Tuberculose

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La tuberculose tue près de 1,4 millions de personnes chaque année dans le monde

206 030 cas de tuberculose multirésistante dans le monde en 2019

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Epidémiologie

En moyenne, 10 millions de personnes développent une forme active de la maladie chaque année (10 millions en 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé - OMS). Et la tuberculose est l’une des 10 premières causes de mortalité dans le monde. En 2019, 1,4 million de personnes en sont mortes, dont 208 000 étaient également infectées par le VIH. Plus de 95 % des décès dus à la tuberculose surviennent dans les pays en développement, mais la tuberculose reste un problème de santé publique majeur dans nombreux pays industrialisés, surtout quand il s’agit des formes multi-résistantes, qui sont particulièrement difficile et longe  (> 2 ans) à soigner.

Globalement aujourd’hui, un quart de la population mondiale est infecté avec Mycobacterium tuberculosis, et 30 pays totalisent à eux seuls 87% des cas mondiaux. Dans le monde, on estime à 206 030 le nombre de cas de tuberculose multirésistantes en 2019, dont 10% de plus qu’en 2018.

En France, l’incidence moyenne est faible mais la Guyane, Mayotte et l’Île-de-France sont les régions les plus touchées. (source : Santé publique France ).

Transmission

La tuberculose est une maladie contagieuse, due au bacille de Koch (souches du complexe Mycobacterium tuberculosis). Cet agent infectieux est transmis par voie aérienne, via des gouttelettes contenant les bactéries et expectorées par la toux des malades. L’inhalation d’un petit nombre de gouttelettes contaminées suffit à infecter un individu. Une personne tuberculeuse non traitée peut infecter de 5 à 15 personnes en moyenne chaque année. Des conditions sanitaires et sociales précaires sont souvent associés à la dissémination de la maladie.

La maladie

Le développement actif de la maladie parmi les personnes infectées par le bacille de Koch dépend de nombreux facteurs (génétiques, immunologiques, nutritionnelles, sociales). Il est estimé que 5 à 15% des personnes infectées développeront une tuberculose avec symptômes durant leur vie. Le bacille peut rester dans l’organisme à l’état "dormant" pendant des années. Les personnes immunodéprimées ont plus de risque de développer une tuberculose active. Le virus VIH et le bacille de Koch forment en effet une association dangereuse, car les déficiences du système entrainé par une infection avec VIH aidant la progression de la tuberculose. En l’absence de traitement, la tuberculose est mortelle chez la quasi-totalité des personnes atteintes du SIDA.

Traitement

Dans les années 40, aucun médicament ne permettait de soigner la tuberculose. Aujourd’hui, une association d’antibiotiques et chimio thérapeutiques est utilisée pour traiter les tuberculeux, mais le traitement doit être suivi au minimum 6 mois (et jusqu’à deux ans en cas de souches multiresistent). Un traitement incomplet ou mal suivi est souvent responsable de l’apparition de tuberculoses résistantes aux antibiotiques qui sont ensuite transmises dans la communauté. Lorsqu’ils peuvent être traités, ces cas de tuberculose résistante sont 100 fois plus coûteux à traiter que les cas de tuberculose pouvant être traités par les régimes standards.

 

E. Coli - Institut Pasteur

De nouvelles armes contre les bactéries

 

 

Vaccin

Le B.C.G. (Bacille de Calmette et Guérin) est le seul vaccin licenciée actuellement pour vacciner contre la tuberculose. Néanmoins, ce vaccin qui fête son 100 anniversaire cette année (en 2021) est un vaccin que partialement efficace : bien qu’il soit très utile pour prévenir les formes graves de la maladie chez les jeunes enfants (près de 90% d’efficacité dans le cas de méningites tuberculeuses), il protège peu contre les cas de tuberculoses pulmonaire chez les adolescents et adultes , et. ne permet donc pas d’empêcher la transmission de la maladie et d’enrayer l’épidémie mondiale.

A l’Institut Pasteur

Plusieurs équipes constituées de microbiologistes, d’immunologistes et de généticiens développent des programmes de recherche pour comprendre l’interaction hôte-bacille (avec des outils de génomique notamment), étudier l’évolution génétique du bacille, améliorer le diagnostic de la maladie, et trouver de nouveaux antituberculeux et de vaccins améliorés.

 

Enfin, fidèle à sa mission d’enseignement, l’Institut Pasteur dispense un cours « Tuberculose – biologie des microorganismes », et un MOOC, s’appuyant sur des experts internationaux. Cet enseignement est destiné aux médecins, aux vétérinaires, aux directeurs de laboratoires de mycobactériologie clinique, aux pharmaciens et aux chercheurs qui souhaitent acquérir des connaissances actuelles sur la tuberculose et la pratique des méthodes moléculaires de diagnostic et de test de sensibilité aux médicalement, les nouveaux médicaments et les nouveaux schémas thérapeutiques ainsi que l’épidémiologie moléculaire et traditionnelle. Créé à Shanghai en 2008, il a été dispensé depuis à Paris, Tunis et Yaoundé. La prochaine session du cours aura lieu en 2023.

Avril 2021


Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur le sujet

 

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