Sarah Merkling fait partie des jeunes scientifiques sélectionnés en 2025 pour diriger de nouveaux groupes de recherche à l’Institut Pasteur. Elle est à la tête du Groupe à 5 ans (G5) « Immunité et infection des insectes » depuis janvier 2026.
Ce que je cherche
Mon projet consiste à étudier les interactions entre les moustiques et les virus. Quand un moustique nous pique, il prend un peu de notre sang pour produire ses œufs. Ce sang, qui circule ensuite dans l’organisme du moustique, peut être contaminé par un virus si la personne piquée était infectée. Ce virus peut alors être transmis à une autre personne que le moustique piquerait. Mais on ne sait presque rien de ce qui se passe entre ces deux piqûres à l’intérieur du corps du moustique. Comment le virus entre-t-il dans l’organisme ? Comment passe-t-il d’un organe à l’autre ? Quelles sont les réponses immunitaires qui se mettent en route ? C’est une vraie boîte noire !
Comment je m’y prends ?
On congèle un moustique entier préalablement infecté, qu’on vient ensuite découper en tranches très fines. À l’aide de techniques d’imagerie très avancées, on zoome jusqu’à l’échelle de la cellule pour suivre l’avancée du virus dans l’organisme. En parallèle, on utilise des algorithmes pour analyser ces grandes quantités de données et comprendre pourquoi, au sein d’une même espèce, certains moustiques vont être porteurs et d’autres non.

À quoi ça sert ?
Sur un plan fondamental, ça sert à mieux comprendre comment les pathogènes interagissent avec leurs hôtes, qu’ils soient humains ou insectes. Sur un plan appliqué, l’idée est de repérer par quels mécanismes le virus circule dans le moustique pour tenter de le bloquer et, avec lui, d’endiguer la transmission de la maladie. Si on identifie la molécule qui facilite cette circulation, on pourra travailler à un vaccin pour stimuler la production d’anticorps dirigé contre cette molécule chez les humains. Le moustique les aspirera en nous piquant, et ces anticorps bloqueront la propagation et la transmission du virus par les moustiques.
Pourquoi le faire à l’Institut Pasteur ?
L’Institut regroupe toutes les expertises nécessaires à ce projet, et le Pasteur Network nous permet d’être en contact direct avec des équipes locales qui ont une connaissance approfondie des moustiques, et nous permettent de comprendre leur écologie et leur épidémiologie. Et puis, à Pasteur, on se sent soutenu et porté par une communauté de gens passionnés qui prennent des risques et investissent leur énergie pour faire avancer la science.
Un conseil pour des futurs scientifiques
Dans un monde aussi compétitif que la recherche académique, il est facile d’avoir le « syndrome de l’imposteur », et de ne pas se sentir à sa place. Pourtant, c’est un domaine formidable, dynamique et ouvert sur le monde. Je conseille aux futur.es scientifiques de se lancer sans hésiter. Les chercheuses et les chercheurs viennent de tous horizons et formations. On dit souvent qu’ils sont exceptionnels, mais ils le sont surtout par leur diversité et humanité !





