Morgane Thion fait partie des jeunes scientifiques sélectionnés en 2025 pour diriger de nouveaux groupes de recherche à l’Institut Pasteur. Elle est à la tête du Groupe à 5 ans (G5) « Neuroimmunologie et Interactions Materno-Foetales » depuis juin 2026.
Cet article fait partie d’une série présentant les projets de recherche des scientifiques sélectionnés en 2025 par l’Institut Pasteur pour démarrer leur groupe de recherche à 5 ans (G5). Vous pouvez retrouver les autres articles ici :
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Ce que je cherche
Imaginez le cerveau comme une ville très sensible, parcourue de nombreuses routes (les vaisseaux sanguins), elles-mêmes protégées par de solides murailles (la barrière hémato-encéphalique) qui contrôlent ce qui peut entrer dans la ville. Les quartiers sont patrouillés par des sentinelles, des cellules immunitaires appelées cellules microgliales.
Mon projet vise à comprendre comment ces sentinelles et ces murailles coopèrent dès leur construction pendant la grossesse. Comment la microglie participe au développement des routes et des murailles mais aussi, en retour, comment celles-ci guident le développement et le positionnement des cellules microgliales. Tout cela à un moment critique, où l’embryon est entièrement dépendant de son environnement maternel.
Comment je m’y prends ?
Nous étudions ces interactions principalement chez la souris. Par exemple, on peut retirer les microglies pour voir l’impact sur la construction des vaisseaux et de la barrière, ou encore les modifier génétiquement pour identifier les voies impliquées dans ces processus. Nous modifions également l’écosystème de la mère pour étudier les conséquences sur l’embryon. L’originalité de notre approche est d’étudier le développement cérébral de façon intégrée, en reliant cellules, cerveau et corps, tout en prenant en compte l’influence de l’environnement maternel.

À quoi ça sert ?
Sur un plan fondamental, nos recherches nous aident à mieux appréhender l’origine des vulnérabilités neurologiques en étudiant les origines biologiques du développement. Comprendre ces interactions peut ainsi nous permettre de protéger le cerveau en développement et d’améliorer la santé maternelle, notamment dans des contextes où l’environnement et la nutrition sont dégradés.
Pourquoi le faire à l’Institut Pasteur ?
L’Institut Pasteur est un environnement de recherche exceptionnel, particulièrement adapté à un projet multidisciplinaire comme le mien, qui croise immunologie, neurosciences, développement et microbiologie. La proximité géographique avec les équipes de recherche abordant ces thématiques est un énorme atout. Sans compter les nombreuses interactions scientifiques, les plateformes technologiques et la possibilité de développer de nouveaux outils ou modèles.
Un conseil pour des futurs scientifiques
Tout en ayant une très grande liberté intellectuelle, faire de la recherche c’est accepter de ne pas tout comprendre immédiatement, de côtoyer l’incertitude et la complexité, et d’avoir le droit de se tromper. Beaucoup de grandes découvertes sont nées d’erreurs !





