Covid-19 : vaccin contre l’infection par le SARS-CoV-2, utilisant le vecteur rougeole

La phase I d’expérimentation chez l’homme du candidat vaccin contre l’infection par le SARS-CoV-2, conçu par l’Institut Pasteur, utilisant le vecteur rougeole, a été lancé en France et en Belgique en août 2020. A la suite de résultats intermédiaires d’essai clinique de phase I, l’Institut Pasteur arrête en janvier 2021 le développement de ce candidat vaccin contre SARS-CoV-2.

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Un essai clinique de phase I visant à tester l’innocuité et l’immunogénicité du candidat vaccin TMV-083 (aussi appelé V591 ou anciennement MV-SARS-CoV-2) a débuté en France en août 2020. Il s’agit de la première administration chez l’homme du candidat vaccin qui a été mis au point par les chercheurs de l’Institut Pasteur, en partenariat avec la société autrichienne de biotechnologie Thémis dont le groupe pharmaceutique MSD a annoncé le rachat le 26 mai 2020, et avec le soutien de la CEPI, afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19.

Lire le communiqué de presse « Candidat vaccin MV-SARS-CoV-2 : un nouveau partenariat entre l’Institut Pasteur, la CEPI, Thémis et MSD ».

A la suite de résultats intermédiaires d’essai clinique de phase I, l’Institut Pasteur arrête le développement de ce candidat vaccin, basé sur le virus du vaccin contre la rougeole. L’Institut Pasteur poursuivra le développement d’autres candidats vaccins arrivés en fin de phase préclinique, et maintient sa forte mobilisation scientifique pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Lire le communiqué du 25 janvier 2021

Rappelons que le candidat vaccin TMV-083 / V591 est un vaccin à virus vivant atténué, le virus utilisé comme véhicule (ou vecteur) étant celui du vaccin contre la rougeole (MV) et l’antigène exprimé celui de la protéine Spike du virus SARS-CoV-2. La protéine Spike, « clé d’entrée » du virus dans la cellule, forme des spicules tout autour du virus.

L’Institut Pasteur est promoteur de cet essai clinique. Cet essai est mené en partie au Centre d’Investigation Clinique (CIC) Cochin-Pasteur situé à l’hôpital Cochin (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) et en partie en Belgique.

Au total, 90 volontaires sains participent à cette étude. Ils ont reçu deux doses du candidat vaccin et/ou d’un placebo. Les deux injections ont eu lieu à 28 jours d’intervalle, durée nécessaire pour permettre au système immunitaire d’identifier la présence du virus et d’y réagir. La majorité des volontaires sont évalués en double-aveugle, c’est-à-dire que ni les médecins ni les volontaires ne savent s'ils ont reçu le candidat vaccin ou le placebo.

Les résultats définitifs de l’essai, comprenant le suivi long terme des volontaires, sont attendus courant 2021. Lire le communiqué du 25 janvier 2021 sur l'arrêt du développement de ce candidat vaccin

Le vecteur rougeole, une technologie prometteuse dans d'autres maladies

Le candidat vaccin TMV-083 / V591 contre le SARS-CoV-2 s’appuie sur l’expertise de l’Institut Pasteur dans la construction de vaccins recombinants utilisant le « vecteur rougeole ». Le virus utilisé dans le vaccin contre la rougeole est ici utilisé comme un véhicule (ou vecteur), permettant la construction de vaccins recombinants exprimant des antigènes d’autres agents pathogènes (fragments de la dengue, de la fièvre de Lassa, ou d’autres virus de maladies émergentes…). Cette approche a été lancée au sein de l’ancienne unité de Génomique virale et vaccination à l’Institut Pasteur, devenue récemment le Laboratoire d'innovation : vaccins.

Cette « plateforme rougeole » a été choisie contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 car, en 2003, un précédent candidat vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-1, également conçu par les chercheurs de l’Institut Pasteur, basé sur ce même vecteur rougeole, était arrivé au stade de développement clinique, son efficacité avait été démontrée sur un modèle animal. Cependant, son développement n’a pas été poursuivi car l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), causée à l’époque par le virus SARS-CoV-1, s’était éteinte.

Cette même méthodologie, utilisant le vecteur rougeole a également été utilisé pour le développement d’autres vaccins. Un candidat vaccin contre le chikungunya est actuellement en essai clinique de phase III (les résultats des phases 1 et 2 ayant été publiées dans le Lancet) et des vaccins contre les infections par le virus Lassa, Zika et MERS sont aussi en développement.

 


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