NEOVAC

|

Protéger les nourrissons de l’hépatite B dès la naissance

Malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), seuls 11% des nouveau-nés sont vaccinés à la naissance contre l’hépatite B en Afrique sub-saharienne. L’Institut Pasteur en partenariat avec les Instituts Pasteur de Dakar et de Madagascar et au Burkina Faso avec le consortium LAMIVAC, met en place un projet de recherche pour identifier la meilleure stratégie, localement adaptée et durable, pour améliorer la couverture vaccinale contre l’hépatite B à la naissance.

International - Les grands programmes - Neovac

La transmission du virus de l’hépatite B de la mère à l’enfant dès la naissance est très souvent à l’origine d’une infection chronique avec un risque important de développement à l’âge adulte de maladies du foie  notamment de cancer du foie (voir encadré).

Un vaccin efficace, mis au point dans les années 80, permet de lutter contre ce fléau mondial de santé publique. Depuis 2009, l’OMS recommande d’administrer le vaccin contre ce virus à tous les nouveau-nés dans les premières 24 heures de vie. Malgré cette recommandation, seuls 11% des nouveau-nés sont vaccinés à la naissance contre l’hépatite B en Afrique sub-saharienne.. Ce problème est particulièrement complexe à résoudre dans une région du monde où une proportion importante des femmes accouche encore à la maison et où les bébés ne reçoivent pas de vaccin avant l’âge de 6 à 8 semaines.

Former des membres de la communauté pour améliorer le taux de vaccination et la santé des nouveau-nés

Conduit au Burkina Faso, à Madagascar et au Sénégal, pays ayant une forte prévalence d’hépatite B chronique (>8%) et  un taux élevé de mortalité néonatale, le projet de recherche dirigé par les Dr Muriel Vray et Dr Yusuke Shimakawa propose d’identifier et de valider sur le terrain la meilleure stratégie qui permettra d’augmenter la proportion des nourrissons vaccinés à la naissance. Des acteurs locaux, par exemple des agents de santé communautaires, seront formés pour sensibiliser les populations aux risques liés à l’hépatite B, à l’intérêt du dépistage, et surtout pour vacciner les nouveau-nés dès la naissance. Ces agents feront également la promotion de la santé de la mère et de l’enfant (voir encadré 2).  

Identifier la meilleure stratégie pour augmenter la couverture vaccinale à la naissance

Une étude préliminaire mixte anthropo-épidémiologique menée dans les 3 pays partenaires permettra d’obtenir une cartographie précises des contextes locaux. Au niveau épidémiologique, cette étude préliminaire permettra d’établir la proportion d’accouchements ayant lieu à domicile, de nouveau-nés vaccinés et leurs mortalités. La partie anthropologique s’attachera à mieux comprendre, par l’intermédiaire d’interviews menées auprès des parents et des personnels de santé,  les pratiques autour de la grossesse, de l’accouchement, du soin néo-natal et de la vaccination infantile.  Elle analysera également les relations entre les populations, notamment les femmes enceintes, et les systèmes de santé. Les données ainsi obtenues permettront de développer dans chacun des pays partenaires, la meilleure stratégie à évaluer.

Une large étude internationale menée sur près de 4500 nouveau-nés

Les données obtenues lors de l’étude préliminaire serviront de base rationnelle pour mettre en place une intervention de grande envergure au Sénégal, à Madagascar et au Burkina Faso. Ces trois sites seront respectivement pilotés par des équipes de l’Institut Pasteur de Dakar, de l’Institut Pasteur de Madagascar et du LAMIVAC au Burkina Faso.

Dans chaque pays, 12 communautés d’environ 3000 habitants seront sélectionnées. Six d’entre elles recevront l’intervention identifiée durant l’étude préliminaire, les six autres serviront de contrôle pour évaluer l’impact de l’intervention sur la couverture vaccinale à la naissance.

Ce programme de recherche apportera les données essentielles aux gouvernements, organisations internationales et bailleurs de fonds pour la promotion de la mise en place d’une stratégie de prévention et de prise en charge de l’hépatite B dans les pays à faible et moyen revenu.

L’hépatite B un fléau de santé mondial

L’hépatite B est une infection virale du foie qui peut être à l’origine de maladies aiguës ou chroniques et exposer les personnes infectées à un risque important de cirrhose, de cancer et de décès.

Dans le monde, 240 millions de personnes souffrent d’une infection chronique par le virus de l’hépatite B et 780 000 meurent des suites de cette infection chaque année. On estime que 5 à 10% de la population adulte est infectée par le virus de l’hépatite B en Afrique sub-saharienne et dans l’est de l’Asie. Les voies de transmission du virus dans ces pays sont essentiellement de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement et entre les enfants après la naissance. Alors que 95% des personnes infectés à l’âge adulte se débarrassent spontanément du virus, l’hépatite B s’installe de façon chronique chez 90% des enfants infectés à la naissance et chez 30 à 50% des enfants infectés avant l’âge de 5 ans. De plus, les porteurs chroniques de l’hépatite B qui ont été infectés par la mère ont beaucoup plus de risque de développer, dans le futur, un cancer du foie comparés à ceux infectés pendant l’enfance. La vaccination des nourrissons dès la naissance est la stratégie qui permettra de stopper à long terme la propagation de l’hépatite B en Afrique

International - Les grands programmes - Neovac
 
International - Les grands programmes - Afribiota - Institut Pasteur
International - Les grands programmes - Neovac
International - Les grands programmes - Neovac

 

Retour en haut