Mucoviscidose

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La mucoviscidose touche environ une naissance sur 2500 en Europe et en Amérique du Nord.

Très peu de cas en Afrique et en Asie.

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Causes et origines

La mucoviscidose est une maladie génétique récessive létale (les deux parents doivent porter le gène défectueux pour transmettre la maladie). Le gène responsable de cette pathologie code pour une protéine appelée Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator (CFTR), découverte en 1989. L’altération de cette protéine rend le mucus plus visqueux et plus abondant. Bien que la qualité du mucus de nombreux organes soit affectée, les atteintes respiratoires sont la cause majeure de mortalité et de morbidité.

Symptômes

L’excès de mucus et l’absence de clairance mucociliaire (mécanisme par lequel les particules inhalées supérieures à une certaine taille sont propulsées vers les voies digestives) favorisent l’infection bronchique par des bactéries opportunistes (Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa et Hemophilus influenzae). Cette infection engendre une réponse inflammatoire exacerbée au niveau des voies aériennes. Ce processus inflammatoire devient chronique et provoque la destruction des tissus pulmonaires, entraînant ainsi une perte progressive de la fonction respiratoire jusqu’au décès du malade.

Epidémiologie

La mucoviscidose touche environ une naissance sur 2500 en Europe et en Amérique du Nord. La fréquence des hétérozygotes (individus ayant une copie du gène défectueux et une copie saine), porteurs sains de la maladie, concerne 4 % de la population générale occidentale. La prévalence de la mucoviscidose est variable à l’échelle de la planète, avec très peu de cas en Afrique et en Asie. La prévalence en Europe est estimée entre 8 et 12 cas pour 100 000 habitants. Le dépistage néonatal existe en France depuis 2002. L’incidence varie selon les régions de 1/2500 dans le nord-ouest à 1/10000 dans le sud-est avec environ 2 millions de porteurs hétérozygotes dans tout le pays.

Traitements

Il n’y a pas de traitement curatif à l’heure actuelle mais beaucoup de progrès ont été réalisés au niveau de la prise en charge des malades. Ces progrès ont permis d’améliorer la qualité de vie ainsi que l’espérance de vie des patients (estimée à 47 ans en 2005 en France, celle-ci n’était que de 7 ans en 1965).  Le traitement proposé est symptomatique et nécessite une réelle coordination entre plusieurs spécialistes : pédiatre, kinésithérapeute, diététicien et psychologue. Ce traitement porte essentiellement sur la prise en charge de l’insuffisance respiratoire. La prise en charge de l’atteinte digestive et nutritionnelle est également un aspect important du traitement.

La prise en charge de l’atteinte respiratoire a deux objectifs principaux : améliorer la clairance muco-ciliaire et réduire l’infection bactérienne pulmonaire. Elle utilise une kinésithérapie respiratoire, une antibiothérapie, des traitements par des bronchodilatateurs, des anti-inflammatoires et fluidifiants mucolytiques. Une greffe pulmonaire ou cœur-poumon peut être envisagée dans certains cas. Par ailleurs, et malgré de nombreux essais, la thérapie génique n’a pas encore fait ses preuves. Le traitement par les antibiotiques est parfois rendu inefficace en raison de l’apparition de souches bactériennes multi-résistantes dans les poumons des malades et d’un accès difficile de ces antibiotiques à cause de l’épaisse couche du mucus.

 

E. Coli - Institut Pasteur

De nouvelles armes contre les bactéries

 

 

A l’Institut Pasteur / Paris 5

Actuellement, Lhousseine Touqui (Institut Pasteur) co-dirige, avec le Professeur Isabelle Fajac (Paris 5), une unité mixte Pasteur/Paris 5 « Mucoviscidose et bronchopathies chroniques ». Concrètement, ce laboratoire se situe en face de l’hôpital Cochin, dans l’université Paris 5.

L’équipe animée par Lhousseine Touqui étudie la relation entre le canal chlore CFTR et la modification du mucus chez les malades. Ils ont déjà élucidé un  mécanisme impliquant deux enzymes qui stimulent le gène dirigeant la fabrication du mucus. Ils savent aujourd’hui comment bloquer ces enzymes à l’aide de deux inhibiteurs spécifiques.

Leurs études sur des modèles expérimentaux montrent que ces inhibiteurs permettent de réduire la quantité de mucus produites par  les cellules des patients. C’est précisément ce qui est souhaitable chez les malades car leur mucus abondant, au-delà de la gêne respiratoire qu’il provoque, favorise l’installation des bactéries, et empêche les antibiotiques de les atteindre. L’efficacité des inhibiteurs a également été prouvée sur des cultures de cellules épithéliales provenant des bronches des patients qui ont subi une transplantation pulmonaire.

Parallèlement, l’équipe suit une approche complémentaire visant à détruire les bactéries qui infectent les patients. L’utilisation des antibiotiques et la thérapie de choix contre ces bactéries, mais celles-ci deviennent rapidement résistantes. Les chercheurs travaillent donc sur des peptides antimicrobiens naturellement synthétisés dans l’organisme : ils sont produits par les cellules épithéliales et agissent en perforant la membrane des bactéries. Ces peptides naturels ne fonctionnent pas chez les patients atteints de mucoviscidose, probablement parce qu’ils ne sont pas produits en quantité suffisante ou que leur activité biologique est altérée. Les travaux en cours montrent que ces peptides n’induisent pas ou peu de résistance chez les bactéries auxquelles ils sont exposés. 

L’équipe de Lhousseine Touqui souhaite également :

  • tester des combinaisons des inhibiteurs du mucus avec les peptides antimicrobiens sur des bactéries prélevées des patients ;
  • vérifier si les bactéries développent ou non une résistance à ces combinaisons, après une longue durée d’exposition.

Les chercheurs espèrent aboutir à des traitements qui permettront d’améliorer le quotidien des malades et d’allonger leur espérance de vie, déjà heureusement augmentée ces dernières années par différentes prises en charge.

 


 

Octobre 2018

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