Maladie de lyme (Borréliose de lyme)

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76 cas / 100 000 habitants en france en 2019 pour les cas vus en consultation générale

Causes

La maladie de Lyme est transmise par les tiques, arthropodes hématophages appartenant à l’ordre des Ixodida (famille des Ixodidae). L’agent responsable de la maladie de Lyme fût isolé pour la première fois chez une tique du genre Ixodes en 1982 par Willy Burgdorfer, on donna son nom à cet agent : Borrelia burgdorferi. Il s’agit d’une bactérie à Gram négatif (genre Borrelia, famille Spirochaetaceae). De nombreuses autres espèces de Borrelia peuvent être transmises par les tiques. Certaines peuvent également causer la borréliose de Lyme. Ces bactéries Borrelia sont ainsi regroupées dans un complexe appelé Borrelia burgdorferi sensu lato (Bbsl), que l’on différencie de la bactérie isolée en 1982 appelé Borrelia burgdorferi sensu stricto (Bbss).

Il existe au moins 20 espèces de Bbsl qui peuvent être divisées en deux groupes :

  • celles possédant un pouvoir pathogène avéré (au moins 9 espèces dont Bbss, B. afzelii, B. garinii) ;
  • et celles n’ayant encore jamais été isolées chez l’Homme (ex. B. americana, B. japonica).

Il existe au sein du complexe une grande diversité génétique entre les espèces, qui aboutit à des degrés de sévérité différents et qui touchent des organes variés (ou tropismes d’organes variés). L’espèce Bbss présente également de nombreuses variations génétiques

 

Transmission

En Europe, les espèces de BBsl sont transmises principalement par une espèce vectrice à savoir Ixodes ricinus qui y est largement répandue en dehors du pourtour méditerranéen et des régions en altitude. C’est une tique dure exophile qui se rencontre dans différents types de milieux (forêt, pâtures boisées, jardin) présentant des conditions micro-climatiques compatibles avec leur survie et favorables à la fréquentation de ses hôtes. Le cycle de vie de la tique Ixodes se caractérise par 3 stades évolutifs.

  • Les deux premiers stades, larves et nymphes, sont asexués. Chacun de ces stades est ponctué d’un unique repas sanguin sur un hôte vertébré, permettant le passage au stade suivant. Au cours du troisième stade d’évolution qui est sexué, les femelles se gorgent et pondent des œufs puis meurent. Le spectre d’hôte est large et comprend des oiseaux, des rongeurs ainsi que des cervidés. Du fait de la faible probabilité de transmission de la bactérie de la tique femelle infectée à ses œufs, le stade larvaire n’est pas considéré comme pouvant transmettre la maladie. En revanche, les larves sont capables d’acquérir la bactérie dès leur premier repas sanguin sur un hôte réservoir de la bactérie (rongeurs et oiseaux). L’Homme et le chien, très sensibles à la maladie, ne sont que des hôtes accidentels incapables de transmettre la bactérie à la tique.
  • C’est durant le second repas sanguin, qui permet le passage de la nymphe au stade adulte, que la bactérie déjà présente dans le système digestif de la nymphe passera la barrière intestinale, rejoindra les glandes salivaires et sera transmise à l’hôte sur lequel la tique se trouve en train de se gorger. Les nymphes représentent un risque élevé de transmission de la bactérie si elles sont infectées car, en raison de leur petite taille, elles passent inaperçues sur le corps et peuvent être confondues avec des grains de beauté.

Une corrélation positive a été mise en évidence à plusieurs reprises entre la densité des vecteurs infectés et l’incidence de la maladie humaine dans une même région.

 

Symptômes chez l’homme et diagnostique

La maladie évolue selon trois phases primaires, secondaires et tertiaire.

La phase primaire est caractérisée par l’érythème migrant (plaque rouge sur la peau autour de la piqûre qui s’étend rapidement d’une taille supérieure ou égale à 5 cm) au point d’inoculation. Il s’agit de la manifestation la plus fréquente (environ 80% des cas).

