Sepsis / septicémie

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Une personne meurt de sepsis dans le monde toutes les 3-4 secondes

Dans les pays industrialisés, on dénombre 377 cas de sepsis pour 100 000 habitants

Le sepsis néonatal tue 6 millions de nourrissons par an

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Cause

Le sepsis est la conséquence d’une infection grave qui peut commencer localement (péritonite, pneumonie, infection urinaire, infection sur cathéter, etc.). Elle touche généralement des patients dont le système immunitaire est affaibli. Lorsqu’elle se produit après un acte chirurgical lourd ou une traumatologie, on évoque alors une infection nosocomiale.

Toutes les bactéries, même celles présentes naturellement à la surface de la peau ou dans la gorge, normalement non pathogènes, peuvent être responsables de sepsis. Des infections fongiques (causées par des champignons) peuvent également survenir. Les méningites (purpura fulminans) sont un exemple de sepsis survenant souvent chez de jeunes personnes.

Historique

Avant d’être nommé comme tel, le sepsis a été connu de différentes manières. Auparavant, on parlait par exemple de « gangrène (ou pourriture) des hôpitaux ». Celle-ci affectait souvent les soldats, à cause de leurs blessures infligées sur les champs de bataille, qui s’infectaient fréquemment. Le plus célèbre de ces cas est sans doute Richard Cœur de Lion, décédé en 1199 suite à l’infection qui suivit sa blessure par une flèche. Le terme de « fièvre puerpérale » est aussi utilisé, surtout pour désigner une infection survenant chez la femme après l’accouchement. C’est ainsi qu’est morte Lucrèce Borgia en 1519 en donnant naissance à son 7e enfant. Aujourd’hui, le sepsis touche plutôt les âges extrêmes de la vie, les nouveau-nés (sepsis néonatal) et les seniors (comme le pape Jean-Paul II, emporté par un sepsis en 2005). Le sepsis peut aussi atteindre des personnes dans la force de l’âge, comme Agnès Souret, la première Miss France, décédée à 26 ans, ou encore l’acteur Guillaume Depardieu, disparu à 37 ans.

Ce sont deux médecins alsaciens, Victor Feltz (1835-1893) et Léon Coze (1819-1896), qui les premiers en 1869 démontrèrent la présence de bactéries dans le sang d’une patiente atteinte de fièvre puerpérale. Louis Pasteur, en collaborant avec les maternités de Port-Royal, Cochin et Lariboisière, confirma ces observations en 1879/80 et préconisa l’hygiène lors des accouchements.

Symptômes

Le sepsis est une réponse inflammatoire généralisée d’origine infectieuse caractérisée par au moins deux des symptômes suivants : fièvre ou hypothermie, respiration et rythme cardiaque accélérés, augmentation ou diminution du nombre de globules blancs du sang. Le sepsis s’accompagne d’une production exacerbée de médiateurs inflammatoires. On parle par exemple d’une « tempête cytokinique » pour évoquer la production massive de cytokines (substances chimiques qui permettent la communication entre nos cellules). Selon la sévérité du sepsis, environ 17% des patients qui auront survécu à un sepsis présenteront des altérations cognitives.

Epidémiologie

Une personne meurt de sepsis dans le monde toutes les 3-4 secondes. Dans les pays industrialisés, le sepsis représente autant de décès que l’infarctus du myocarde : on y dénombre 377 cas de sepsis pour 100 000 habitants. Dans les pays en développement, le sepsis puerpéral demeure la seconde cause de mortalité des femmes après leur accouchement. Quant au sepsis néonatal, on estime qu’il est à l’origine de plus de 6 millions de décès parmi les nouveau-nés et les jeunes enfants dans le monde.

En France, la mortalité des patients atteints d’un sepsis est de 27%, mais la mortalité de la forme la plus grave (le choc septique) peut atteindre 50%. Les projections dans l’avenir suggèrent un doublement du nombre de cas d’ici cinquante ans, s’expliquant notamment par le vieillissement de la population.

Malgré ces chiffres impressionnants, le sepsis reste loin derrière d’autres affections en termes de priorités pour la recherche : alors que dans les pays industrialisés, il affecte 1,8 fois plus de personnes que les maladies cardiaques, les fonds investis en recherche sur le sepsis sont, eux, 13 fois moindres que ceux affectés pour les maladies du cœur.

Traitement

Les patients admis en soins intensifs sont traités par antibiotiques et reçoivent les supports nécessaires aux fonctions vitales.

Depuis plus de vingt ans, malgré des progrès considérables accomplis dans la compréhension de la physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle thérapie n’a vu le jour. De très nombreux essais cliniques coûteux se sont achevés par des échecs, et le seul nouveau médicament mis sur le marché (Xigris®) a été finalement retiré en 2011, faute d’une démonstration convaincante de son efficacité. De nouveaux concepts doivent donc être élaborés, et un diagnostic plus rapide permettrait une mise sous antibiotiques plus précoce. Ce dernier élément demeure fondamental, car chaque heure gagnée améliore les chances de survie.

A l'Institut Pasteur

L’unité Cytokines et inflammation, dirigée par Jean-Marc Cavaillon, a été une des toutes premières à révéler la modification du statut immunologique des patients souffrant de sepsis. En effet, l’altération de la réponse immunitaire est un des paramètres clés qui définit les évènements physiopathologiques impliqués au cours du sepsis. L’unité a également beaucoup travaillé à définir la « tempête cytokinique ». Les objectifs actuels sont de mieux comprendre ce qui se passe spécifiquement au sein des différents organes pour élaborer de nouvelles approches thérapeutiques plus pertinentes. Plus récemment, l’unité s’efforce de définir parmi les multiples biomarqueurs disponibles pour aider au diagnostic d’un sepsis, la meilleure combinaison qui permettrait d’affirmer la survenue d’un sepsis chez des patients pour lesquels une suspicion est évoquée.

L'unité Histopathologie humaine et modèles animaux, dirigée par Fabrice Chrétien, s'intéresse aux complications neurologiques et musculaires consécutives au sepsis, et au lien entre l'inflammation systémique et la survenue de maladies neuro-dégénératives ou d'affections musculaires. Les recherches portent en particulier sur l'implication de deux types de cellules du système nerveux - les cellules microgliales et les astrocytes - et sur celle des cellules souches musculaires. A l'aide de souris transgéniques qui permettent de repérer ces différentes cellules et en utilisant des modèles de péritonites expérimentales, l'unité étudie l'état d'activation des cellules microgliales et leur dialogue avec les astrocytes. Les mêmes approches permettent d'étudier les conséquences du sepsis sur les capacités de régénération du muscle.

 

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