Lèpre

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202 256 nouveaux cas de lèpre enregistré dans le monde en 2019

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Cause

L’agent infectieux responsable de la lèpre est la bactérie Mycobacterium leprae. Cette dernière semble être transmise par des gouttelettes d’origine nasale lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées.

Symptômes

Le bacille de la lèpre se multiplie très lentement : la période d’incubation de la maladie est de 5 ans en moyenne, mais les symptômes peuvent parfois n’apparaître qu’au bout de 20 ans. La maladie provoque des lésions cutanées et nerveuses. Sans traitement, ces lésions progressent et deviennent permanentes, touchant la peau, les nerfs, les membres et les yeux. On distingue deux types de lèpre : paucibacillaire (une à cinq lésions cutanées insensibles) et multibacillaire (plus de cinq lésions cutanées insensibles).

Epidémiologie

Depuis les années 80, près de 16 millions de lépreux ont reçu un traitement, et la lèpre a été éliminée dans 108 des 122 pays où elle était considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un problème de santé publique. L’introduction de la polychimiothérapie (voir paragraphe suivant « Traitement ») s’est traduite par une nette réduction de la prévalence de la maladie : le nombre de cas de lèpre est passé de 5,4 millions à au milieu des années 80 à quelques centaines de milliers aujourd’hui (source : Relevé épidémiologique hebdomadaire de l’OMS – septembre 2016).

En 2019, selon l’OMS, 202 256 nouveaux cas de lèpre ont été enregistrés dans le monde, selon les chiffres officiels de 161 pays.

Mais la lèpre reste un problème majeur dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. D’après l’OMS, trois pays regroupaient en 2015 80% des nouveaux cas annuels mondiaux: Inde (60%), Brésil (13%), Indonésie (8%). La lèpre reste endémique dans de nombreux autres pays (Angola, Madagascar, République Centrafricaine, Tanzanie, etc.).

En raison du temps d’incubation de l’infection, qui dure plusieurs années, les porteurs asymptomatiques de Mycobacterium leprae peuvent transmettre la maladie, ce qui rend son élimination difficile à l’échelle mondiale.

L’OMS a lancé une Stratégie mondiale contre la lèpre 2016-2020 – parvenir plus rapidement à un monde exempt de la lèpre, qui vise à redynamiser les efforts de lutte contre la lèpre et à éviter les incapacités, en particulier chez les enfants touchés par la maladie dans les pays d’endémie.

Le traitement

Le traitement préconisé par l’OMS depuis 1981 permet de guérir les malades et d’éviter, s’il est administré précocement, les invalidités. Il s’agit d’une polychimiothérapie (PCT), qui consiste en l’administration de trois antibiotiques (dapsone, rifampicine et clofazimine). La lèpre paucibacillaire peut être guérie en 6 mois et la lèpre multibacillaire en 12 mois. De plus, les malades ne sont plus infectieux dès la première dose de PCT, et leur capacité à transmettre la lèpre est donc interrompue. Aucune résistance du bacille à la PCT n’a aujourd’hui été observée, alors que dans les années 60 sa résistance à la dapsone, seul antilépreux alors disponible, était constatée.

A l’Institut Pasteur

L’unité d’Immunobiologie de l’infection dirigée par Caroline Demangel étudie plus particulièrement l’interaction du bacille de la lèpre avec les cellules de notre système immunitaire. La bactérie responsable de la lèpre exprime un type de molécule appelée le phénolglycolipide (PGL), également présent chez la bactérie responsable de la tuberculose (Mycobacterium tuberculosis) et celle responsable de l’ulcère de Buruli (Mycobacterium ulcerans). A l’aide de bactéries recombinantes, les chercheurs tentent d’élucider le rôle joué par le PGL exprimée spécifiquement par M. leprae, PGL-1, dans les effets immunomodulateurs de la bactérie.


Juin 2021

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