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Cancer du col de l'utérus et Papillomavirus

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250 000 décès par an dans le monde

En France, environ 30 000 nouveaux cas de lésions précancéreuses, et 3000 nouveaux cas de cancers avec environ 1000 décès chaque année.

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Cause

A ce jour, les chercheurs ont identifié une douzaine de papillomavirus humains (HPV) à l’origine du cancer du col de l’utérus, premier cancer à avoir été reconnu par l’OMS comme étant attribuable dans tous les cas à une infection virale. Les virus les plus fréquemment en cause sont l'HPV16 (impliqué dans plus de la moitié des cas) et l'HPV18 (dans un  peu plus d’un cas sur dix). Ces HPV dits oncogènes peuvent également toucher d’autres muqueuses et notamment provoquer des cancers anaux ou oro-pharyngés.

Epidémiologie

Les HPV infectent les cellules épithéliales de la peau ou des muqueuses génitales, anales et orales. Ils sont transmis par contact direct ou indirect. On distingue les HPV à bas risque cancérigène qui sont associés à des lésions bénignes, telles que les verrues, et les HPV à haut risque cancérigène qui sont responsables de cancers. Les HPV infectant les muqueuses génitales sont transmis par voie sexuelle et sont très fréquents, puisqu’ils représentent l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente dans le monde. L’infection passe le plus souvent inaperçue car elle ne s’accompagne généralement d’aucun symptômes. Cependant, dans de rares cas, l’infection peut persister et s’accompagner de l’apparition de lésions bénignes, les condylomes, ou de lésions précancéreuses dénommées néoplasies intra-épithéliales. Ces dernières nécessitant une obligatoirement prise en charge car elles sont susceptibles d’évoluer en cancer.

Quelques chiffres

Le cancer du col est le deuxième cancer le plus courant chez la femme  dans le monde. On dénombre est responsable d’environ 500 000 nouveaux cas par an et 250 000 décès associés dans le monde, d’après le Centre international de recherche sur le cancer. La majorité de ces cancers surviennent dans les pays en voie de développement du fait de l’absence de dépistage. En France, on dénombre chaque année environ 30 000 nouveaux cas de lésions précancéreuses, et 3000 nouveaux cas de cancers avec environ 1000 décès chaque année.

Traitement curatif des lésions

La prévention de l’infection repose sur les méthodes classiques de prévention des maladies sexuellement transmissibles, mais il faut savoir que l’usage du préservatif ne confère qu’une protection partielle en raison de la présence du virus, en cas d’infection, sur une grande surface des organes génitaux et anaux.

Un vaccin prophylactique permettant de protéger efficacement contre les infections à HPV16 et HPV18, est disponible. Il est recommandé à l’heure actuelle chez les filles âgées de 11 et 14 ans, avec la possibilité d’effectuer une vaccination de rattrapage jusqu’à l’âge de 20 ans et, de manière plus récente chez les homosexuels masculins âgés de moins de 26 ans. 

La prévention du cancer de l’utérus repose sur le dépistage précoce des lésions précancéreuses, via la réalisation de frottis cervicaux réguliers chez les femmes ayant une activité sexuelle et âgées de 25 à 65 ans.

Prévention

Actuellement, la prévention du cancer du col de l’utérus passe par la prévention des infections sexuellement transmissibles (préservatifs, examens pour le partenaire) et surtout par le frottis cervical de routine chez la femme. Un vaccin prophylactique qui permet de protéger contre les infections à HPV16 et 18, donc de prévenir les 2/3 des cancers du col de l’utérus, est actuellement disponible. Ce vaccin n’a aucune efficacité thérapeutique et ne protège pas les femmes infectées. Selon l’avis rendu le 28 septembre 2012 par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), il est recommandé que la vaccination des jeunes filles puisse être pratiquée entre les âges de 11 et 14 ans et que toute opportunité soit mise à profit pour initier la vaccination. Le HCSP recommande également que l’âge de rattrapage soit limité à 20 ans, cette vaccination étant d’autant plus efficace que les jeunes filles n’ont pas été encore exposées au risque de l’infection par les HPV.

A l’Institut Pasteur

Didier Guillemot, qui dirige l’unité de Pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses (Institut Pasteur/Université de Versailles Saint Quentin/Inserm U 657) coordonne dans le cadre d’une vaste étude nationale sur la santé des étudiants le volet consacré aux problématiques infectieuses. Les premières investigations viseront à établir la prévalence et la distribution des HPV ainsi que la dynamique de l’infection par ces virus chez des étudiantes vaccinées ou non.

Au sein de l’Institut Pasteur, le groupe de recherche dirigé par Marc Eloit, au sein de l’unité de recherche Biologie des infections, mène un projet de recherche clinique visant à identifier des marqueurs viraux de progression tumorale des lésions précancéreuses du col de l’utérus.


Janvier 2018

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur le cancer du col de l’utérus et papillomavirus

  • Unité de Biologie des régulations immunitaires, dirigée par Claude Leclerc
  • Unité de Biochimie des interactions macromoléculaires, dirigée par Daniel Ladant
  • Unité de Pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses, dirigée par Didier Guillemot
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