Savoir (#Datagueule 63)

 

Comment participer ?

Le succès de l’Open Access repose sur la participation des acteurs de la recherche (chercheurs, institutions, financeurs, éditeurs). Pour les chercheurs, deux voies sont possibles.

 

Voie dorée : Attention au modèle hybride

Certaines revues payantes proposent aux auteurs de rendre leur article gratuitement accessible moyennant le paiement d’APC (modèle Open Choice, Online Open, etc…suivant l’éditeur). Ce modèle est à éviter absolument car la revue étant accessible sur abonnement, les institutions payent deux fois l’accès aux contenus. En 2019, il ne sera plus pris en charge par les financeurs.

Le Directory of Open Access Journals (DOAJ) recense les revues nativement en Open Access

Voie verte : Identifier des archives ouvertes

 

Politiques institutionnelles face à l'Open Access

Politique de l'Institut Pasteur

Depuis plusieurs années, l’Institut Pasteur mène une politique institutionnelle envers l’Open Access de façon à affirmer son engagement pour la Science Ouverte et assurer la visibilité de ses publications. Pour répondre à cette politique, il est demandé aux chercheurs de déposer leurs publications dans l’archive ouverte HAL-Pasteur dès acceptation de l’article par l’éditeur. Cet auto-archivage est obligatoire depuis 2017 dans l’évaluation des chercheurs postulant à une promotion.

Obligations européennes

Pour les publications dont les recherches sont financées par le programme européen H2020, il est obligatoire de rendre ses articles accessibles librement et gratuitement sur internet ET de les déposer dans une archive ouverte. (Guidelines to the Rules on Open Access to Scientific Publications  and Open Access to Research Data in Horizon 2020)

Le Plan S : nouvelles exigences des financeurs de la recherche

En Europe, en septembre 2018, une cOAlition de financeurs, la cOAlition S, unit ses forces afin de rendre obligatoire l’accès ouvert aux publications et aux données issues des recherches financées sur leurs fonds propres.

Ses principes généraux sont regroupés dans le Plan S qui demande :

  • L'accès libre et immédiat aux publications scientifiques (à partir de 2021)
  • Pour permettre leur réutilisation, les publications doivent être :
     
  • sous licence ouverte Creative Commons (CC-By)
  • dans des revues en Open Access, ou sur des plates-formes Open Access, ou dans des archives ouvertes sans embargo.

En France  l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), qui fait partie de la cOAlition S, a publié son Plan d’Action 2019.

Dans la partie « Science ouverte (Open Science) : Publications scientifiques et données de la recherche »  (p.9), l’ANR demande « que toutes les publications consécutives aux projets qu'elle finance, soient déposées en texte intégral dans une archive ouverte, soit directement dans HAL soit par l'intermédiaire d'une archive institutionnelle locale ».

Open access et questions juridiques

Trop souvent, les chercheurs ignorent leurs droits face aux éditeurs, notamment lorsqu’ils signent des contrats incluant des cessions de tous leurs droits sur leurs publications. Pour que les auteurs conservent leurs droits dans le cadre de l’Open Science, les licences Creative Commons ont été créées.

 

Licences Creative Commons

"Les licences proposées par l’organisation Creative Commons sont des contrats-type dans lesquels les auteurs déterminent les droits attachés à l’œuvre qu’ils réalisent. Six contrats sont possibles en combinant quatre éléments de base qui sont : la paternité, la modification, l’utilisation commerciale et la réutilisation dans les mêmes conditions du contrat d’origine. Elles peuvent s’appliquer à tout type d’œuvres." (source : Glossaire de l'Inist)

 

 

Loi pour une République numérique

En France, la loi d’octobre 2016 « Pour une République numérique », ou Loi Lemaire, dans son article 30, crée le droit pour les chercheurs de déposer leur post-print (fichier auteur accepté pour publication mais non mis en forme par l’éditeur) dans une archive ouverte. Les conditions sont les suivantes :

  • Les travaux de recherche doivent être financés au moins pour moitié par des fonds publics (prend tout en compte y compris les salaires) ;
  • L’embargo est limité à 6 mois (en STM – Sciences, Techniques, Médecine).

Ce droit prévaut sur le contrat signé avec l’éditeur.

 

 

SHERPA/RoMEO

Le site SHERPA/RoMEO recense, pour chaque éditeur, les conditions d’auto-archivage des publications par les chercheurs.

Il est à noter que la loi pour une République numérique (décrite ci-dessus) crée les conditions d’un droit d’usage se plaçant au-dessus de la politique des éditeurs et des contrats signés entre éditeurs et chercheurs lors de la publication.

 

 

La science ouverte

L'Open Access fait partie du mouvement plus large de la Science Ouverte ou Open Science.

Domaines couverts par la Science ouverte

source : Knoth, Petr; Pontika, Nancy (2015): Open Science Taxonomy. figshare. Figure. (https://doi.org/10.6084/m9.figshare.1508606.v3)

 

En savoir plus sur la Science Ouverte

 

Questions / Réponses

Qu'apporte la participation à l'Open Access pour un chercheur ?

L'Open Access apporte de la visibilité aux travaux des chercheurs. L'archive ouverte HAL est très bien référencée dans un moteur de recherche comme Google et est moissonnée par le portail européen OpenAIRE, en lien avec les projets de recherche H2020. Depuis mai 2017, la base de données Pubmed fournit un lien vers l'archive ouverte HAL lorsque le fichier auteur de l'article y est disponible. De plus, HAL assure un archivage pérenne des publications au Centre Informatique National de l'Enseignement Supérieur (CINES).

Est-ce que l'Open Access est compatible avec le dépôt de brevet ?

La problématique des publications en Open Access est la même que pour n'importe quelle autre publication : il ne faut pas divulguer ses résultats de recherche avant le dépôt de la demande de brevet. Ensuite, il est possible de publier quelle que soit la revue (Open Access ou non).

Mes articles sont déjà dans ResearchGate. Quels sont les avantages de les déposer aussi dans HAL ?

En tant que plate-forme commerciale, ResearchGate présente le risque de disparaître à tout moment. A l'inverse, HAL, issu d'un protocole d'accord national, est une plate-forme publique dont l'archivage est assuré.

Par ailleurs, il est important de noter que certains éditeurs n'autorisent pas la publication des articles via ResearchGate et n'hésitent pas à demander la suppression des fichiers PDF. Un grand nombre d'article disponibles sur la plateforme ont ainsi déjà été retirés par ResearchGate suite à une attaque en justice d'Elsevier et d'autres éditeurs en 2017. L'équipe de modération HAL-Pasteur du CeRIS se charge de vérifier les droits de diffusion des articles et garantit aux chercheurs la légalité de leur dépôt.

ResearchGate ne peut pas être considéré comme un espace de dépôt d'articles : il s'agit avant tout d'un réseau social de la recherche.

Contacts

 

 


 

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