Coqueluche et autres bordetelloses

Foire aux questions

Quelle conduite à tenir dans l’entourage d’un cas confirmé de coqueluche 

  • Prescrire une antibioprophylaxie aux sujets asymptomatiques non protégés par la vaccination (seulement si le contact avec le cas index date de moins 21 jours) :

Pour les contacts proches :

Antibioprophylaxie à tous les enfants non ou mal vaccinés (ayant reçu moins de 2 ou 3 doses selon l’âge) ou ceux dont la dernière vaccination date de plus de 5 ans. Lors d’un contact avec une personne présentant un tableau clinique très évocateur de coqueluche, l’antibioprophylaxie peut être débutée dès lors que le prélèvement biologique du sujet index a été réalisé et en attente du résultat.

Antibioprophylaxie à tous les adultes non vaccinés ou dont la dernière vaccination contre la coqueluche remonte à plus de 5 ans.

Pour les contacts occasionnels :

Antibioprophylaxie uniquement des sujets à risque non protégés par la vaccination : nourrissons non vaccinés ou incomplètement vaccinés, femmes enceintes, sujets atteints de maladies respiratoires chroniques, immunodéprimés, entourage de nourrissons non encore vaccinés.

  • Pour les sujets symptomatiques :

Tout sujet exposé présentant une toux doit être considéré comme un cas suspect, isolé et soumis à des investigations à visée diagnostique et recevoir un traitement adapté.

  • Mettre à jour les vaccinations de la population exposée selon le calendrier vaccinal en vigueur :

Mettre à jour les vaccinations de la population exposée, selon le calendrier vaccinal en vigueur, pour les enfants et les adolescents comme pour les adultes. Il convient de préciser que la vaccination post exposition n’a aucune efficacité pour la prévention de la coqueluche chez une personne déjà contaminée. Cette vaccination de rattrapage a pour but de prévenir la maladie dans l’hypothèse de contamination ultérieure. En l'absence de vaccin coquelucheux non combiné, force est de recourir à un vaccin combiné. Si un enfant a reçu un vaccin dT Polio depuis moins de 5 ans, il est recommandé d’utiliser un vaccin combiné faiblement dosé en anatoxine diphtérique et de surveiller la tolérance (Repevax®, Boostrixtetra®). Chez l’adulte, il est recommandé de respecter un intervalle minimal de 1 mois avec un vaccin comportant les valences diphtérie et/ou tétanos. Pour les personnes ayant déjà présenté une coqueluche depuis plus de 10 ans, une vaccination est considérée comme nécessaire. La coqueluche des premiers mois de la vie est considérée comme peu immunisante de sorte que ces nourrissons doivent être vaccinés selon le calendrier vaccinal en vigueur.

  • Informer la population exposée en demandant :

Au patient ou aux parents d'un enfant malade, d'informer de la maladie le plus rapidement possible leur entourage familial, social ou professionnel, afin que ces personnes consultent leur médecin traitant en cas d'apparition de toux dans les 21 jours qui suivent le dernier contact, reçoivent une antibiothérapie le cas échéant et mettent à jour les vaccinations selon le calendrier vaccinal

Au patient, de prévenir le plus rapidement possible sa médecine du travail, notamment s’il travaille dans un établissement de santé.

  • Rôle du clinicien :

Tout médecin ayant une connaissance de cas groupés de coqueluche survenant dans une collectivité d'enfants ou d'adultes informe le plus rapidement possible le médecin la cellule de veille et de gestion des alertes sanitaires de l’ARS. L’ARS s'efforcera de valider les cas comme préconisé ci-dessus, de confirmer et de classer les cas en lien si nécessaire avec la cellule de l’InVS en région (Cire) et de vérifier la mise en place effective des mesures de contrôle.

 

Pour plus de détails :

Haut Conseil de la Santé Publique : Conduite devant un ou plusieurs cas de coqueluche, 10 juillet 2014 (pages 33, 34 et 37 ; voir lien sur notre page Maladie et Recommandations)

Peut-on vacciner les femmes enceintes ?

A ce jour en France, cette vaccination n'est recommandée que dans le post-partum immédiat dans le cadre du cocooning. Du fait d’un contexte épidémique particulier, elle est déjà recommandée à Mayotte.

Cependant, dans de nombreux pays (USA, Royaume Uni, Belgique, Suisse, ...), le vaccin contre la coqueluche est recommandé à partir du 2e trimestre de grossesse (de préférence entre 20 et 32 semaines d’aménorrhée, après la 2e échographie, d’après les recommandations anglaises et les études de réponse anticorps).

