Avertissement : Un cas de rage confirmé dans le Rhône

Un cas de rage a été confirmé par le Centre National de Référence de la Rage chez un enfant de 10 ans qui a contracté la maladie lors d’un séjour à l’étranger (Sri-Lanka).

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Rage

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59 000 décès annuels dans le monde, principalement en Asie et en Afrique

En 2016, en France, près de 4200 personnes ont reçu un traitement

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Cause

Le virus de la rage (genre Lyssavirus) est présent dans la salive de l’animal (chien, animal sauvage...) en fin de maladie. La transmission survient le plus souvent après la morsure par un animal contaminé, par griffure ou encore léchage sur la peau excoriée ou sur une muqueuse. La contamination d’homme à homme est exceptionnelle (transplantations d’organes, transmission de la mère au fœtus).

Symptômes

Le virus rabique est neurotrope : il infecte le système nerveux et affecte son fonctionnement. Il ne provoque pas de lésions physiquement visibles dans le cerveau mais perturbe les neurones, notamment ceux qui régulent des fonctionnements autonomes comme l’activité cardiaque ou la respiration. Après quelques jours à quelques mois d’incubation le plus souvent, l’individu atteint développe un tableau d’encéphalite. La phase symptomatique débute souvent par une dysphagie (difficulté à avaler) et des troubles neuropsychiatriques variés, notamment l’anxiété et l’agitation. L’hydrophobie est parfois présente (due à la dysphagie). Une fois les signes déclarés, l’évolution se fait vers le coma et la mort (souvent par arrêt respiratoire) en quelques heures à quelques jours. Hormis quelques cas décrits, l’issue est toujours fatale lorsque la maladie est déclarée.

Survie exceptionnelle sans traitement après exposition 

En 2004, une jeune américaine a survécu à la rage. Elle avait été mordue sur le continent américain par une chauve-souris et n’avait reçu aucune vaccination préventive après exposition. Elle a subi un traitement très lourd en service de réanimation. Elle a survécu et a récupéré avec peu de séquelles. Si la survie de cette jeune fille a ouvert des perspectives en matière de traitement, la raison de sa survie ne peut être imputée à ce traitement et reste jusqu’à aujourd’hui inconnue. En effet, dans les autres continents, aucun patient traité de la même façon n’a depuis survécu.

Epidémiologie

La rage est responsable d’environ 59 000 décès annuels dans le monde, principalement en Asie et en Afrique, le plus souvent suite à une morsure par un chien enragé. Chaque année, environ 17 millions de personnes reçoivent un traitement après exposition à des animaux chez lesquels on soupçonne la rage.

Aucun cas de rage humaine acquise sur le territoire français métropolitain n’a été rapporté depuis 1924. En 2008, un cas humain a été rapporté en Guyane probablement suite à une morsure de chauve-souris. Des cas humains acquis hors du territoire français et diagnostiqués en France ont été aussi recensés. Le dernier patient mort de rage en France (un enfant âgé de 10 ans, dans la région lyonnaise) a été diagnostiqué en octobre 2017, après avoir présenté les premiers signes cliniques, à la suite d’un séjour prolongé au Sri Lanka.

Des précautions sont donc à prendre vis à vis des animaux sauvages et domestiques pour les voyageurs en zone d’endémie : Asie, Afrique essentiellement et dans une moindre mesure en Europe Centrale, Moyen-Orient, Amérique du Sud…

Traitement

Le traitement préventif de la rage suite à une exposition commence par un traitement non spécifique : nettoyage des plaies, antisepsie (une antibiothérapie et un contrôle de l’immunité antitétanique sont également recommandés suite à une morsure). La prophylaxie post-exposition en elle-même, comprend une vaccination, accompagnée d'une sérothérapie antirabique dans certains cas. Le traitement doit être effectué le plus rapidement possible après exposition, avant l’apparition des premiers symptômes qui signe une évolution inexorablement fatale. Cette prophylaxie consiste en 4 ou 5 injections intramusculaires de vaccin réparties sur un mois et elle est bien tolérée. Dans de plus en plus de pays (endémiques), la voie intradermale est considérée bioéquivalente.

En 2016 en France, 4223 personnes ont reçu un traitement après exposition. Cela ne signifie pas que ces personnes aient été exposées au virus de la rage, mais que le risque de transmission ne pouvait pas être complètement écarté et qu’une prophylaxie a été débutée par précaution.

A l’Institut Pasteur

Le Centre national de référence de la rage à l’Institut Pasteur (dirigé par Hervé Bourhy), également Centre collaborateur pour l’OMS, assure la surveillance épidémiologique de la rage en France. Il effectue chaque année plus d’un millier d’analyses de prélèvements humains ou animaux suspects et coordonne le vaste réseau de centres de traitement antirabique (90 centres et antennes répartis sur le territoire français). Le centre de traitement antirabique du Centre médical de l’Institut Pasteur a assuré en 2016 près de 1835 consultations ; 56% de ces patients ont reçu une prophylaxie antirabique. Parallèlement, trois laboratoires de recherche (l’unité Dynamique des lyssavirus et adaptation à l’hôte, l’unité des Stratégies antivirales, et l’unité de Neuro-immunologie virale) mènent des recherches complémentaires sur le virus de la rage et la maladie en France et dans les pays en développement où la rage présente un risque quotidien.

Surveillance et santé publique : Centre national de référence pour la rage

A l'Institut Pasteur à Paris :

Dans le Réseau international des instituts Pasteur :


Octobre 2017

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