MERS-CoV

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Depuis 2012, 1219 cas de MERS-CoV ont été détectés, qui ont provoqué 449 morts.

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Cause

Le MERS-CoV (Coronavirus du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient) est un virus identifié pour la première fois en Arabie Saoudite en avril 2012. Des virus très proches ont été détectés chez des chauves-souris. Celles-ci pourraient constituer le réservoir naturel mais l’hôte intermédiaire serait le dromadaire qui serait la source de l’introduction chez l’homme.

Ainsi, des transmissions occasionnelles à l’homme se sont sans doute produites au contact de dromadaires ou lors de la consommation de lait cru de dromadaire. La transmission interhumaine a lieu lors de contacts rapprochés, par le biais des sécrétions respiratoires.

Symptômes

Le virus se multiplient préférentiellement dans la partie basse du tractus respiratoire, provoquant fièvre, toux, difficultés à respirer, et parfois troubles gastro-intestinaux. Ces symptômes peu spécifiques ralentissent parfois le diagnostic, notamment dans un pays confronté pour la première fois à ce type de virus.

La période d'incubation est de 5 à 15 jours. Dans les pays du Moyen-Orient où les populations sont plus fréquemment en contact avec les dromadaires, certaines personnes porteuses du virus ne présentent pas de symptômes.

Ce virus peut être mortel quand il frappe les personnes déjà affaiblies par d’autres pathologies : diabète, insuffisance rénale, infection pulmonaire chronique, immunodépression. Le taux de létalité estimé est de 30% environ.

Epidémiologie

En avril 2012 le MERS-CoV est identifié pour la première fois en Arabie Saoudite. Des cas ou des foyers épidémiques sont ensuite détectés dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Depuis, 1219 cas ont été détectés, provoquant 449 morts. Quelques cas, ont été recensés en Europe, dont 2 cas en France en 2013. Les 2 cas avaient pu être isolés de façon appropriée au CHRU de Lille, empêchant ainsi toute diffusion du virus.

En Corée du Sud, le premier cas avéré de MERS-CoV a été constaté le 20 mai 2015 chez un patient de retour du Moyen-Orient. Ce cas a contaminé directement ou indirectement plus d’une centaine de personnes dans les hôpitaux qu’il a fréquentés. La transmission en lien avec ces différents établissements a été favorisée par la grande fréquentation ce type de lieu. Pour le moment (au 16 juin 2015), aucune transmission n’a été observée en dehors des hôpitaux.

Traitement et prévention

Aujourd’hui il n’existe aucun traitement spécifique pour lutter contre le MERS-CoV. Les soins apportés visent à atténuer les symptômes uniquement.

Concernant les mesures de prévention, en absence de vaccin, il s’agit d’éviter les contacts rapprochés avec les personnes infectées et au  Moyen-Orient, d’éviter les contacts avec les dromadaires et leurs sécrétions ou la consommation de produits issus de ces animaux (lait, viande). Respecter les règles d’hygiène élémentaires, comme se laver les mains régulièrement.

Dans le Réseau international des instituts Pasteur

Institut Pasteur de Corée

En accord avec le gouvernement coréen, l’Institut Pasteur de Corée est en mesure d’utiliser les technologies de criblage dans ses laboratoires de haute sécurité pour tester des molécules thérapeutiques déjà existantes et approuvées par les autorités de santé. L’Institut Pasteur de Corée possède un laboratoire spécialisé dans les virus respiratoires. L’Institut peut s’appuyer également sur l’expertise de l’Institut Pasteur de Hong Kong. De plus, l’Institut Pasteur de Corée est en mesure de travailler en collaboration avec l’Institut Pasteur à Paris dont les chercheurs ont déjà une expertise notamment concernant le séquençage du virus. L’Institut Pasteur de Corée se tient prêt à travailler en collaboration avec l’OMS et les autres partenaires internationaux.

A l’Institut Pasteur à Paris

Center for Global Health (CGH)

Le Center for Global Health, dirigé par le Prof. Arnaud Fontanet et inauguré en septembre 2014, vise à soutenir les missions de santé mondiales du Réseau international des Instituts Pasteur. Son observation d’une grande diversité de populations humaines, de vecteurs et de pathogènes dans des environnements très différents favorisera l’efficacité de l’approche d’amélioration des connaissances sur les maladies infectieuses et le développement de solutions de terrain adaptées qui améliorent la santé des populations à travers le monde.

Le CGH présente trois principaux axes d’intervention : la recherche, la formation et l’investigation des épidémies.

La force d’investigation des épidémies du CGH

La force internationale d’investigation des épidémies réunit des scientifiques de diverses disciplines du monde entier dans le but d’apporter des réponses et d’étudier l’émergence infectieuse. Elle exploite l’expertise de l’Institut Pasteur, et ses membres sont déployés au stade précoce des épidémies, sur demande des autorités nationales et des organisations internationales, afin d’intervenir au plus vite et de mener des recherches.

En cas d’épidémie, le rôle de cette force est d’assister les autorités locales, de coordonner la collecte et l’analyse des données microbiologiques et épidémiologiques au plus tôt et d’ouvrir la voie à des projets de recherche ambitieux venant soutenir la gestion des crises sanitaires et les futures stratégies de prévention. Cette force est également vouée à la recherche épidémiologique, fondamentale et translationnelle sur les pathogènes émergents.

La force d’investigation a récemment été déployée en Sierra Leone pour Ebola, en Arabie Saoudite pour MERS-CoV et en Corée pour la récente épidémie de MERS-CoV.

En savoir plus sur la mission de la force d’investigation de l’épidémie de MERS-CoV en Corée.

Unité de Génétique moléculaire des virus ARN

L’unité de Génétique moléculaire des virus ARN de l’Institut Pasteur, dirigée par Sylvie van der Werf, peut intervenir à la demande des autorités de santé pour contribuer à la surveillance épidémiologique et virologique d’un nouveau virus respiratoire en France. Les chercheurs sont amenés à réaliser le diagnostic à partir des prélèvements qui leur sont adressés.

Cellule d’intervention biologique d’urgence (Cibu)

La Cellule d’intervention biologique d’urgence (Cibu) de l’Institut Pasteur est dirigée par Jean-Claude Manuguerra. La Cibu fonctionne 7j/7 et 24h/24, et a été créée fin 2002 à l’initiative de la Direction générale de la santé (DGS) et de l’Institut Pasteur. Elle est conçue pour réagir immédiatement en temps réel, en cas d’épidémie, pour détecter et identifier le plus rapidement possible le ou les agents pathogènes en cause.

La Cibu intervient dans le cadre de l'épidémie de MERS-CoV sur le plan national en synergie avec l’unité de Génétique moléculaire des virus ARN et aussi sur le plan international depuis l’apparition du virus en 2012. Les scientifiques sont amenés à établir le diagnostic des cas suspects en France et également pour les pays qui ne sont pas équipés pour ce type de test. La Cibu est également sollicitée par l’OMS pour ses activités de diagnostic.

Sur le plus long terme, les chercheurs étudient les évolutions des virus respiratoires les rendant transmissibles de leur réservoir naturel animal à l’homme.

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Octobre 2015

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