Alzheimer (Maladie d’)

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En France, 900 000 personnes sont atteintes de la maladie

La maladie est environ deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes

La maladie d’Alzheimer représente 70% des syndromes démentiels

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Causes et effets

La maladie d’Alzheimer est la première piste évoquée devant un syndrome démentiel. En effet, elle représente 70% de ces troubles. L’évolution se fait sur plusieurs années et se repère lorsque l’on observe une perte d’autonomie et un retentissement progressif sur les activités du quotidien (toilette, déplacement, habillage…).

Comment se développe la maladie ?

La maladie d’Alzheimer résulte d’une lente dégénérescence des neurones, débutant au niveau de l’hippocampe (une structure cérébrale essentielle pour la mémoire à court terme). Plusieurs régions cérébrales sont ensuite touchées et la maladie s’étend petit à petit à l’ensemble du cerveau.
A quoi cette dégénérescence est-elle due ?

  • Le peptide bêta amyloïde. Il est naturellement présent dans le cerveau. Dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, il s’accumule anormalement et forme des plaques, dites amyloïdes ou « séniles ». Cette accumulation est toxique pour les cellules nerveuses.
  • La protéine tau. Alors que se forment les plaques amyloïdes, cette protéine de structure des neurones, est modifiée provoquant successivement : la désorganisation des neurones, une dégénérescence neurofibrillaire, puis la mort des cellules nerveuses. Cette dégénérescence est très lente et des années peuvent s’écouler avant l’apparition des symptômes.

Les facteurs de risque

Le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer est l’âge.

Un terrain génétique intervient aussi. Plusieurs gènes seraient liés à une sensibilité accrue à la maladie (gènes du métabolisme du peptide amyloïde, gènes impliqués dans l’inflammation, gènes entrainant la communication entre neurones…). A l’inverse, il apparaît que certains gènes protègeraient de la maladie.

L’environnement semble jouer un rôle également. La maladie pourrait être favorisée chez les personnes sédentaires, ayant subi des anesthésies répétées, ou exposées à des facteurs de risque cardiovasculaires non pris en charge (diabète, hypertension…). Face à l’inéluctable, il existe une « réserve cognitive », sur laquelle l’environnement a un impact positif. Ainsi, la fonction des neurones perdus serait compensée en stimulant le cerveau et l’apparition des premiers symptômes et/ou leur sévérité retardés par la poursuite d’études, par une activité professionnelle stimulante, ou encore par une vie sociale active…

Il existe plusieurs stades de démence associés à la maladie :

  • Léger : Une partie seulement de l’hippocampe est touchée. La personne souffre d’oublis qui peuvent paraître anodins mais qui augmentent avec le temps.
  • Modéré : Différentes régions du cerveau sont touchées. La personne perd progressivement son autonomie, a du mal à reconnaître les personnes proches de son entourage.
  • Sévère : Les lésions cérébrales se multiplient. Les informations disparaissent de la mémoire et la personne a perdu presque l’intégralité de son autonomie pour les gestes du quotidien.

Epidémiologie

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on compte 50 millions de personnes atteintes de démence dans le monde et il apparaît chaque année près de 10 millions de nouveaux cas. On estime également, que sur les personnes de plus de 60 ans, 5 à 8% d’entre elles sont atteintes de démence.
En l’absence de traitement curatif, le nombre total de personnes atteintes de démence devrait atteindre 82 millions en 2030 et 152 millions d'ici 2050. En 2015, le coût sociétal total de la démence dans le monde était estimé à 818 milliards de dollars, soit 1,1% du produit intérieur brut (PIB) mondial.
En France, le constat est tout aussi alarmant. 900 000 personnes sont malades, mais si l’on tient compte des proches aidants également impactés par la maladie, 3 millions de personnes sont directement touchées. 9,9 milliards d’euros sont consacrés à la prise en charge médicale et médico-sociale de la maladie d’Alzheimer en France. Enfin, si les pistes thérapeutiques n’évoluent pas, Alzheimer France estime qu’un français sur quatre de plus de 65 ans sera concerné par la maladie en 2020.

Diagnostic

S’il n’existe pas de traitement pour soigner la maladie d’Alzheimer, on peut néanmoins ralentir sa progression. C’est pourquoi il est essentiel d’établir un diagnostic précoce, afin de mettre rapidement en place les traitements médicamenteux actuels mais aussi pour appliquer les conseils en vigueur en matière de prévention qui permettent de stimuler les capacités de mémorisation. Le diagnostic précoce permet aussi au patient de prendre des dispositions au regard de sa vie future tant qu’il possède encore toutes ses facultés de discernement et de prise de décision.
La Haute autorité de santé (HAS) a récemment publié un guide de bonnes pratiques diagnostiques à l’usage des professionnels de santé. On y retrouve les différentes étapes qui mènent au diagnostic de la maladie.
Le plus souvent, la personne vient consulter son médecin traitant suite à une plainte subjective venant de son entourage ou d’elle-même concernant certains aspects de la vie quotidienne : oublis, difficulté à gérer certaines tâches, perte de repères dans l’espace et le temps, troubles de l’humeur par exemple…
Le premier acteur est donc le médecin généraliste. Il réalise d’abord un entretien qui permet d’exclure une autre cause aux symptômes évoqués par le patient. Ensuite, il proposera un dépistage. Ce dépistage est composé de tests neuropsychologiques qui évaluent certains aspects de la mémoire et de la réalisation de tâches simples. A ce dépistage s’ajoutent plusieurs imageries qui permettent de visualiser l’atrophie de certaines structures du cerveau (hippocampe) ou encore la présence des plaques amyloïdes.

Traitement et prévention

Actuellement, il n’existe aucun traitement curatif, ce qui fait de la maladie d’Alzheimer un véritable fardeau sanitaire et sociétal pour tous les pays dont la population vieillit.

Il existe quatre médicaments disponibles sur le marché (source HAS) : le donépézil, la rivastigmine, la galantamine et la mémantine. Ces molécules ne guérissent pas le patient mais permettent de ralentir l’évolution de la maladie ou d’améliorer certains troubles du comportement. On peut observer une certaine amélioration dans la réflexion, la mémoire, la communication ou les activités quotidiennes.

Du fait de la perte de repères, c’est une maladie éprouvante, à la fois pour les personnes malades mais également pour les aidants et la famille. Différentes actions thérapeutiques permettent d’améliorer, au quotidien, la vie des personnes malades. Ces actions reposent sur la prise en compte du retentissement psychologique de la maladie et la mise en place d’activités qui améliorent le quotidien du patient et sa relation aux autres (proches comme soignants). Parmi les activités possibles : celles touchant à l’art (peinture, sculpture, écriture, musique, théâtre…), au corps (gymnastique douce, tai-chi-chuan, sophrologie, relaxation…) et, bien entendu, à la cognition (ateliers mémoire…).

A l’Institut Pasteur

Unité Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques, dirigée par Uwe Maskos.
Cette unité étudie notamment le rôle des récepteurs nicotiniques dans la maladie d'Alzheimer. Ces récepteurs sont une cible initiale du peptide A bêta, et peuvent faire partie d'une approche thérapeutique nouvelle.

Plateforme d’ingénierie des anticorps, dirigée par Pierre Lafaye.
Les chercheurs de cette plateforme ont mis au point deux nouveaux types d’anticorps qui sont capables de détecter les cibles extracellulaires (les plaques amyloïdes) et intracellulaires (les enchevêtrements neurofibrillaires, dus à la protéine tau) caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.


Janvier 2019

 

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