Améliorer les immunothérapies des cancers du sang : une exploration en temps-réel au cœur de la tumeur

Communiqué de presse
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Les anticorps monoclonaux font partie de l’arsenal thérapeutique pour détruire les cellules cancéreuses. Certains font appel au système immunitaire pour agir : ils font donc partie des « immunothérapies ». Mais comment ces anticorps fonctionnent-ils au sein de la tumeur ? Et comment peut-on espérer améliorer leur efficacité ? En utilisant des approches d’imageries innovantes in vivo, les chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm ont visionné, en direct et au cœur de la tumeur, le fonctionnement des anticorps anti-CD20, utilisés pour traiter les lymphomes B. Ces résultats sont publiés dans la revue Science Advances, le 19 février 2021.

Les anticorps anti-CD20 ont été développés dans le but de cibler et d’éliminer les lymphomes B, un type de cancer du sang. Ce traitement, souvent en combinaison avec la chimiothérapie, a largement fait ses preuves pour améliorer le pronostique des patients atteints de ces cancers. Néanmoins, tous les patients ne répondent pas avec la même efficacité à ces traitements. Il est donc essentiel d’identifier et de contourner les faiblesses de ces thérapies. 

Les chercheurs de l’unité des Dynamiques des réponses immunes (Institut Pasteur / Inserm), dirigée par Philippe Bousso, ont entrepris de capturer l’effet du traitement dans les secondes suivant l’injection  des anticorps. Ils ont pour cela développé, chez un modèle murin, un système original où la mort des cellules tumorales se traduit par un changement de couleur. Avec cette stratégie, ils ont pu tout d’abord montrer que les macrophages, en ingérant les cellules tumorales recouvertes d’anticorps, étaient indispensables pour l’efficacité de cette thérapie.

« Ce qui nous a étonnés, c’est d’observer que cette phase d’élimination qui débute immédiatement après l’injection de l’anticorps, perdait en efficacité après quelques heures seulement », déclare Capucine Grandjean, auteure principale de cette étude. De plus, les chercheurs ont montré que la quantité de macrophages présente dans la tumeur était sans doute insuffisante pour détruire la totalité des cellules cancéreuses.

Ainsi en mettant en lumière certaines des défaillances de ces anticorps, les chercheurs ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques. En particulier, augmenter la présence et l’activité des macrophages au sein de la tumeur constitue une stratégie prometteuse pour booster l’efficacité de ces anticorps thérapeutiques.

Ces travaux ont été financés par l’Institut Pasteur, l’Inserm et l’ERC

Image capturée in vivo suite à l’injection de l’anticorps anti-CD20 représentant les cellules cancéreuses (en magenta) et les macrophages (en vert) s’attaquant aux cellules tumorales. © Institut Pasteur – Unité des Dynamiques des réponses immunes

Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder à la vidéo :
 

 


Source :

Imaging the mechanisms of anti-CD20 therapy in vivo uncovers spatiotemporal bottlenecks in antibody-dependent phagocytosis, Science Advances, 19 février 2021

Capucine L. Grandjean1,2, Zacarias Garcia1,2, Fabrice Lemaître1,2, Béatrice Bréart1,2 and Philippe Bousso1,2

1 Dynamics of Immune Responses Unit, Equipe Labellisée Ligue Contre le Cancer, Institut Pasteur, 75015 Paris, France. 
2 INSERM U1223, 75015 Paris, France.

 

AURÉLIE PERTHUISON
Responsable des relations presse

MYRIAM REBEYROTTE
Attachée de presse

NATHALIE FEUILLET
Chargée des relations presse

 

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