Si la maladie n’est pas traitée à ce stade précoce, et seulement dans ce cas, des complications neurologiques (paralysies, radiculites), articulaires (arthrites), cardiaques ou cutanées (acrodermatite chronique atrophiante) peuvent survenir lors des phases secondaire et tertiaire de la maladie.

La phase secondaire débute quelques semaines après l’éruption cutanée. Son expression clinique varie cependant fortement d’un patient à l’autre. La phase tertiaire est une phase disséminée tardive et correspond à une évolution chronique de la maladie. A ce stade, on observe principalement des manifestations articulaires, cutanées ou nerveuses.

Même si la maladie n’est pas mortelle, en l’absence de traitement, elle peut laisser des séquelles handicapantes.

L'érythème migrant est un marqueur diagnostique et aucun test de laboratoire supplémentaire n'est nécessaire. Le diagnostic dépend de l'évaluation clinique et est soutenu par des tests de laboratoire lors des phases secondaires et tertiaire de la borréliose. Le test ELISA (enzyme-linked immunosorbent assay) est généralement prescrit pour détecter les immunoglobulines dirigées contre les bactéries, et doit être suivi d'un Western Blot en cas de positivité.

 

Epidémiologie

La borréliose de Lyme touche l’hémisphère nord (Amérique du Nord, Europe, Asie).

En Europe

Il n'est possible d'estimer qu'approximativement l'incidence de la borréliose de Lyme en Europe, car pour la plupart des pays, il ne s’agit pas d’une maladie à déclaration obligatoire. Une récente revue de la littérature a estimé une incidence moyenne annuelle de 85000 cas par an. En France, le taux d'incidence annuel était de 53/100 000 entre 2009 et 2017 selon les données du Réseau Sentinelles. Le taux d'incidence annuel des cas vus en consultation de médecine générale en 2019 était de 76 cas / 100 000 habitants.

Le risque d'infection dépend de la zone géographique, des facteurs écologiques et de l'augmentation des activités humaines de plein air. Le nombre de cas humains de borréliose de Lyme évolue au cours de l’année et est élevé du printemps à l’automne, en bonne corrélation avec le cycle de vie de la tique.

Aux Etats-Unis et en Asie

Aux États-Unis, selon une dernière estimation, il y aurait 476 000 cas par an (Centre de prévention des maladies, 2021). Quatorze États, tous situés dans le nord-est, le centre de l'Atlantique et le haut Midwest représentent 95,7% des cas confirmés.

En Asie, l’infection a été rapportée dans plusieurs pays incluant la Chine, la Corée, le Japon, l’Indonésie, le Népal et l’est de la Turquie.

 

Traitement et Prévention

A l’heure actuelle, les seuls moyens de traitement de la borréliose sont les antibiotiques, efficaces rapidement si le diagnostic est établi assez tôt. Les doses d’antibiotique dépendent de l’âge du patient, de ses antécédents médicaux, ses allergies ou encore de son état de santé.

Il n'y a pas de vaccins contre la maladie de Lyme, seulement une prophylaxie non spécifique, comme le port de vêtements longs et de couleurs claires facilitant le repérage des tiques pendant les activités de plein air, l'utilisation de répulsifs (attention aux contre-indications éventuelles), l'évitement des zones infectées par les tiques, l’inspection scrupuleuse au retour de promenades, et l'élimination rapide des tiques piqueuses. En cas de piqûre, une surveillance devra être effectuée pendant 4 à 8 semaines.

 

A l’Institut Pasteur

Le groupe Arbovirus de l’unité Environnement et risques infectieux étudie le pouvoir infectieux et la rapidité de transmission de différentes souches de bactéries Borrelia burgdorferi sensu lato responsables de borrélioses de Lyme en cas de morsure de tique. Ces études ont montré que les espèces européennes de Borrelia se transmettent beaucoup plus rapidement que les espèces américaines, suggérant un risque d’infection plus élevé en cas de morsure par une tique infectée si celle-ci n’est pas retirée à temps. Son expertise dans ce domaine est à la base de collaboration avec des entreprises françaises qui travaillent dans le cadre de l’amélioration de la santé humaine et animale.


Juillet 2021

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