Sepsis / septicémie

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Une personne meurt de sepsis dans le monde toutes les 5 secondes

Dans les pays industrialisés, on dénombre 95 cas de sepsis pour 100 000 habitants pour les moins de 65 ans, et 1220 cas pour les plus de 65 ans

Le sepsis néonatal tue environ 350 000 nouveaux nés par an

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Cause

Le sepsis est la conséquence d’une infection grave qui peut commencer localement (péritonite, pneumonie, infection urinaire, infection sur cathéter, etc.). Elle touche généralement des patients dont le système immunitaire est affaibli. Lorsqu’elle se produit après un acte chirurgical lourd ou une traumatologie, on évoque alors une infection nosocomiale.

Toutes les bactéries, même celles présentes naturellement à la surface de la peau ou dans la gorge, normalement non pathogènes, peuvent être responsables de sepsis. Des infections fongiques (causées par des champignons) peuvent également survenir tandis que certains virus (SARS, influenza H1N1, fièvres hémorragiques) peuvent également induire une réponse semblable. Les méningites (purpura fulminans) sont un rare exemple de sepsis pouvant survenir chez des personnes jeunes en bonne santé, tout comme les syndromes de choc toxique suite à l’usage de tampons hygiéniques.

Historique

Avant d’être nommé comme tel, le sepsis a été connu sous différentes appellations. Auparavant, on parlait par exemple de « gangrène (ou pourriture) des hôpitaux ». Celle-ci affectait souvent les soldats, suite à leurs blessures infligées sur les champs de bataille, qui s’infectaient fréquemment. Le plus célèbre de ces cas est sans doute Richard Cœur de Lion, décédé en 1199 suite à l’infection qui suivit sa blessure par une flèche. Le terme de « fièvre puerpérale » est aussi utilisé, pour désigner une infection survenant chez la femme après l’accouchement. C’est ainsi qu’est morte Lucrèce Borgia en 1519 en donnant naissance à son 7e enfant. C’est le médecin français Armand Trousseau qui le premier suggéra que la gangrène nosocomiale et la fièvre puerpérale correspondaient à des pathologies semblables.

C’est Ignaz Semmelweis, médecin hongrois qui démontra à Vienne en 1847 l’importance de l’hygiène des mains afin d’éviter la contagion des femmes en couches. Mais la contagiosité avait été soupçonnée dès la fin du 18e siècle par le médecin écossais Alexander Gordon. Ce sont deux médecins alsaciens, Victor Feltz (1835-1893) et Léon Coze (1819-1896), qui les premiers en 1869 démontrèrent la présence de bactéries dans le sang d’une patiente atteinte de fièvre puerpérale. Louis Pasteur, en collaborant avec les maternités de Port-Royal, Cochin et Lariboisière, confirma ces observations en 1879/80 et préconisa l’hygiène lors des accouchements.

Symptômes

En 2002, le sepsis a été défini comme syndrome associé à une réponse inflammatoire généralisée d’origine infectieuse caractérisée par au moins deux des symptômes suivants : fièvre ou hypothermie, respiration et rythme cardiaque accélérés, augmentation ou diminution du nombre de globules blancs du sang. En 2016, la définition a été revisitée, et aujourd’hui le sepsis est considéré comme un dysfonctionnement d'organes potentiellement mortel, résultant d’une réponse dérégulée de l'hôte à l'infection.

Le sepsis s’accompagne d’une production exacerbée de médiateurs inflammatoires. On parle par exemple d’une « tempête cytokinique » pour évoquer la production massive de cytokines (médiateurs chimiques qui permettent la communication entre nos cellules). Environ 25% des patients qui survivent à un sepsis présentent des altérations cognitives.

Epidémiologie

Aujourd’hui, le sepsis touche plutôt les âges extrêmes de la vie, les nouveau-nés (sepsis néonatal) et les seniors (comme le pape Jean-Paul II, emporté par un sepsis en 2005). Le sepsis peut aussi atteindre des personnes dans la force de l’âge, comme Agnès Souret, la première Miss France, décédée à 26 ans, ou encore l’acteur Guillaume Depardieu, disparu à 37 ans.

Une personne meurt de sepsis dans le monde toutes les 5 secondes. Dans les pays industrialisés, le sepsis représente autant de décès que l’infarctus du myocarde : on y dénombre 95 cas de sepsis pour 100 000 habitants pour les moins de 65 ans, et 1220 cas pour les plus de 65 ans. Dans les pays en développement, le sepsis puerpéral demeure une cause de mortalité importante des femmes après leur accouchement (18 000 décès par an). Quant au sepsis néonatal, on estime qu’il est à l’origine de plus de 350,000 décès parmi les nouveau-nés dans le monde.

En France, la mortalité des patients atteints d’un sepsis est de 27%, mais la mortalité de la forme la plus grave (le choc septique) peut atteindre 50%. On estime à 30,000 le nombre de décès consécutifs au sepsis en France. Les projections dans l’avenir suggèrent un doublement du nombre de cas d’ici cinquante ans, s’expliquant notamment par le vieillissement de la population.

Malgré ces chiffres impressionnants, le sepsis reste loin derrière d’autres affections en termes de priorités pour la recherche : alors que dans les pays industrialisés, le sepsis concerne 1,8 fois plus de personnes que les maladies cardiaques, les fonds investis en recherche sur le sepsis sont, eux, 13 fois moindres que ceux affectés pour les maladies du cœur, et 32 fois moindres que les sommes investis dans la recherche sur le SIDA. Espérons que la reconnaissance par l’OMS en 2017 du sepsis comme une priorité de santé publique fera évoluer ces chiffres.

Traitement

Les patients admis en soins intensifs sont traités par antibiotiques et reçoivent les supports nécessaires aux fonctions vitales.

Depuis plus de vingt ans, malgré des progrès considérables accomplis dans la compréhension de la physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle thérapie n’a vu le jour. De très nombreux essais cliniques coûteux se sont achevés par des échecs, et le seul nouveau médicament mis sur le marché (Xigris®) a été finalement retiré en 2011, faute d’une démonstration convaincante de son efficacité. De nouveaux concepts doivent donc être élaborés, et des tests de diagnostic plus rapide permettrait une mise sous antibiotiques plus précoce. Ce dernier élément demeure fondamental, car chaque heure gagnée améliore les chances de survie.

A l'Institut Pasteur

L'unité Histopathologie humaine et modèles animaux, dirigée par Fabrice Chrétien, s'intéresse aux complications neurologiques et musculaires consécutives au sepsis, et au lien entre l'inflammation systémique et la survenue de maladies neuro-dégénératives ou d'affections musculaires. Les recherches portent en particulier sur l'implication de deux types de cellules du système nerveux - les cellules microgliales et les astrocytes - et sur celle des cellules souches musculaires. A l'aide de souris transgéniques qui permettent de repérer ces différentes cellules et en utilisant des modèles de péritonites expérimentales, l'unité étudie l'état d'activation des cellules microgliales et leur dialogue avec les astrocytes. Les mêmes approches permettent d'étudier les conséquences du sepsis sur les capacités de régénération du muscle.

 

E. Coli - Institut Pasteur

De nouvelles armes contre les bactéries

 

 


Janvier 2018

 

Les équipes de l'Institut Pasteur mobilisées sur le sepsis

  • Unité Histopathologie humaine et modèles animaux, dirigée par Fabrice Chrétien

 

 

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