Nadia NAFFAKH reçoit le 13ème prix Georges, Jacques et Elias Canetti, pour ses travaux sur les virus de la grippe

Communiqué de presse
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Stewart Cole, directeur général de l’Institut Pasteur, accompagné de Françoise Canetti, remet, le 17 décembre, à Nadia Naffakh, chercheur à l’Institut Pasteur, le 13ème prix Georges, Jacques et Elias Canetti pour ses travaux sur les virus influenza. La récompense lui est remise en présence de Bernard Canetti et Johanna Canetti et de Jacques Grosset, professeur de microbiologie.

Nadia Naffakh

Depuis sa création en 2006, le prix Georges, Jacques et Elias Canetti a permis de soutenir chaque année des scientifiques de l’Institut Pasteur pour leurs travaux dans le domaine des maladies infectieuses. Le prix a pour ambition de reconnaître le talent, encourager la création, et récompenser la conquête des chercheurs.

La lauréate 2018 est Nadia Naffakh, virologiste moléculaire, directeur de recherche au CNRS travaillant au sein du département de Virologie de l’Institut Pasteur. C’est en 1997 qu’elle a rejoint l’unité Génétique moléculaire des virus à ARN, dirigée par le Professeur Sylvie van der Werf à l’Institut Pasteur. Les travaux de la lauréate portent sur les virus influenza, responsables de la grippe.

En utilisant diverses technologies de pointe, la chercheuse et son équipe contribuent à une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires qui, au sein des cellules infectées, sous-tendent la multiplication des virus influenza. Une de leurs études, menée en collaboration avec l’unité de technologie et service en Bioimagerie ultrastructurale de l’Institut Pasteur et l’équipe du Cell Structure Laboratory du CNB-CSIC à Madrid, a récemment révélé que l’infection induit un profond remaniement des membranes intra-cellulaires, qui participe à la biogenèse des nouvelles particules virales. Nadia Naffakh et son équipe ont également documenté les mécanismes par lesquels une enzyme-clé du virus, la polymérase, manipule diverses machineries cellulaires. L’enjeu de ces recherches est double : identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, et mieux connaître les déterminants moléculaires de la virulence et de la spécificité d’espèce des virus influenza.

Du fait de leur grande variabilité génétique, de leur persistance au sein d’un réservoir animal, et de leur potentiel de transmission inter-espèces, les virus influenza posent des problèmes de santé publique majeurs. Les épidémies annuelles de grippe causent 250 000 à 500 000 décès par an dans le monde. Pour les personnes à risque de complication, comme celles âgées de 65 ans et plus ou atteintes de maladies chroniques, la vaccination est le moyen le plus efficace de prévenir la grippe. Les virus influenza présentent par ailleurs un potentiel zoonotique et pandémique. Cette année a été commémoré le centenaire de la pandémie de grippe espagnole de 1918. Le risque pandémique reste d’actualité, comme en témoignent l’émergence en 2009 du virus influenza H1N1pdm09 d’origine porcine et la survenue de plusieurs centaines de cas humains d’infection par des virus influenza H5N1 ou H7N9 d’origine aviaire depuis 2003.

Les virus influenza font l’objet d’une surveillance virologique étroite à l’échelle mondiale. Pour la moitié Nord de la France, cette surveillance est assurée à l’Institut Pasteur par le Centre National de Référence (CNR) des infections respiratoires (dont la grippe), en lien avec Santé publique France (SpF).

Une recherche fondamentale soutenue sur tous les aspects de la biologie des virus influenza est nécessaire pour répondre à plusieurs défis de taille : développer des stratégies antivirales innovantes, des vaccins de nouvelle génération plus efficaces et à spectre plus large, et des outils de prédiction du potentiel pandémique des virus influenza animaux.

« Le parcours transeuropéen de Georges, Jacques et Elias Canetti est à mes yeux symbolique et exemplaire. Je trouve formidable qu’un prix destiné à soutenir la recherche soit associé à leur nom et à leur mémoire, et c’est un véritable encouragement pour mon équipe et moi-même, de recevoir ce prix » a déclaré la lauréate.

 


 

Le prix Georges, Jacques et Elias Canetti

Le prix Georges, Jacques et Elias Canetti est né en 2006 suite à la donation par la famille Canetti à l’Institut Pasteur de 158 lettres manuscrites échangées entre les trois frères   Canetti : Georges, chercheur, Jacques, producteur musical et Elias, prix Nobel de littérature. Ce prix est un hommage au Professeur Georges Canetti, chercheur à l’Institut Pasteur.

Canetti

© DR, Elias Canetti, Jacques Canetti, Georges Canetti

Georges Canetti consacra toute sa vie à l’étude de la tuberculose et fut notamment l’un des pionniers des traitements consistant à associer plusieurs antibiotiques (les bithérapies, puis les trithérapies). Il a mis au point une méthode d’antibiogramme toujours utilisée et découvert une mycobactérie rare qui porte aujourd’hui son nom : Mycobacterium canetti.

Le prix Georges, Jacques et Elias Canetti est financé prioritairement par la famille Canetti et ses amis, et ouvert aux dons publics. Depuis 2006, ce prix a permis de soutenir les travaux de :

• 2006 Pedro ALZARI, pour ses travaux visant à identifier et à caractériser de nouvelles cibles thérapeutiques contre la tuberculose.
• 2007 Roland BROSCH, pour ses recherches sur la mise au point d’un vaccin plus protecteur que l’actuel BCG.
• 2008 Brigitte GICQUEL, pour ses recherches sur les interactions entre le bacille de la tuberculose et les cellules de l’hôte infecté en vue de développer des moyens de prévention et de traitement.
• 2009 Lluis QUINTANA-MURCI, pour son étude mettant en évidence un facteur génétique de protection contre la tuberculose.
• 2010 Caroline DEMANGEL, pour ses travaux améliorant la compréhension des interactions entre mycobactéries et système immunitaire de l’hôte.
• 2011 Françoise DROMER, pour saluer et encourager ses recherches sur la cryptococcose, une infection grave et fatale en l’absence de traitement.
• 2012 Claude LECLERC, pour ses recherches portant sur de nouvelles stratégies vaccinales notamment pour les vaccins contre la tuberculose et pour deux vaccins anti-cancer en cours d’essai clinique.
• 2013 François-Xavier WEILL, pour ses travaux sur les salmonelles et certaines espèces d’Escherichia coli afin de lutter et de prévenir les infections alimentaires.
• 2014 Fernando ARENZANA, pour ses travaux sur le SIDA mettant en évidence le rôle des chimiokines qui offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.
• 2015 Claude PARSOT, pour ses travaux sur la shigellose, une maladie diarrhéique qui sévit dans les régions tropicales.
• 2016 Laleh MAJLESSI, pour ses recherches sur les interactions entre le système immunitaire de l’hôte et les mycobactéries, afin de contribuer à la mise au point de nouveaux candidats vaccins contre la tuberculose
• 2017 Javier PIZARRO-CERDA, pour ses travaux sur la bactérie Listeria monocytogenes, responsable de la listériose.

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