Les hantavirus sont des virus transmis principalement par les rongeurs sauvages, responsables de syndromes graves chez l’humain. Dans le contexte de l’épisode en cours impliquant le virus Andes à bord du navire de croisière MV Hondius, l’Institut Pasteur est en première ligne. Le Centre national de référence (CNR) Hantavirus est hébergé à l’Institut Pasteur et l’institut reçoit pour analyse les échantillons de personnes résidentes en France ayant des symptômes. Nous faisons ici le point sur la maladie, les modes de transmission, les risques et les recommandations de prévention.
Les hantavirus regroupent un grand nombre de virus dont les caractéristiques épidémiologiques et cliniques varient selon les régions du monde. Transmis principalement par inhalation d’aérosols contaminés par des excrétions ou des sécrétions de rongeurs sauvages infectés, ils sont à l’origine, chez l’humain, de deux types de syndromes distincts : une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, dont la létalité varie de moins de 1 % à 12 %, ou un syndrome cardio-pulmonaire sévère, principalement associé aux hantavirus du Nouveau Monde, avec une létalité pouvant atteindre 30 à 60 %. À ce jour, aucun traitement spécifique ni vaccin homologué ne sont disponibles contre ces infections.
Rappel sur les Hantavirus – La maladie - Les recommandations
Un foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius
Le 4 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius, reliant Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert. Le 6 mai, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche de type Andes — seul hantavirus parmi les 38 connus, pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée, bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés. Le 12 mai 2026, l’OMS dénombre 11 cas dans le monde : 7 cas confirmés, 1 cas suspecté, 3 autres personnes malheureusement décédées, ainsi que plusieurs centaines de cas contacts identifiés.
Débarquement des passagers aux îles Canaries, puis rapatriement des personnes dont cinq en France
À compter du 10 mai 2026, le débarquement des passagers et membres d'équipage a débuté dans le port de Tenerife (îles Canaries) : 116 personnes représentant 23 nationalités ont été évacuées en 48 h selon les autorités espagnoles. Cinq passagers de nationalité française sont rentrés en France par avion et ont été hospitalisés en quarantaine à l'hôpital Bichat (Paris).
Une personne française, avec symptômes ; analyses réalisées à l’Institut Pasteur
Deux passagers de la croisière, un Américain et une Française, ont été testés positifs. La passagère française, ayant présenté des symptômes au cours du vol, a été testée positif au virus Andes. Elle est actuellement (12 mai 2026) suivie en réanimation dans un hôpital parisien (Bichat). Le diagnostic a été réalisé à l’Institut Pasteur (Paris) par la Cellule d’intervention biologique d’urgence (CIBU) en coordination avec le Centre national de référence des Hantavirus.
Enquêtes épidémiologiques en cours et risque faible
Les enquêtes épidémiologiques sont en cours auprès des passagers, membres d’équipage et personnes transférées à l’extérieur du navire, afin de mieux comprendre les circonstances de cet épisode et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine. L’OMS maintient à ce stade que le risque global pour la santé publique demeure faible, et sans commune mesure avec la situation observée lors de la pandémie de Covid-19. Le CNR Hantavirus sous la responsabilité de l’Institut Pasteur (Paris) est pleinement mobilisé dans le suivi virologique et épidémiologique de cet épisode, en lien étroit avec les autorités sanitaires nationales et internationales.
Foire aux questions (FAQ) : Hantavirus Andes et épisode à bord du navire MV Hondius
1. Qu’est-ce que l’hantavirus Andes et pourquoi est-il surveillé ?
L’hantavirus Andes est une espèce virale circulant principalement en Amérique du Sud. Il est particulièrement surveillé car, contrairement aux autres hantavirus connus, il est le seul pour lequel une transmission interhumaine a été documentée. Il provoque un syndrome cardio-pulmonaire sévère, une forme grave de la maladie dont le taux de létalité peut atteindre 30 à 60 %.
2. Comment se transmet ce virus ?
La transmission principale se fait par inhalation d’aérosols (fines particules dans l'air) contaminés par les excrétions (urine, fèces) ou la salive de rongeurs sauvages infectés. Dans le cas spécifique du virus Andes, une transmission entre humains est possible lors de contacts très étroits (vie dans des espaces confinés, rapports sexuels) ou avec du personnel soignant, principalement durant la phase initiale des symptômes.
3. Quels sont les symptômes du syndrome cardio-pulmonaire ?
Après une période d'incubation moyenne de deux semaines (pouvant aller de 1 à 6 semaines), la maladie se manifeste brutalement par une défaillance respiratoire et cardiaque.
4. Existe-t-il un vaccin ou un traitement spécifique ?
À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n'est disponible. La prise en charge est essentiellement symptomatique (traitement des symptômes en milieu hospitalier). L'utilisation de plasma contenant des anticorps de patients guéris a montré des résultats encourageants pour réduire le risque de décès dû au virus Andes, mais cela doit encore être confirmé par des essais cliniques.
5. Le risque de pandémie est-il comparable à celui du Covid-19 ?
Non. L’OMS estime que le risque global pour la santé publique demeure faible. La transmission interhumaine de l’hantavirus Andes reste marginale par rapport à la transmission par les rongeurs, et la situation n'est pas jugée, dans la situation actuelle et la limite des connaissances, comparable à la pandémie de Covid-19.
6. Quelles sont les recommandations pour les voyageurs ou les personnes à risque dans les zones où circulent le virus dans la faune sauvage ?
La prévention repose sur l'évitement des contacts avec les rongeurs et leurs déjections. Il est conseillé de :
- Porter un masque (type FFP2) lors de la manipulation de bois ou du nettoyage de locaux fermés ayant pu abriter des rongeurs.
- Aérer et asperger d’eau avant de nettoyer des zones suspectes pour éviter de soulever de la poussière contaminée.
- Dératiser les habitations et protéger les stocks de nourriture.
Rappel sur les Hantavirus (page complète du CNR)