Les données publiées de femmes enceintes exposées au vaccin contre la coqueluche en cours de grossesse sont très nombreuses, rassurantes, et montrent une efficacité de protection des petits nourrissons.

En France, les vaccins de rappel (REPEVAX ou BOOSTRIX) ont l’AMM et les recommandations d’utilisation concernant la femme enceinte sont dans le Vidal ; il est donc possible de vacciner, après information et consentement de la patiente par son médecin.

Dans le cadre de la stratégie du cocooning, il est également recommandé au cours de la grossesse de vacciner le père (s’il ne l’a pas été antérieurement), de vérifier le statut vaccinal des enfants de la fratrie et le cas échéant de le mettre à jour. Il est également recommandé de vacciner les adultes (nourrice, grands parents, baby-sitter régulière) susceptibles d’être en contact étroit avec le futur nourrisson pendant les 6 premiers mois de sa vie.

 

Pour plus de détails :

Haut Conseil de la Santé Publique : Conduite devant un ou plusieurs cas de coqueluche, 10 juillet 2014 (page 28 ; voir lien sur notre page Maladie/recommandations)

Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2020

Recommandations sur la vaccination coqueluche chez la femme enceinte à Mayotte

Terranella et al., Pediatrics 2013  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23713104/

Amirthalingam et al., Lancet 2014  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25037990/

Eberhardt et al., Clin Infect Dis 2016  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26797213/

Questions relatives aux bordetelles autres que B. pertussis

Les bordetelles sont classées en plusieurs espèces : quatre d’entre elles infectent l’homme le plus fréquemment : B. pertussis et B. parapertussis, les agents de la coqueluche ; B. holmesii, agent de bactériémies chez les sujets immunodéprimés en particulier aspléniques et les patients drépanocytaires ; et pouvant aussi être détectée lors d’un syndrome coqueluchoïde ; puis B. bronchiseptica, responsable de la toux des chenils et qui peut infecter plusieurs espèces de mammifères et induire chez l’homme immunodéprimé des bactériémies ou infections respiratoires. B. avium et B. hinzii infectent principalement les oiseaux sauvages et la volaille ; B. ansorpii et B. trematum infectent l’homme de manière anecdotique. Enfin B. petrii est une bactérie de l’environnement qui peut induire, bien que rarement, une infection respiratoire chez l’homme.

Pour plus de détails : 

Autres bordetelles : Guiso N, Expert rev Vaccines 2014  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25034039/

B. holmesii : Pittet et al., Lancet Infect Dis 2014  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24721229/

et Fishbain et al., Infect Dis 2015  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25415654/

B. bronchiseptica : Kadlec and Schwartz, Microbiol Spectr 2018  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30027886/

B. petrii : Le Coustumier et al., Emerg Inf Dis 2011  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21470449/

 Quel est le traitement des infections à B. bronchiseptica chez l’homme ?

B. bronchiseptica possède une résistance à de nombreuses bêta-lactamines dont le céfotaxime, la ceftriaxone et les C3G.  Elle est :

  • habituellement sensible à : pipéracilline, pipéracilline/tazobactam,  imipénème, méropénème, gentamicine, tobramycine, doxycycline 
  • modérément sensible à : ampicilline/sulbactam, amoxicilline/acide clavulanique, ceftazidime, céfépime, amikacine, acide nalidixique, ofloxacine, pérfloxacine, ciprofloxacine 
  • inconstamment sensible au : cotrimoxazole
  • résistante à : ampicilline, amoxicilline, céfamandole, céfotaxime, aztréonam, tous les marcolides, pristinamycine

L’intérêt ou non de traiter le patient en cas d’identification de B. bronchiseptica va dépendre de la symptomatologie clinique, du terrain du patient et de la source de l’infection. La durée de traitement va dépendre de la réponse au traitement. Il est aussi important de vérifier si le patient a des animaux domestiques, potentiellement porteurs et hôtes intermédiaires de B. bronchiseptica.

Il est conseillé de tester la sensibilité aux antibiotiques par la méthode des disques ou par détermination de la CMI avec des E-test (Mac-Farland de 0,5 ; incubation à 35-36°C et lecture à 24h, gélose Müller-Hinton additionnée de sang de cheval). Il n’y a pas de seuil critique CA-SFM ou EUCAST pour les Bordetella et l’interprétation se fait en se référant aux bacilles Gram négatifs non fermentaires.

Pour plus de détails :

Yacoub AT, Mediterr J Hematol Infect Dis 2014  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24804004/

Mis à jour le 14/04/2021

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