Maladie à virus de Marburg

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Le taux de létalité moyen du virus Marburg est d’environ 50%.

Selon l’OMS, au cours des dernières flambées épidémiques, ce taux de létalité a varié entre 24% et 89%.

Mise à jour - janvier 2026


Quelles sont les causes ?

La maladie à virus Marburg est due à un virus à ARN simple brin, appartenant à la famille des Filoviridae. Il se présente sous forme de filaments et est de taille variable. En moyenne, les particules virales font 800 nm de longueur et 80 nm de diamètre. Le virus Marburg partage plusieurs caractéristiques communes avec le virus Ebola et peut, comme ce dernier, être à l’origine de fièvres hémorragiques chez l’être humain.

Comment se transmet le virus ?

Le réservoir naturel du virus Marburg est la roussette d’Egypte ou Rousettus aegyptiacus, une espèce de chauve-souris qui se nourrit de fruits. Il s’agit d’une espèce migratrice, présente en Afrique subsaharienne et dans la vallée du Nil.

Le virus Marburg se transmet d’abord à l’humain lors d’un contact prolongé avec des chauves-souris infectées, notamment dans des grottes ou des mines. Par la suite, le virus circule d’une personne à une autre lors de contacts directs avec le sang ou les autres fluides corporels d’un malade. La transmission sexuelle peut également survenir via le sperme, le virus pouvant persister plusieurs mois dans les testicules. La transmission du virus peut aussi se faire via des objets souillés (lits, seringues).

Des mesures de précaution strictes doivent être prises par les personnes soignantes afin de limiter la circulation du virus. Les rites funéraires et les cérémonies d’inhumation, supposant un contact direct avec la personne défunte, sont également une situation à risque de propagation de la maladie.

Quels sont les symptômes ?

Les premiers symptômes de l’infection par le virus de Marburg apparaissent entre 4 et 21 jours après l’exposition, plus précisément entre 5 et 9 jours en moyenne.

Apparaissent d’abord une forte fièvre, des maux de tête sévères et des douleurs musculaires. Ces premières manifestations sont suivies par des troubles gastro-intestinaux tels que des vomissements et des diarrhées. Vers le cinquième jour de la maladie, des éruptions cutanées et des saignements spontanés (nez, gencives, etc), sont fréquents.

Le système nerveux central peut être touché, entraînant agressivité, confusions et délires.

La maladie peut évoluer vers un état de choc, une défaillance de multiples organes. Le décès, souvent précédé d’une perte de sang importante, intervient généralement entre huit et neuf jours après le début des symptômes.

Comment diagnostiquer la maladie ?

Des tests en laboratoire permettent d’établir le diagnostic. On mentionnera notamment :

  • le test RT-PCR, permettant de détecter le matériel génétique du virus pendant la phase aiguë de la maladie
  • les tests sérologiques IgM et IgG permettant de mettre en évidence des anticorps dirigés contre le virus, plutôt utilisé pour le diagnostic tardif ou rétrospectif

La manipulation des échantillons biologiques nécessite des laboratoires hautement sécurisés, en raison du risque élevé d’infection et de la très forte pathogénicité du virus. Un diagnostic précoce est essentiel pour mettre en œuvre l’isolement du malade, prendre en charge les contacts et déclencher les mesures de contrôle d’une épidémie.

Quels sont les traitements ?

À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre la maladie à virus de Marburg.

La prise en charge est essentiellement symptomatique. La réhydratation, le traitement des autres infections ou la stabilisation du taux d’oxygène, améliorent la survie des patients mais l’évolution reste défavorable dans de nombreux cas.

Il n’existe aujourd’hui aucun traitement ou vaccin spécifique à ce virus. Des vaccins expérimentaux ont montré leur efficacité chez l’animal, mais n’ont pas encore été validés chez l’humain.

Des anticorps monoclonaux sont en cours de développement. Des antirétroviraux ont été utilisés dans le cadre d’études cliniques sur la maladie à virus Ebola et pourraient être testés pour la maladie à virus de Marburg.

Comment prévenir la maladie ?

Il n’existe pas de vaccin préventif.

La prévention repose sur la limitation du contact avec les chauves-souris frugivores et leurs lieux de repos, tels que les grottes et les mines dans les régions concernées. En cas d’apparition de la maladie, des mesures strictes d’isolement des personnes infectées, de protection du personnel de santé, de surveillance des contacts, et de désinfection des surfaces et objets sont indispensables. Les rites funéraires doivent être encadrés pour éviter la manipulation de dépouilles infectées.

Qui est touché ?

Depuis l’identification du virus en 1967, de rares flambées épidémiques et quelques cas sporadiques ont été rapportés. Les principales épidémies ont eu lieu :

  • en République Démocratique du Congo en 1998-2000 : 154 cas dont 128 décès
  • en Angola en 2005 : 374 cas dont 329 décès

Plus récemment, des foyers épidémiques ont émergé au Rwanda et en Tanzanie.

L’aire de répartition géographique du virus correspond probablement avec les régions où la roussette d’Egypte, hôte naturel du virus, est présente.


Pour plus d’informations, vous pouvez consulter :

-la fiche maladie de l’OMS

-la fiche d’information du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies

 

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