Sida / VIH

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Près de 37 millions de personnes sont actuellement infectées, dans le monde

En France, environ 6000 nouvelles contaminations par an

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Cause

VIH désigne le virus de l’immunodéficience humaine. Il est transmis par voie sexuelle, sanguine, et de la mère à l’enfant. Dans ce dernier cas, la transmission du virus de la mère à l’enfant peut avoir lieu :

- soit lors du dernier trimestre de la grossesse, par passage du VIH à travers la barrière placentaire au cours des échanges sanguins entre la mère et le fœtus ;

- soit lors de l’accouchement ;

- soit lors de l’allaitement.

La prise d’un traitement antirétroviral pendant la grossesse permet d’amener le taux de transmission à moins de 1 %.

Le VIH cible les lymphocytes T, cellules essentielles au bon fonctionnement du système immunitaire. En l’absence de traitement, le VIH affaiblit le système immunitaire, et les personnes infectées développent de graves maladies sur le long terme. Ces maladies sont qualifiées de « maladies opportunistes » car elles sont causées par des micro-organismes inoffensifs pour les personnes dont le système immunitaire fonctionne normalement.

Le syndrome de l’immunodéficience acquise (sida) est le dernier stade de l’infection par le VIH. Il correspond au développement d’une ou de plusieurs maladies opportunistes chez les personnes infectées. Les premières années, ces dernières ne présentent généralement pas de symptômes cliniques. Pourtant, leurs lymphocytes T CD4+ ont déjà commencé leur déclin progressif. Sans traitement, la maladie apparaît plusieurs années après l’infection (délai médian de 7 ans ; délai variable selon les individus).

Symptômes

Le tableau clinique de l’infection par le VIH évolue selon les différents stades de la maladie. Dans un premier temps, la personne infectée peut rester asymptomatique ou bien développer les symptômes d’une phase appelée primo-infection. Survenant après une période d’incubation d’une à plusieurs semaines, la primo-infection est caractérisée par des signes cliniques analogues à ceux rencontrés en cas de grippe (forte fièvre, douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée).

Après la primo-infection, débute une phase asymptomatique qui peut durer plusieurs années. Durant cette période, le virus est présent et les personnes infectées restent contagieuses. Le VIH affaiblissant progressivement le système immunitaire, la maladie entraîne ensuite l’apparition d’autres symptômes : perte de poids, fièvre, infections de la peau, diarrhée et toux.

Sans traitement, la maladie évolue vers le syndrome de l’immunodéficience acquise, dit sida, stade ultime de l’infection par le VIH. Cet état est marqué par l’apparition de maladies dites « opportunistes », car elles surviennent en raison de l’affaiblissement du système immunitaire provoqué par le VIH. Les malades développent alors de multiples infections d’origine bactérienne, fongique et parasitaire, ainsi que certains cancers.

Traitement

Actuellement, aucun traitement ne permet d’éliminer complètement le VIH de l’organisme. Les traitements adaptés permettent aux personnes séropositives de bloquer la multiplication du VIH dans leur organisme et ainsi de garder un système immunitaire opérationnel. Ces traitements sont appelés trithérapies car ils combinent l’action de plusieurs molécules antirétrovirales. Des recherches et des essais cliniques sont actuellement menés pour déterminer le potentiel de simplification de ces thérapies chez les personnes y répondant efficacement afin que celles-ci passent, par exemple, de trois à deux médicaments ou puissent interrompre temporairement leur traitement ou via le test de médicaments à action prolongée, injectés une fois par mois tout au plus.

La première génération d’antirétroviraux était souvent responsable d’effets secondaires, parmi lesquels : nausées, vomissements, fatigue, perte d’appétit, fièvres, diarrhées, réactions cutanées. Il est à espérer que les médicaments de nouvelle génération, s’ils sont administrés précocement après l’infection, permettent une vie normale. Des effets secondaires à long terme, de type prise de poids ou inflammation, ne sont toutefois pas à exclure.

Il est recommandé d’initier le traitement le plus tôt possible suite à l’infection. Ceci permet de garder le système immunitaire le plus intact possible, de réduire l’inflammation chronique induite par l’infection et aussi de limiter le risque de transmission du VIH. Malheureusement, la plupart des infections par le VIH ne sont détectées qu’après plusieurs années, et 60 % seulement des personnes infectées à l’échelle mondiale ont accès au traitement.

