Alexandre Yersin, l'aventurier d'Indochine

Né en Suisse, Alexandre Yersin rejoint l’Institut Pasteur en 1885, à 22 ans, sous l’égide d’Émile Roux. À Hong Kong, il découvre le bacille de la peste. Brillant scientifique, il fut également explorateur et pionnier dans de nom-breux domaines. Enterré à Nha Trang (Viêt Nam), Alexandre Yersin possède, à côté de sa tombe, un petit pagodon toujours orné de fleurs et d’encens, ce qui représente un honneur sans précédent pour un étranger.

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Alexandre Yersin est un pasteurien au profil hors normes. Né en Suisse, il fit ses études de médecine en Allemagne, avant d’émigrer vers la France, Paris étant alors aux avant-postes de la médecine clinique, développée par des pra-ticiens de l’envergure de Corvisart, Laennec et Trousseau. Introduit par Émile Roux à l’Institut Pasteur, il est étroitement lié aux découvertes de ce dernier (notamment sur la diphtérie). Alexandre Yersin travaille deux ans au sein du tout nouvel Institut Pasteur (inauguré le 14 novembre 1888), puis s’embarque pour le Yunnan en Chine en 1890. Il ne reviendra jamais en Europe. Après quatre années passées à explorer la côte et l’arrière pays d’Annam, il est mandaté par le gouvernement français pour s’occuper de l’épidémie de peste qui ravage le Yunnan en Chine en 1894. Sur place, et malgré la concurrence de l’équipe japonaise, il découvre l’agent responsable Yersinia pestis, qu’il décrit ainsi : « de petits bâtonnets trapus, à extrémités arrondies ». Il réalise ensuite de nombreuses expériences scientifiques, dans des domaines très variés, et ce jusqu’à la fin de sa vie. Idéaliste, il disait de la pratique médicale :

« J’ai beaucoup de plaisir à soigner ceux qui viennent me demander conseil, mais je ne voudrais pas faire de la médecine un métier, c’est-à-dire que je ne pourrais jamais demander à un malade de me payer pour des soins que j’aurais pu lui donner. Je considère la médecine comme un sacerdoce, ainsi que le pastorat.»

HOMMAGE À ALEXANDRE YERSIN

À l’occasion du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et Hong-Kong, un hommage a été rendu à Yersin.

Une exposition réalisée par le Musée Pasteur, en collaboration avec le HKU-Pasteur Research Centre, a été présentée du 1er juin 2008 au 30 novembre 2009, d’abord au Musée de l’Université de Hong-Kong, puis au Musée des Sciences Médicales de Hong-Kong, accueillant plus de 30 000 visiteurs, dont de nombreux jeunes. 

> 22 septembre 1863

Naissance à Lavaux, en Suisse, dans le canton de Vaud.

> 1885 - 1886

Yersin arrive en France où il continue ses études à l’Hôtel-Dieu de Paris. Là, il intègre l’Institut Pasteur où il participe aux séances de vaccination. Avec Émile Roux, il découvre en 1886 la toxine diphtérique.

> 1890 - 1894

Il embarque comme médecin des Messageries Maritimes. Il mène trois expéditions à travers l’arrière-pays d’Annam.

> 5 juin 1894

Envoyé en mission, il atteint Hong Kong. La peste a déjà fait 100 000 morts à Canton cette année-là.

> 20 juin 1894

Il isole le bacille de la peste Yersinia pestis qui porte son nom.

> à partir de 1894

Il crée en 1895 l’Institut Pasteur de Nha Trang. Il s’intéresse à l’élevage bovin (pour la fabrication du serum antipestique) et à la culture de l’Hevea brasiliensis, autrement dit l’arbre à caoutchouc. Il entreprend l’acclimatation de l’arbre à quinquina, ce qui permettra à l’Indochine de faire face à ses besoins en quinine pendant la seconde guerre mondiale. Bactériologie, agronomie, astrologie, tout passionnait Alexandre Yersin. Il eut la première automobile à rouler dans les rues d’Hanoï.

> 27 février 1943

Il s’éteint à Nha Trang, alors qu’il venait de reprendre l’étude du grec et du latin.

 

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