Méningites à méningocoques

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Les infections méningococciques touchent 500 000 personnes par an, dans le monde, selon l’OMS. 

Le taux de mortalité par une méningite bactérienne est de 10%.  

1 personne sur 5 peut avoir des séquelles durables. 

Quelles sont les causes ? 

L’infection du liquide céphalorachidien peut être due à un virus, une bactérie ou un champignon. 
Les méningites d’origine bactérienne peuvent être graves, et les espèces responsables de méningites aiguës sont variables selon l’âge. L’habitat naturel des espèces bactériennes le plus souvent mises en cause dans les méningites aiguës (H. influenzae, N. meningitidis, et S. pneumoniae) est le rhinopharynx de l’homme. Après une infection locale, respiratoire ou ORL (angine, otite, sinusite, etc.), les bactéries peuvent se retrouver dans le sang et éventuellement franchir la barrière hémato-méningée pour infecter le liquide céphalo-rachidien, ce qui entraîne un œdème et une inflammation méningée. 

Les méningites d’origine fongique sont moins fréquentes mais très sévères. Elles sont surveillées en France par le Centre national de référence des Mycoses invasives et antifongiques à l’Institut Pasteur. Le principal champignon à l’origine de méningites est Cryptococcus neoformans dont le réservoir est constitué par les fientes de pigeons. Cette levure est responsable d’infections opportunistes, en particulier chez les patients atteints de sida. D’autres champignons peuvent être à l’origine de méningites. 

Comment se transmet la maladie ? 

Les bactéries se transmettent par gouttelettes et par sécrétions respiratoires et pharyngées. Elles vont se trouver dans la gorge et le nez de la personne infectée. La transmission de la maladie entre individus nécessite un contact proche et prolongé. 
Autres bactéries pouvant provoquer une méningite, les streptocoques du groupe B, souvent présents au niveau du vagin, peuvent être transmis de la mère à l’enfant lors de l’accouchement.  

Quels sont les symptômes ? 

La méningite à méningocoques survient généralement dans la première enfance (maximum d’incidence chez les moins d'un an) et chez l’adolescent et l'adulte jeune (entre 16 et 24 ans). 
L’incubation dure généralement 3 à 4 jours mais peut être prolongée jusqu’à une dizaine de jours. La méningite associe un syndrome infectieux (fièvre, maux de tête violents, vomissements) et un syndrome méningé (raideur de la nuque, léthargie, troubles de la conscience, voire coma). Chez le nouveau-né et le nourrisson, ces symptômes sont moins marqués : l’accès brutal de fièvre est parfois accompagné de convulsions ou vomissements. L’apparition de taches hémorragiques sous la peau (purpura), s’étendant progressivement (purpura extensif), est un critère de gravité de l’infection et une menace de choc septique, imposant le traitement antibiotique et l’hospitalisation d’urgence. 

Les complications les plus fréquentes de la méningite cérébro-spinale sont des atteintes neurologiques, en particulier la surdité.  

Lorsque les bactéries infectent le sang, les extrémités du corps peuvent devenir froides, des douleurs musculaires et articulaires peuvent apparaître et la respiration peut être accélérée. Les nouveau-nés peuvent avoir des symptômes différents comme une difficulté à s’alimenter, une activité réduite, une inconsolabilité et un bombement de la fontanelle (l’espace membraneux séparant les différents os du crâne).  

En ce qui concerne les méningites d’origine virale, elles sont généralement bénignes chez les patients ne souffrant pas d’un déficit immunitaire, le rétablissement étant le plus souvent spontané : le malade guérit sans séquelles au bout de quelques jours. 

Comment diagnostiquer l’infection ? 

Après un examen clinique, une ponction lombaire (prélèvement de liquide céphalo-rachidien) est réalisée. Elle est complétée par une analyse des bactéries présentes dans le sang. 

Quels sont les traitements ? 

La gravité et le risque d’évolution rapide des infections à méningocoques imposent la mise en place d’un traitement antibiotique le plus rapidement possible. Le traitement s’effectue par voie intraveineuse et est poursuivi habituellement pendant 4 à 7 jours. Dans les pays industrialisés, on utilise en première intention les céphalosporines de 3e génération (cefotaxime, ceftriaxone).  La surveillance de la résistance aux antibiotiques est donc primordiale car elle serait dramatique pour la lutte contre les épidémies qui surviennent dans ce que l’on appelle la « ceinture de la méningite », la région d’Afrique sub-saharienne allant du Sénégal à l’Ethiopie, particulièrement affectée par la méningite à méningocoques. 

Comment prévenir l’infection ? 

La meilleure prévention est la vaccination. Plusieurs vaccins contre certains types de méningocoques existent et sont efficaces. 

En France : 

  • La vaccination contre le méningocoque C est obligatoire pour les nourrissons nés après le 1er janvier 2018. La vaccination se fait à l’âge de cinq mois suivie d’un rappel à 12 mois. Un rattrapage vaccinal peut être effectué en une dose unique pour les personnes entre 12 mois et 24 ans révolus. 

  • La vaccination contre le méningocoque B est recommandée depuis avril 2022. La vaccination se fait en deux injections à 3 et 5 mois suivie d’un rappel à 12 mois. Un rappel de vaccination tous les 5 ans est également recommandé pour les personnes ayant un risque continu d’exposition aux infections à méningocoque B. 

Voir le détail des recommandations vaccinales contre les méningocoques sur le site de l’Assurance maladie 

En mars 2024, la Haute Autorité de Santé émet de nouvelles recommandations. Elle préconise :  

  • La vaccination obligatoire contre le méningocoque B pour les enfants de moins d’un an 

  • La vaccination obligatoire contre les méningocoques du sérogroupe A, W et Y en plus du sérogroupe C pour les nourrissons de moins d’un an. 

 

Dans tous les cas d’infections méningococciques, un traitement préventif par antibiotiques ou antibioprophylaxie est préconisé pour l’entourage proche, ce qui empêche la contagion entre les individus : la rifampicine doit être administrée pendant deux jours. Toutefois, il existe des contre-indications (hypersensibilité, grossesse, maladie hépatique grave, alcoolisme, …), et des résistances à la rifampicine pour de rares souches de méningocoques. La prévention repose alors sur la prise de Ceftriaxone par voie injectable ou de Ciprofloxacine par voie orale, en dose unique. 

Dans le cas de méningites à méningocoques du sérogroupe A, C, Y ou W la prévention par la vaccination permet de compléter l’antibioprophylaxie instaurée pour la protection des sujets ayant eu des contacts proches et répétés avec un malade (généralement les personnes vivant au domicile du malade) et des enfants en bas âge vivant en collectivité, où la promiscuité est grande. 

Combien de personnes touchées ? 

Les nouveau-nés et les jeunes enfants sont les personnes les plus à risque de développer la maladie. Les infections méningococciques touchent 500 000 personnes par an, dans le monde, selon l’OMS. 

En France, environ 500 à 600 personnes par an sont touchées par une infection grave à méningocoques. Si, pendant la période Covid, le nombre de contaminations à méningocoques a chuté, un important rebond "post-Covid" a été observé en 2022-2023 (421 cas entre janvier et septembre 2023)

 

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Avril 2024

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