Listériose

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En France, la maladie reste rare (incidence de 5 à 6 cas par million d’habitants et par an), mais mortelle dans 20 à 40% des cas. 

Quelles sont les causes ? 

L’agent infectieux responsable de la listériose est la bactérie Listeria monocytogenes. Il s’agit d’un bacille de 1 à 2 µm de long ayant la capacité de se multiplier à basse température (4°C). Cette bactérie a un caractère ubiquitaire : on peut la retrouver dans l’eau, le sol, les végétaux et dans l’intestin de nombreux animaux. L. monocytogenes a la capacité de coloniser les sites de fabrication des aliments. En conséquence, elle est à l’origine d’infections  alimentaires, notamment à partir de produits laitiers ou carnés contaminés, et d’épidémies en cas de diffusion large de l’aliment contaminé. 

Comment se transmet la bactérie ? 

Le mode de contamination le plus fréquent chez l’humain est l’ingestion d’aliments contaminés. La bactérie est sensible à la chaleur, mais peut encore se multiplier à 4°C (température des réfrigérateurs). La contamination des aliments par Listeria monocytogenes est donc favorisée par l’allongement de la chaîne du froid (entrepôts frigorifiques industriels et réfrigérateurs ménagers). Listeria monocytogenes n’altère pas le goût des aliments, contrairement à la plupart des autres pathogènes transmis par voie alimentaire, expliquant la possible ingestion répétée et en grandes quantités de cette bactérie. 

En France, les aliments les plus fréquemment contaminés par Listeria monocytogenes sont les produits laitiers (notamment fromages à pâte molle et au lait cru), les charcuteries (langue, tête, rillettes), les poissons crus ou fumés, les graines germées réfrigérées, et la viande crue ou peu cuite. 

Quelles sont les symptômes ? 

La période d’incubation de la listériose s’étend de quelques jours à deux mois. 

Il existe une forme non invasive de listériose. Sa période d’incubation est de quelques jours et touchent des personnes en bonne santé. Elle provoque des symptômes peu spécifiques tels que des diarrhées, de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de têtes  

La deuxième forme, dite invasive (la présence de la bactérie ne se limitant pas au tube digestif), a quant à elle une période d’incubation plus longue (quelques semaines à quelques mois). Elle touche principalement les personnes fragiles et immunodéprimées comme les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées, celles atteintes d’un cancer ou ayant reçu une greffe. Chez l’adulte, la maladie se traduit par une infection du sang (septicémie), voire du système nerveux central, qui se manifeste alors principalement par une méningo-encéphalite (c’est-à-dire une infection des méninges et du cerveau). 
Chez la femme enceinte, l’infection est en général sans conséquence pour la mère : elle peut passer inaperçue, prendre la forme de contractions, ou se traduire par un pic fébrile. Dans certains cas cependant, elle peut provoquer un avortement spontané, un accouchement prématuré voire une mort du fœtus. Quant au nouveau-né infecté, il présente une infection sévère, souvent aggravée par la prématurité, qui peut combiner septicémie, infection pulmonaire, neurologique et parfois cutanée. La prématurité de l’enfant notamment peut entraîner des séquelles importantes. 

Comment diagnostiquer l’infection ? 

Le diagnostic est basé en premier lieu sur les symptômes cliniques. Une détection de la bactérie peut se faire via un prélèvement de sang ou de liquide céphalo-rachidien. 

Après accouchement, l’analyse du placenta peut donner de précieuses informations. Pour les nourrissons, les premières selles peuvent être utilisées pour le diagnostic.  

En cas de suspicion d’aliments contaminés, des analyses bactériologiques peuvent également être entreprises afin de confirmer ou non la présence de la bactérie Listeria monocytogenes

Quels sont les traitements ? 

Il existe un traitement antibiotique pour traiter les formes sévères. Il s’étend sur plusieurs semaines et est d’autant plus efficace qu’il est administré rapidement après diagnostic. Cependant, l’évolution peut être fatale même en cas de traitement adapté et précoce. 

Comment prévenir l’infection ? 

La prévention pour les personnes à risque (femmes enceintes, personnes âgées, personnes immunodéprimées par un traitement immunosuppresseur ou une pathologie telle qu’un cancer, une cirrhose ou un diabète) consiste à éviter la consommation des produits suivants : produits laitiers, charcuterie en gelée, rillettes, pâtés, foie gras, fromages au lait cru, poissons fumés, coquillages crus, surimi, tarama, graines germées crues… Il est recommandé de bien cuire les aliments d’origine animale, d’enlever la croûte de tous les fromages, de laver soigneusement les légumes et les herbes aromatiques et de bien recuire jusqu’à ébullition les produits achetés prêts à consommer « traiteur ». 

Afin d’éviter les contaminations croisées (d’un aliment à l’autre), il faut conserver les aliments crus séparément des aliments cuits ou à consommer en l’état. Les produits préemballés sont à préférer aux produits achetés à la coupe, ces derniers devant dans tous les cas être consommés rapidement après leur achat. Les règles habituelles d’hygiène (qui ne concernent pas uniquement Listeria monocytogenes) doivent être particulièrement respectées : 

  • Réchauffer soigneusement les restes alimentaires et les plats cuisinés avant consommation ; 
  • Nettoyer fréquemment le réfrigérateur et le désinfecter ensuite avec de l’eau javellisée ; 

  • S’assurer que la température du réfrigérateur est suffisamment basse (4°C) ; 

  • Respecter les dates limites de consommation ; 

  • Après la manipulation d’aliments non cuits, se laver les mains et nettoyer les ustensiles de cuisine qui ont été en contact avec ces aliments. 

Combien de personnes touchées ?  

Les personnes fragiles et immunodéprimées comme les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées, celles atteintes d’un cancer ou ayant reçu une greffe sont les plus susceptibles de développer les formes graves de la maladie. 

La bactérie Listeria monocytogenes a été décrite pour la première fois dans les années 1920, mais ce n’est que depuis la mise en évidence d’une origine alimentaire de l’infection humaine, à l’occasion d’une épidémie au Canada en 1981, que la listériose est considérée comme un véritable problème de santé publique. En France, c’est une maladie à déclaration obligatoire depuis 1998. 

En France métropolitaine, on compte environ 350 cas de listériose déclarés par an. Aucune épidémie massive n’a été rapportée et le nombre de cas sporadiques a fortement baissé depuis 15 ans, les formes materno-néonatales ayant le plus diminué, alors qu’il a été noté ces dernières années une augmentation des cas de septicémies survenant chez des sujets âgés, souvent porteurs de comorbidités. En 2018 est survenue en Afrique du Sud la plus grave épidémie rapportée à ce jour, avec plus de 1000 patients infectés, dont plus de 40% de nouveau-nés. La source de contamination identifiée était une saucisse de fabrication industrielle très largement distribuée dans tout le pays. 

 


Janvier 2024

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