Tuberculose

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La tuberculose tue près de 1,8 millions de personnes chaque année dans le monde

En France, plus de 5 000 nouveaux cas et environ 900 décès chaque année

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Epidémiologie

Chaque seconde, une nouvelle personne dans le monde est infectée par le bacille de la tuberculose. Près de 90-95 % d’entre elles ne développeront pas la maladie, leur système immunitaire étant capable de combattre la bactérie qui en est responsable. Reste que, en moyenne, plus de 10 millions de personnes contractent la maladie chaque année (10,4 millions en 2015, selon l’Organisation mondiale de la santé - OMS). Et la tuberculose est l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde. En 2015, 1,8 million en sont mortes, dont 400 000 étaient également infectées par le VIH. Plus de 95 % des décès dus à la tuberculose surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, y inclus certains pays voisins de l’Europe.

Globalement aujourd’hui, un tiers de la population mondiale est infecté, et 22 pays totalisent à eux seuls 80% des cas mondiaux. Dans le monde, on estime à 500 000 le nombre de cas de tuberculose multirésistantes, dont 10% de tuberculoses avec des souches ultrarésistantes.

Près de 2,7 millions des cas annuels de tuberculose surviennent en Afrique sub-saharienne. Ce chiffre est en rapide augmentation, du fait de l’épidémie de sida qui touche particulièrement cette région du monde. Près de 6,3 millions des cas annuels de tuberculose sont recensés en Asie. Plus de 250 000 des cas annuels surviennent en Europe de l’Est. En France, on compte près de 5000 nouveaux cas par an et environ 900 décès chaque année, la Guyane, Mayotte et l’Île-de-France étant les régions les plus touchées en terme de taux de déclaration (source : Santé publique France 2015, données 2013).

Transmission

La tuberculose est une maladie contagieuse, due au bacille de Koch (souches du complexe Mycobacterium tuberculosis). Cet agent infectieux est transmis par voie aérienne, via des gouttelettes contenant les bactéries et expectorées par la toux des malades. L’inhalation d’un petit nombre de gouttelettes contaminées suffit à infecter un individu. Une personne tuberculeuse non traitée peut infecter de 10 à 15 personnes en moyenne chaque année. Les déplacements de population (voyageurs, réfugiés, sans-abri des pays industrialisés) ont largement contribué ces 40 dernières années à la dissémination de la maladie sur la planète.

En 2013, en France, le taux de déclaration de tuberculose était beaucoup plus élevé chez les personnes SDF (166,8 cas pour 100 000 habitants) et les personnes incarcérées (91,3 pour 100 000) que dans la population totale (7,1 cas pour 100 000 habitants) - (source : Santé publique France 2015).

La maladie

Toutes les personnes infectées par le bacille de Koch ne développent pas la maladie : seules 5 à 10% d’entre elles développeront une tuberculose avec symptômes. Le bacille peut rester dans l’organisme à l’état "dormant" pendant des années. Les personnes immunodéprimées ont plus de risque de développer une tuberculose, une fois infectées, et particulièrement les malades du sida. Le virus VIH et le bacille de Koch forment en effet une association dangereuse, chacun de ces deux agents infectieux aidant la progression de l’autre. La tuberculose est d’ailleurs la cause principale des décès des malades du sida : elle est responsable de la mort d’un tiers des malades du sida dans le monde et de 40% de la mortalité des malades du sida en Afrique.

Traitement

Dans les années 40, aucun médicament ne permettait de soigner la tuberculose. Aujourd’hui, une association d’antibiotiques est utilisée pour traiter les tuberculeux, mais le traitement doit être suivi au minimum six mois (et jusqu’à deux ans). Un traitement incomplet ou mal suivi est responsable de l’apparition de tuberculoses résistantes aux antibiotiques qui sont ensuites transmises dans la communauté. Lorsqu’ils peuvent être traités, ces cas de tuberculose résistante sont 100 fois plus coûteux que les cas de tuberculose pouvant être traités par les traitements standards.

En 2016, l’OMS a approuvé l’utilisation d’un protocole thérapeutique bref (neuf mois), et bien moins coûteux que le traitement qu’elle recommandait précédemment et qui peut durer deux ans, pour certains cas de tuberculose multirésistante ; sauf pour la tuberculose ultrarésistante ou celle résistante aux médicaments de deuxième intention. Pour ces deux derniers cas, un protocole plus long est nécessaire auquel on ajoute d’autres médicaments ainsi qu’une nouvelle molécule (bédaquiline, délamanide).

Vaccin

Le BCG n’est pas un vaccin pleinement efficace : bien qu’il soit très utile pour prévenir les formes graves de la maladie chez les jeunes enfants (près de 90% d’efficacité dans le cas de méningites tuberculeuses), il ne protège les adultes que dans un cas sur deux. Il ne permet donc pas d’empêcher la transmission de la maladie et d’enrayer l’épidémie mondiale. La recherche de nouveaux vaccins contre la tuberculose est active, et plusieurs essais cliniques de phase I et II sont en cours en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud.

A l’Institut Pasteur

Plusieurs équipes constituées de microbiologistes, d’immunologistes et de généticiens développent des programmes de recherche pour comprendre l’interaction hôte-bacille (avec des outils de génomique notamment), étudier l’évolution génétique du bacille, améliorer le diagnostic de la maladie, comprendre la dynamique de la résistance aux antibiotiques et trouver de nouveaux antituberculeux et de nouveaux vaccins.

Certains de ces travaux s’inscrivent dans le contexte de grands projets européens comme :

  • TBVAC2020 pour la recherche de nouveaux vaccins (partenaire Pr Roland Brosch),
  • Innovative Medicines Initiative (IMI) du consortium PreDiCT-TB pour concevoir de nouvelles combinaisons de traitements (partenaire Pr Roland Brosch),
  • NAREB (Nanotherapeutcis for Antibiotic resistant Emerging Bacterial pathogens), programme de recherche 2014-2018, coordonné par l’Institut Pasteur (Pr Brigitte Gicquel), pour améliorer le traitement de la tuberculose multirésistante en utilisant des nanotransporteurs pour les molécules thérapeutiques.

Un "réseau tuberculose" regroupe une dizaine d’instituts du Réseau international des instituts Pasteur, qui participent activement aux programmes nationaux de lutte contre la tuberculose dans différents pays. Certains instituts membre (Bangui, Cambodge, Shanghai), mènent aussi des travaux de recherche, notamment sur la multirésistance.

Enfin, fidèle à sa mission d’enseignement, l’Institut Pasteur dispense un cours « Tuberculose – biologie des microorganismes », s’appuyant sur des experts internationaux. Il est destiné aux médecins, aux vétérinaires, aux directeurs de laboratoires de mycobactériologie clinique, aux pharmaciens et aux chercheurs qui souhaitent acquérir des connaissances actuelles sur la tuberculose et la pratique des méthodes moléculaires de diagnostic, de pharmacovigilance et d’épidémiologie. Créé à Shanghai en 2008, il a été dispensé depuis à Paris, Tunis et Yaoundé.

 


Mars 2017

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