Un contrôle puissant du virus observé dans de rares cas

Une infime partie des individus vivant avec le VIH (moins de 1 %) résistent spontanément à l’infection. Chez ces personnes infectées, le virus n’est présent dans l’organisme qu’à des niveaux très faibles, souvent inférieurs au seuil de détection dans le sang. Ce contrôle spontané est souvent associé à un fond génétique particulier, correspondant à des gènes HLA spécifiques qui autorisent des réponses en cellules T CD8+ anti-VIH très fortes.

Certains individus contrôlent aussi le virus après un traitement. Ils ont généralement commencé leur traitement très précocement, c’est-à-dire quelques semaines seulement après leur infection par le VIH. Cinq à 10 % des populations caucasiennes traitées précocement pourraient présenter ce type de contrôle post-traitement. Ces personnes sont en état de rémission du VIH.

De très rares personnes sont même résistantes à l’infection. Cette résistance est communément conférée par une mutation survenue dans un gène codant pour le co-récepteur du VIH : le « CCR-5 » des lymphocytes.

Il a été observé et décrit des cas de « couples paradoxaux » (c’est-à-dire des couples « sérodiscordants ») dans lesquels, sans qu’on puisse se l’expliquer, le partenaire séronégatif n’est pas infecté par le partenaire séropositif. De même, certaines prostituées qui n’adoptent pas de conduites préventives et certains enfants nés de mères infectées présentent un risque d’exposition au VIH tout en restant séronégatifs. Les raisons de cette absence d’infection ne sont pas totalement élucidées.

Prévention

Il n’existe encore aucun vaccin efficace contre le VIH. Cependant, différentes méthodes de prévention peuvent servir d’outils de réduction du risque de transmission, à l’instar de la prévention par les traitements appelée TasP (Treatment as Prevention). En effet, un traitement antirétroviral efficace rend le virus indécelable dans le sang, ce qui limite considérablement le risque de transmission.

En outre, la prophylaxie pré-exposition (ou PrEP) est un médicament de prévention de l’infection par le VIH particulièrement efficace lorsque sa prescription est scrupuleusement respectée. La PrEP réduit d’environ 99 % le risque de contracter le VIH lors de rapports sexuels et d’au moins 74 % celui de le contracter lors d’injections de drogue.

Epidémiologie

Une émergence dans les années 1980

Le sida a été décrit pour la première fois en 1981. Cependant, grâce à des études rétrospectives sur des sérums zaïrois, un virus VIH de 1959 a pu être identifié. D’autres études ont montré que le VIH circule chez l’Homme depuis plus longtemps que cela, depuis la fin du 19e siècle probablement.

Les VIH ont un réservoir animal. Au moins quarante espèces de singes africains (dont les chimpanzés, gorilles, singes verts, mangabeys, mandrills et cercocèbes) sont naturellement infectées par des rétrovirus proches du VIH : ce sont les virus de l’immunodéficience simienne (SIV). L’infection ne provoque pas de sida chez certaines de ces espèces. Les virus circulant parmi une partie de ces espèces de primates africains non humains ont été transmis à l’Homme et ont donné naissance aux VIH des types 1 et 2. Au moins 12 événements de transmissions à l’Homme ont dû avoir lieu.

Il est possible que le VIH ait pu exister dans une population isolée avant de se disséminer en raison de l’urbanisation croissante du monde et de l’augmentation des flux de populations au début du 20e siècle. Certains variants du VIH se propagent plus facilement, comme ceux du VIH-1 groupe M, responsables de la plupart des cas d’infection par le VIH dans le monde.

Les réservoirs animaux du VIH-1 sont les chimpanzés et les gorilles d’Afrique centrale de l’Ouest. Il est possible que des chasseurs aient été exposés au SIV présent chez ces singes. L’autre virus humain, le VIH-2, est très proche du SIV du mangabey qui vit en Afrique de l’Ouest. Des contaminations de l’Homme à partir de morsures de ce singe auraient pu se produire.

