Le paludisme augmenterait la transmission mère-enfant du VIH

Communiqué de presse
|

Des chercheurs de l'Institut Pasteur publient dans AIDS une étude qui démontre comment l'infection par le parasite du paludisme chez la femme enceinte pourrait augmenter le risque de transmission in utero du virus du sida à son enfant. Cette étude conforte les observations épidémiologiques et vient souligner l'importance de la prise en charge du paludisme chez les femmes séropositives.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 18 mars 2008

 

 

Des études épidémiologiques avaient jusqu’ici montré des corrélations entre l’infection par le paludisme chez les femmes enceintes infectées par le VIH et une augmentation de la transmission mère-enfant du virus. Mais les mécanismes de ce phénomène restaient inconnus.

Des études antérieures soutenues en partie par l’ANRS ont amené les chercheurs à supposer que la séquestration du parasite Plasmodium falciparum dans le placenta de la femme enceinte devait être à l’origine de cette augmentation. L’hypothèse était que la fixation du parasite du paludisme aux cellules du placenta pouvait stimuler localement la réplication du VIH-1 et contribuer à la transmission mère-enfant du virus in utero.

L’étude menée par des chercheurs de l’unité de Régulation des Infections Rétrovirales, en collaboration avec deux autres équipes de l’Institut Pasteur à Paris, et le laboratoire de Virologie du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé, visait à étudier cette hypothèse.

Les chercheurs ont travaillé sur une lignée expérimentale de cellules placentaires en culture, qui a été mise en contact avec une molécule utilisée par le parasite pour se lier à la surface des cellules placentaires. Les chercheurs ont ainsi montré que les taux de réplication du VIH-1 augmentaient alors fortement en fonction de la dose de molécule parasitaire ajoutée.

« Notre étude suggère que des interactions spécifiques du parasite du paludisme avec le placenta contribuent à la transmission mère-enfant du virus du sida dans les régions où les deux maladies co-existent », concluent les auteurs. « Améliorer l’instauration de thérapies anti-paludiques en plus des thérapies antirétrovirales pendant la grossesse pourrait donc aider à prévenir la transmission mère-enfant du VIH-1 ».

Photo : Plasmodium falciparum, l’agent du paludisme /// copyright Institut Pasteur

Source

« Specific stimulation of HIV-1 replication in human placental trophoblasts by an antigen of Plasmodium falciparum »: AIDS, 18 mars 2008.

Ahidjo Ayouba (1), Cyril Badaut (2), Anfumbom Kfutwah (3), Claude Cannou (1), Alexandre Juillerat (2), Stéphane Gangnard (2), Charlotte Behr (4), Odile Mercereau-Puijalon (4), Graham A. Bentley (2), Françoise Barré-Sinoussi (1), Elisabeth Menu (1)

1. Unité de Régulation des infections rétrovirales, Institut Pasteur, Paris
2. Unité d’Immunologie structurale (CNRS URA 2185), Institut Pasteur, Paris
3. Laboratoire de Virologie, Centre Pasteur du Cameroun, Yaoundé
4. Unité d’Immunologie moléculaire des parasites (CNRS URA 2581), Institut Pasteur, Paris

Contacts presse

Service de presse Institut Pasteur
Corinne Jamma ou Nadine Peyrolo
01 40 61 33 41 – cjamma@pasteur.fr
 

Retour en haut