Les cellules Natural Killer (NK) font partie du système immunitaire inné, notre première ligne de défense. On sait déjà qu’elles peuvent développer une mémoire immunitaire contre le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae). Aujourd’hui, des scientifiques de l’Institut Pasteur montrent qu’une reprogrammation de l’expression des gènes des cellules NK mémoires, rend leur réponse plus efficace contre les bactéries.
En 2023, des scientifiques de l’Institut Pasteur avaient découvert que les cellules Natural Killer (NK) peuvent développer une mémoire immunitaire contre la bactérie Streptococcus pneumoniae, ou pneumocoque (Camarasa, Torne et al., 2023). Cette bactérie est responsable de pneumonies, de méningites et de septicémies. Cependant, les mécanismes utilisés par les cellules NK mémoires pour lutter contre les bactéries restaient inconnus. Dans une nouvelle publication, des chercheurs et chercheuses de l’Institut Pasteur décrivent comment les cellules NK mémoires développent une réponse plus efficace contre les bactéries en changeant leur programme d’expression des gènes.
Les cellules Natural Killer, c’est quoi ?
Les cellules Natural Killer (NK) font partie du système immunitaire inné, notre première ligne de défense. Elles sont principalement connues pour combattre les cellules cancéreuses et les virus. Contrairement aux lymphocytes T et B – qui développent une mémoire immunitaire, principe à la base de la vaccination –, on pensait que les cellules NK en étaient incapables. Elles étaient considérées comme des soldats efficaces, mais sans capacité d’apprentissage. Cependant, au cours des dernières années, il a été démontré que ces cellules peuvent apprendre à réagir à des virus. Plus récemment, les scientifiques de l’Institut Pasteur ont découvert qu’elles peuvent également garder la mémoire d’une infection au pneumocoque.
Comment les cellules NK mémoires développent-elles une meilleure défense contre les bactéries ?
Les scientifiques ont observé que ces cellules NK « mémoires » se distinguent des cellules NK naïves. Après une première infection, ces cellules répondent plus rapidement et efficacement lors d’une nouvelle exposition : elles s’activent plus tôt, produisent davantage de molécules défensives et détruisent plus efficacement les cellules ennemies. Les chercheurs ont également identifié plusieurs sous-groupes de cellules NK mémoires, dont certains se multiplient fortement lors de la réinfection, tandis que d’autres restent en réserve pour assurer une protection durable.
Cette réponse est rendue possible grâce à une reprogrammation de l’expression des gènes dans les cellules NK mémoires, qui acquièrent ainsi une nouvelle identité et de nouvelles fonctions.
Vers une nouvelle immunothérapie antibactérienne
Ces nouvelles découvertes contribuent à définir un rôle inédit des cellules NK dans la défense antibactérienne. Les résultats suggèrent que ces cellules pourraient être exploitées dans de nouvelles stratégies thérapeutiques contre les infections bactériennes, à l’image de leur utilisation déjà bien établie en immunothérapie anticancéreuse.
Face à la menace croissante de la résistance aux antibiotiques, cette approche représente une piste prometteuse. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur les antimicrobiens, il serait possible de renforcer et d’orienter nos propres défenses naturelles contre des bactéries pathogènes comme le pneumocoque, responsable de milliers de décès chaque année.
Source
NK cells undergo transcriptional and functional reprogramming following Streptococcus pneumoniae infection, Mucosal Immunology, 28 novembre 2025. Julia Torné et al.





