Covid-19 : vaccin contre l’infection par le SARS-CoV-2, utilisant le vecteur rougeole

La phase I d’expérimentation chez l’homme du candidat vaccin contre l’infection par le SARS-CoV-2, conçu par l’Institut Pasteur, utilisant le vecteur rougeole, est en cours de réalisation en France et en Belgique depuis août 2020.

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Un essai clinique de phase I visant à tester l’innocuité et l’immunogénicité du candidat vaccin TMV-083 (aussi appelé V591 ou anciennement MV-SARS-CoV-2) a débuté en France en août 2020. Il s’agit de la première administration chez l’homme du candidat vaccin qui a été mis au point par les chercheurs de l’Institut Pasteur, en partenariat avec la société autrichienne de biotechnologie Thémis dont le groupe pharmaceutique MSD a annoncé le rachat le 26 mai 2020, et avec le soutien de la CEPI, afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Lire le communiqué de presse « Candidat vaccin MV-SARS-CoV-2 : un nouveau partenariat entre l’Institut Pasteur, la CEPI, Thémis et MSD ».

Le candidat vaccin TMV-083 / V591 est un vaccin à virus vivant atténué, le virus utilisé comme véhicule (ou vecteur) étant celui du vaccin contre la rougeole (MV) et l’antigène exprimé celui de la protéine Spike du virus SARS-CoV-2. La protéine Spike, « clé d’entrée » du virus dans la cellule, forme des spicules tout autour du virus.

L’Institut Pasteur est promoteur de cet essai clinique. Cet essai est mené en partie au Centre d’Investigation Clinique (CIC) Cochin-Pasteur situé à l’hôpital Cochin (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) et en partie en Belgique.

Au total, 90 volontaires sains participeront à cette étude. Ils recevront deux doses du candidat vaccin et/ou d’un placebo. Les deux injections auront lieu à 28 jours d’intervalle, durée nécessaire pour permettre au système immunitaire d’identifier la présence du virus et d’y réagir. La majorité des volontaires seront évalués en double-aveugle, c’est-à-dire que ni les médecins ni les volontaires ne sauront s'ils ont reçu le candidat vaccin ou le placebo.

Les résultats définitifs de l’essai, comprenant le suivi long terme des volontaires, sont attendus courant 2021.

Le vecteur rougeole, une technologie prometteuse

Le candidat vaccin TMV-083 / V591 contre le SARS-CoV-2 s’appuie sur l’expertise de l’Institut Pasteur dans la construction de vaccins recombinants utilisant le « vecteur rougeole ». Le virus utilisé dans le vaccin contre la rougeole est ici utilisé comme un véhicule (ou vecteur), permettant la construction de vaccins recombinants exprimant des antigènes d’autres agents pathogènes (fragments de la dengue, de la fièvre de Lassa, ou d’autres virus de maladies émergentes…). Cette approche a été choisie contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 car, en 2003, un précédent candidat vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-1, également conçu par les chercheurs de l’Institut Pasteur, basé sur ce même vecteur rougeole, était arrivé au stade de développement clinique, son efficacité avait été démontrée sur un modèle animal. Cependant, son développement n’a pas été poursuivi après le début de cette phase I car l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), causée à l’époque par le virus SARS-CoV-1, s’était éteinte.

Cette même méthodologie, utilisant le vecteur rougeole a également été utilisé pour le développement d’autres vaccins. Un candidat vaccin contre le chikungunya va ainsi entrer en phase III et des vaccins contre les infections par le virus Lassa, Zika et MERS sont aussi en développement.

 

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