Cancer du col de l'utérus et Papillomavirus

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250 000 à 300 000 décès par an dans le monde

En France, 3000 cas et plus de 1000 décès par an

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Cause

A ce jour, les chercheurs ont identifié une vingtaine de papillomavirus humains (HPV) à l’origine du cancer du col de l’utérus, premier à être reconnu par l’OMS comme étant attribuable à 100% à une infection virale. Cependant, les plus fréquemment en cause sont le HPV16 (impliqué dans 55% des cas) et le HPV18 (12% des cas). Ces HPV oncogènes peuvent également toucher d’autres muqueuses et notamment provoquer des cancers anaux ou oro-pharyngés.

Epidémiologie

Les papillomavirus humains ou HPV infectent les cellules épithéliales de la peau ou des muqueuses, et sont transmis par la dissémination de ces cellules lors de la desquamation. On distingue les HPV à bas risque, agents de lésions bénignes, des HPV à haut risque qui sont responsables de cancers. Les HPV affectant les muqueuses génitales sont transmis par voie sexuelle et sont fréquents, ceci dès le début de la vie sexuelle puisqu’ils sont détectés chez 1/3 des femmes entre l’adolescence et le début de la vingtaine. Les infections qu’ils provoquent, si elles sont communes tout au long de la vie adulte chez les femmes sexuellement actives, disparaissent souvent spontanément et sans signe clinique. Mais l’infection va persister chez 3 à 10 % des femmes infectées, et parmi elles certaines développeront une lésion précancéreuse appelée néoplasie cervicale intra-épithéliale qui est un précurseur du cancer du col de l’utérus. Plusieurs années peuvent s’écouler entre le début d’une infection par un HPV oncogène et l’apparition d’un tel cancer.

Quelques chiffres

Au niveau mondial, le cancer du col de l’utérus est responsable d’environ 250 000 à 300 000 décès et de 500 000 nouveaux cas par an (80% dans les pays en développement) d’après le Centre International de Recherche sur le Cancer. En Europe, près de 65 000 femmes sont touchées, et environ 25 000 nouveaux cas sont recensés chaque année, avec une mortalité de 4,7%. En France, on dénombre chaque année 3000 cas, plus de 1000 décès, et un diagnostic de néoplasie cervicale de haut grade ou de cancer est posé chaque année chez environ 30 000 femmes.

Traitement des lésions

Le traitement actuel des lésions précancéreuses est le plus souvent chirurgical (« conisation »). Le cancer cervical est lui traité par une combinaison de chirurgie et de radiothérapie avec une chimiothérapie adjuvante, efficace aux stades précoces. Des vaccins thérapeutiques qui permettraient de traiter les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus dus aux HPV16 et/ou au HPV18 sont en cours d’essais cliniques.

Prévention

Actuellement, la prévention du cancer du col de l’utérus passe par la prévention des infections sexuellement transmissibles (préservatifs, examens pour le partenaire) et surtout par le frottis cervical de routine chez la femme. Un vaccin prophylactique qui permet de protéger contre les infections à HPV16 et 18, donc de prévenir les 2/3 des cancers du col de l’utérus, est actuellement disponible. Ce vaccin n’a aucune efficacité thérapeutique et ne protège pas les femmes infectées. Selon l’avis rendu le 28 septembre 2012 par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), il est recommandé que la vaccination des jeunes filles puisse être pratiquée entre les âges de 11 et 14 ans et que toute opportunité soit mise à profit pour initier la vaccination. Le HCSP recommande également que l’âge de rattrapage soit limité à 20 ans, cette vaccination étant d’autant plus efficace que les jeunes filles n’ont pas été encore exposées au risque de l’infection par les HPV.

A l’Institut Pasteur

En collaborant avec une start-up de l’Institut Pasteur, Genticel (appelée BT Pharma à l’époque), les équipes de Claude Leclerc (Unité de Biologie des régulations immunitaires, Institut Pasteur/Inserm 1041), et celle de Daniel Ladant (Unité de Biochimie des interactions macromoléculaires, Institut Pasteur/URA 2185 CNRS) ont établi la preuve de concept d’un vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l’utérus. Depuis, l’entreprise Genticel a converti cette découverte dans un candidat vaccin bivalent qui cible le traitement de femmes déjà infectées par HPV 16 et/ou HPV 18 et, en conséquence, qui ne sont plus éligibles pour les vaccins préventifs actuellement sur le marché. En 2010, la société Genticel a obtenu l’autorisation d’initier un essai clinique de phase I.

Enfin, Didier Guillemot, qui dirige l’unité de Pharmacoépidémiologie et maladies infectieuses (Institut Pasteur/Université de Versailles Saint Quentin/Inserm U 657) coordonne dans le cadre d’une vaste étude nationale sur la santé des étudiants le volet consacré aux problématiques infectieuses. Les premières investigations viseront à établir la prévalence et la distribution des HPV ainsi que la dynamique de l’infection par ces virus chez des étudiantes vaccinées ou non.


Janvier 2013

 

 

 

 

 

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