Une diffusion rapide

Le VIH s’est diffusé depuis 1981, année de la découverte de l’épidémie, de l’Afrique au continent nord-américain puis à l’Europe. Les premiers cas ont été signalés aux États-Unis chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Puis l’épidémie a été révélée chez les transfusés, les hémophiles et les toxicomanes, démontrant que la voie sanguine était un important facteur de transmission du virus. En Asie, la maladie n’est apparue que vers 1986-1987, d’abord en Thaïlande, puis dans les autres pays du Sud-Est asiatique. La prostitution ainsi que la toxicomanie par voie intraveineuse ont joué un rôle important dans la diffusion de l’infection dans ces pays. La toxicomanie par voie intraveineuse a également favorisé la propagation de l’épidémie dans certaines régions d’Europe et d’Amérique du Nord. La transmission du VIH se poursuit, par ailleurs, chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et de la mère à l’enfant. Il est cependant à noter que le mode de transmission le plus important dans le monde entier est la voie hétérosexuelle. Selon les estimations, près de 38 millions de personnes sont actuellement infectées.

A l’Institut Pasteur

Dans le cadre de l’étude et de la lutte contre les maladies infectieuses, dont la Covid-19, les recherches sur le VIH / sida demeurent un objectif majeur de l’Institut Pasteur à Paris et du Réseau international des Instituts Pasteur dans les pays les plus affectés par l’épidémie.

Les axes des recherches couvrent la majorité des champs d’investigation prioritaires aujourd’hui :

  • les mécanismes de multiplication du VIH dans les cellules et les organes,
  • les mécanismes à l’origine de l’inflammation chronique et de l’immunodéficience,
  • les réponses immunitaires pouvant contrôler le virus,
  • les mécanismes de persistance du virus en dépit d’un traitement efficace,
  • le rôle du microbiome et les modifications métaboliques,
  • les effets des traitements sur le virus et les réponses immunes,
  • les facteurs responsables d’une rémission,
  • le développement de candidats vaccins et de stratégies thérapeutiques de guérison du VIH.

Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’un partenariat très étroit avec l’Agence nationale de recherche sur le sida et les maladies infectieuses émergentes (ANRS-MIE) et l’Institut de recherche vaccinale (VRI).

sida-vih

La recherche sur le VIH/sida à l'Institut Pasteur

 

 


VIDEO - VIH vers de nouveaux traitements

Françoise Barré-Sinoussi, professeur à l'Institut Pasteur, prix Nobel de médecine 2008

Près de 35 ans après la découverte du VIH-1, le sida reste un fléau inacceptable qui affecte tout particulièrement les pays et les populations les plus démunis : 37 millions de personnes vivent avec le VIH/sida dans le monde et, en France, on déplore encore environ 6000 nouvelles contaminations par an. Les antirétroviraux permettent maintenant un bon contrôle de la maladie mais pas une guérison. Françoise Barré Sinoussi, prix Nobel de médecine pour la découverte du VIH, nous explique les challenges actuels de la recherche sur ce virus, notamment les nouvelles pistes qui pourraient mener à une guérison.

*. Chiffre fourni par l'InVS en 2015. http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/VIH-sida-IST/Infection-a-VIH-et-sida/Actualites/Infection-par-le-VIH-et-les-IST-bacteriennes.-Point-epidemiologique-du-29-novembre-2016


Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur le sujet

 

Unité HIV, inflammation et persistance
dirigée par Michaela Muller-Trutwin

dont équipe d’Asier Sáez-Cirión

Unité Virus et immunité
dirigée par Olivier Schwartz

Groupe Pathogénie virale
Lisa Chakrabarti

Unité Immunité anti-virale, biothérapie et vaccins
dirigée par Marie-Lise Gougeon

Groupe Chimie et biocatalyse

dirigé par Sylvie Pochet

Unité Virologie moléculaire et vaccinologie
dirigée par Pierre Charneau

Unité Génomique virale et vaccination
dirigée par Frédéric Tangy

Groupe Immunité muqueuse et contrôle des infections sexuellement transmissibles (MISTIC)

dirigé par Élisabeth Menu

Groupe à 5 ans Réponse humorale aux pathogènes

dirigé par Hugo Mouquet

Unité Virologie structurale

Félix Rey

Unité Rétrovirologie Moléculaire

Simon Wain-Hobson

Unité Épidémiologie et physiopathologie des virus oncogènes

Antoine Gessain

Unité Immunité innée (Inserm U1223)

James di Santo

Unité Biologie cellulaire des lymphocytes

Andrès Alcover

Unité Imagerie et modélisation

Christophe Zimmer

Ultrapole

Jacomine Krjnse-Locker

Unité Bioinformatique évolutive

Olivier Gascuel

Unité Épidémiologie des maladies émergentes

Arnaud Fontanet

Centre médical de l’Institut Pasteur

Paul-Henri Consigny


Juillet 2021

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