Hantavirus

Activités du CNR des Hantavirus

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Avant tout envoi, consulter la rubrique " Envoyer un échantillon/une souche"

Toute demande au CNR n’est prise en compte que si elle est accompagnée d’une fiche de renseignements cliniques, biologiques et épidémiologiques jointe à l’échantillon.(PDF - 83 Ko)

ANALYSES

Diagnostic sérologique humain

Cinétique des anticorps

La confirmation sérologique d’une infection actuelle ou récente par un hantavirus passe par la détection des IgM et des IgG anti-hantavirus dans le sérum du patient, la détection seule des IgM anti-hantavirus pouvant être non spécifique.

Lors d’une infection par le virus Puumala (PUUV) :

  • les IgM anti-PUUV sont détectées par ELISA très rapidement après le début des symptômes. Les trois-quarts des patients infectés par ce virus présentent des IgM anti-PUUV dans les 3 jours qui suivent le début de la maladie et la quasi-totalité dans les 7 jours. Elles persistent quelques semaines et ne sont plus retrouvées que chez les deux-tiers des patients lors du 2ème mois qui suit l’infection. Elles ne sont plus détectées au-delà de ce 2ème mois chez la quasi-totalité des patients.
  • les IgG anti-PUUV sont détectées également par ELISA très rapidement après le début des symptômes. Les deux tiers des patients présentent des IgG anti-PUUV dans les 3 jours qui suivent le début de la maladie et la quasi-totalité dans les 7 jours. Leur détection persiste des dizaines d’années (les IgG anti-PUUV sont vraisemblablement conservées à vie).

Ces cinétiques sont du même ordre lors d’une infection par le virus Hantaan et le virus Dobrava-Belgrade, autres virus de l’Ancien Monde pathogènes pour l’homme. Elles sont moins connues lors d’une infection par le virus Seoul (très peu de cas humains ont été étudiés) et pas connues pour le virus Tula, autre virus de l’Ancien Monde zoonotique.

Lors d’infection par le virus nord-américain Sin Nombre (SNV) :

  • les IgM anti-SNV sont détectées par ELISA très rapidement et à des titres très élevés : 100% des patients infectés sont porteurs d’IgM anti-SNV dans les 3 jours qui suivent le début de maladie. Elles disparaissent dans la quasi-totalité des cas au cours du deuxième mois post-infection.
  • les IgG anti-SNV sont détectées par ELISA plus tardivement : la réponse est du même type que celle observée lors d’une infection par PUUV (2/3 des patients en ont dans les 3 jours qui suivent le début de maladie et 100% dans les 7 jours).

Ces cinétiques sont du même ordre lors d’une infection par le virus Andes, hantavirus sud-américain d’importance médicale, et elles sont moins bien connues pour les autres hantavirus américains (peu de cas humains détectés).

Analyses disponibles

Le diagnostic sérologique d’une infection par un hantavirus est effectué en première intention en France métropolitaine par des laboratoires de biologie médicale ou de biologie médicale spécialisée. Ces laboratoires (quinze en 2017) utilisent soit des trousses de réactifs permettant le diagnostic sérologique d’une infection par le virus Puumala, endémique dans le quart Nord-Est de la France (test rapide d’immunochromatographie IgM), soit des trousses permettant de détecter des infections par d’autres hantavirus (trousse ELISA IgM et IgG pour les virus euro-asiatiques ou trousse pan-hantavirus). Ces examens sont hors nomenclature et non remboursés par la Sécurité Sociale. Le prescripteur doit alors s’assurer que le diagnostic demandé est à même d’être effectué par le laboratoire destinataire. Le CNR peut être exceptionnellement sollicité en première intention, quand les laboratoires de biologie médicale ou de biologie médicale spécialisée sollicités ne disposent pas de trousse de réactifs sérologiques permettant la détection des hantavirus recherchés.

Les techniques mises en œuvre par le CNR sont actuellement des tests immunoenzymatiques (ELISA) et d’immunofluorescence indirecte utilisant des antigènes natifs préparés sur cellules par le CNR et permettant de détecter IgM et/ou IgG dirigées contre différents hantavirus. Ces techniques sont effectuées deux fois par mois (résultats d’examens disponibles dans les 15 jours ouvrables après réception d’un prélèvement).

Diagnostic moléculaire humain

La cinétique virale (diagnostic moléculaire)

Cette cinétique a peu souvent été étudiée et l’a été seulement par technique moléculaire, l’isolement des hantavirus à partir de prélèvement de sang humain étant lourd et difficile.

Lors d’une infection par le virus Puumala (PUUV), le virus circule probablement dans le sang avant l’apparition des symptômes. Il est détecté chez quasiment tous les patients dans les 3 jours qui suivent le début de la maladie et reste détectable chez 80% d’entre eux jusqu’au 7ème jour de la maladie, le titre viral diminuant lentement avec l’apparition des anticorps. Dans les formes graves, cette virémie est plus longue avec des titres d’anticorps anti-PUUV plus faibles et une apparition retardée des IgG dirigées contre PUUV.

Cette cinétique virale est du même ordre pour le virus Dobrava-Belgrade et elle est moins bien connue pour les autres hantavirus de l’Ancien Monde pathogènes pour l’homme (virus Seoul et Tula).

Lors d’une infection par le virus nord-américain Sin Nombre (SNV), le virus est détecté dans le plasma des ¾ des patients au moment de l’hospitalisation, correspondant pour la plupart au moment de l’apparition de l’œdème pulmonaire. Les titres viraux sont à leur maximum quand l’hématocrite est au plus haut et les plaquettes au plus bas. Ils sont également plus élevés chez les patients présentant une forme sévère de la maladie. La chute brutale de la virémie chez les survivants correspond à la fin de la période fébrile.

Cette cinétique virale est moins bien connue pour les autres hantavirus du Nouveau Monde pathogènes pour l’homme.

Analyses disponibles

Le CNR est à même de faire un diagnostic moléculaire sur les prélèvements de cas suspects. Les techniques mises en œuvre par le CNR sont actuellement des techniques de RT-PCR en temps réel ou conventionnelles (ciblant les différents segments des génomes) spécifiques de certains hantavirus, de groupes d’hantavirus (groupes associés aux différentes sous-familles de rongeurs) ou de tous les hantavirus.

Compte-tenu des ressources humaines du CNR, ces techniques sont effectuées deux fois par mois (résultats d’examens disponibles dans les 15 jours ouvrables après réception d’un prélèvement) quand elles sont justifiées (cf. cinétique virale). Si elles le sont, c’est en complément des techniques sérologiques sauf accord préalable du responsable du CNR.

Le CNR des Hantavirus réalise ses activités analytiques sous management de la qualité. Le CNR a été accrédité selon la norme NF EN ISO 15189 version 2012 en avril 2015 sous le n°8-2588. La portée d’accréditation est sur le site du Cofrac (www.cofrac.fr). L'attestation d'accréditation est disponible ici : https://www.cofrac.fr/annexes/sect8/8-2588.pdf. Le CNR poursuit la démarche d’accréditation selon les conditions imposées par la Loi du 30 mai 2013 (2013-442).

EXPERTISES

Diagnostic sérologique humain

Le CNR intervient essentiellement en France métropolitaine en 2ème intention, en complément des laboratoires effectuant le diagnostic de 1ère intention. Les partenaires de ce réseau de laboratoires adressent au CNR tous les prélèvements avec résultats d’examens sérologiques positifs et certains avec des résultats douteux ou négatifs à des fins de confirmation ou de compléments d’examens (détection des IgG anti-hantavirus dans les prélèvements de patients chez qui des IgM anti-hantavirus ont été seulement recherchées et détectées, afin de confirmer les cas). Ces examens sont effectués à titre gracieux. Ce diagnostic de 2ème intention contribue grandement à l’activité de surveillance.

Isolement, Détection, Identification et caractérisation moléculaire d’hantavirus

Le CNR dispose des outils (amplification de gènes, séquençage, analyse de séquences) permettant de détecter, d’identifier les espèces d’hantavirus et de les caractériser (origine géographique en particulier), que cela soit à partir de prélèvements humains, animaux ou d’isolats.

Les prélèvements reçus pour un diagnostic sérologique de confirmation présentant un intérêt (précocité de prélèvement, forme clinique atypique, localisation géographique, surveillance épidémiologique) font l’objet d’un complément de diagnostic moléculaire afin de préciser l’espèce et le topotype d’hantavirus en cause.

Le CNR a également la capacité d’isoler des souches d’hantavirus.

SURVEILLANCE

Le CNR contribue à la surveillance épidémiologique, en lien avec l’agence nationale de santé publique et en collaboration avec le réseau de laboratoires effectuant un diagnostic de première intention.

Après recueil et enregistrement des données cliniques, biologiques et épidémiologiques des cas et de leurs résultats d’examens par les techniques de référence, le CNR est en mesure de produire mensuellement un rapport de surveillance indiquant la distribution spatiale et temporelle des cas confirmés.

Il contribue également aux projets européens de surveillance en fournissant les données françaises, via l’agence nationale de santé publique, à l’« European Centre for Disease Prevention and Control » (ECDC) à Stockholm en Suède.

Alerte : Le CNR signale à l’agence nationale de santé publique tout évènement inhabituel (émergence de nouveaux virus, cluster spatio-temporel, forme clinique inhabituelle, etc.).

Par ailleurs le CNR est capable, en collaboration avec l’agence nationale de santé publique, de renforcer sa surveillance en cas d’alerte nationale ou émanant d’un pays tiers.

COLLECTION DE SOUCHES

Le CNR assure l’entretien et l’actualisation d’une collection de souches d’hantavirus de référence ainsi que des réactifs qui y sont associés.

FORMATION

Accueil de stagiaires

COLLABORATIONS ET RÉSEAUX

Au plan national

  • le CNR entretient des rapports étroits avec l’unité des infections zoonotiques, vectorielles et alimentaires du département des maladies infectieuses de l’agence nationale de santé publique et avec le laboratoire associé (Institut Pasteur de Guyane), chargé particulièrement de la surveillance des hantavirus sur les départements français des Antilles-Guyane.
  • le CNR collabore avec le réseau de laboratoires métropolitains effectuant un diagnostic de première intention d’infection par un hantavirus (quinze en 2017), permettant de générer des données de surveillance.
  • le CNR collabore avec la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française pour la diffusion d’informations en cas d’alerte.

Au plan international

  • le CNR est membre du réseau européen de laboratoires experts pour la détection et la surveillance des maladies virales (ré-)émergentes (« EVD-LabNet » pour Emerging Viral Diseases-Expert Laboratory Network). Ce réseau regroupe des laboratoires spécialisés d’une quarantaine de pays européens. Les objectifs de ce réseau sont de surveiller l’introduction et la circulation de virus en Europe, d’échanger réactifs et matériel biologique et de standardiser les techniques de diagnostic.
  • le CNR a pour partenaire la « Viral Special Pathogen Branch, Centers for Disease Control and Prevention », Atlanta USA pour la fourniture de réactifs concernant les hantavirus du Nouveau Monde.
  • le CNR est membre du Réseau International des Instituts Pasteur et collabore avec certains Instituts dans le cadre du diagnostic et de l’épidémiologie des infections par hantavirus.

Mis à jour le 11/12/2017

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