Ebola Bundibugyo : lancement de l’étude TAMBUA à Mongbwalu pour identifier des infections passées
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L’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), l’Institut de recherche pour le développement (IRD), l’Institut de médecine tropicale d’Anvers (IMT) et l’Institut Pasteur (Paris) annoncent le lancement de l’étude TAMBUA, « reconnaître » en swahili (Targeted Assessment in Mongbwalu of Bundibugyo virus: Unrecognized infections and Associated exposures, Évaluation ciblée du virus Bundibugyo à Mongbwalu : infections non identifiées et expositions associées), dans la zone de santé de Mongbwalu.
L'étude est placée sous la responsabilité scientifique du Professeur Steve Ahuka, Manager Terrain de la riposte contre Ebola, avec Pr Antoine Nkuba Ndaye, médecin et virologue à l’INRB et Dr Jules Villa, anthropologue à l’Institut Pasteur comme co-investigateurs principaux.
Une épidémie dont les débuts restent à éclaircir
L’épidémie actuelle d’Ebola Bundibugyo a été annoncée le 15 mai 2026 en République Démocratique du Congo (RDC). Cette épidémie d’ampleur a été notifiée après une période de transmission par définition mal connue que cette étude permettra d’éclaircir. Les professionnels de santé ont été particulièrement affectés par l’épidémie. Les derniers chiffres publiés par l’OMS sur les infections de personnels soignants par Ebola Bundibugyo font état de 245 soignants dont l’infection a été confirmée depuis le début de la riposte.
Avant que l’épidémie ne soit confirmée, de nombreux soignants et patients à Mongbwalu ont présenté en série des signes que l’on peut rétrospectivement identifier comme évocateurs de symptômes de fièvre hémorragique virale. Nous avons perdu de trop nombreux soignants durant cette période. — Dre Asimwe, médecin coordinatrice terrain adjointe du projet TAMBUA
TAMBUA : reconnaître les survivants, comprendre la transmission
TAMBUA vise à identifier les personnes travaillant dans les centres de santé de Mongbwalu qui présentent des traces sérologiques d’une infection passée à Ebola Bundibugyo, et à comprendre dans quelles circonstances la transmission a pu se produire et quels modes d’expositions sont associés à l’infection. Le projet s’intéresse également à la circulation du virus dans la communauté avant que l’épidémie ne soit identifiée.
L’identification des survivants se déroule en plusieurs étapes : le remplissage d’un questionnaire épidémiologique, une prise de sang pour détecter la présence d’anticorps contre Ebola Bundibugyo au laboratoire national de l’INRB à Kinshasa, et le référencement des participants concernés vers le Programme National de suivi des Guéris.
Le suivi des guéris est une mesure essentielle de santé publique et de préparation à entreprendre pour prévenir de nouvelles chaînes de transmission. — Pr Antoine Nkuba, président de la commission du suivi des guéris
Une étude multidisciplinaire et multi-acteurs
Le développement et la mise en place de TAMBUA ont reposé sur un travail étroit entre les partenaires congolais et internationaux. Sous le leadership de l’INRB, différentes expertises ont été mobilisées : celle du laboratoire en collaboration avec les équipes de Martine Peeters (IRD) et Joachim Mariën (IMT) et celles de l’épidémiologie de terrain avec les équipes de Laurens Liesenborghs (IMT) et de l’Outbreak Investigation Task Force (OITF) de l’Institut Pasteur, qui a accompagné la rédaction du protocole de l'étude, la formation des équipes de terrain et la mise en place de l'étude. Alors que l’INRB est pleinement mobilisé pour répondre à l’urgence épidémique, l’institution a pu compter sur le soutien de ses partenaires internationaux de long terme pour mettre en place cette étude.
Je suis reconnaissant de voir cette conversation interdisciplinaire se matérialiser aujourd’hui après des mois de travail dans un contexte d’urgence sanitaire marquée. Centrer cette recherche sur Mongbwalu, un lieu aussi durement affecté par l’épidémie, me touche particulièrement. — Dr Jules Villa, anthropologue médical à l’Institut Pasteur
La préparation de TAMBUA a été un vrai travail d’équipe avec nos collègues à Mongbwalu. Leur expérience d’Ebola et leur connaissance du terrain ont été essentielles, dans un contexte où certains membres de l’équipe, leurs familles et leurs communautés ont eux-mêmes été touchés par l’épidémie. — Michael Casera, coordinateur de l’Outbreak Investigation Taskforce à l’Institut Pasteur
Une étude innovante à plusieurs titres
TAMBUA innove sur plusieurs plans : elle est la première étude Ebola réalisée à Mongbwalu, elle permettra de valider les tests diagnostiques sérologiques développés par l’IMT et l’IRD, et elle permettra aussi de valider l’algorithme d’orientation vers le Programme National des Guéris, qui pourrait ensuite être intégré au système national de surveillance et à la riposte.
Détecter des anticorps ne suffit pas : il faut savoir les interpréter. TAMBUA nous permet de tester et d’adapter nos analyses sérologiques à Ebola Bundibugyo pour mieux repérer les infections passées inaperçues. — Joachim Mariën, ITM
Cette étude permettra aussi de confirmer par la détection d’anticorps la présence de cas Ebola depuis début 2026, comme suggèrent les observations des investigations basés sur des entretiens et les analyses moléculaires du virus. — Martine Peeters, IRD
L’étude contribuera à enrichir les connaissances générales sur le virus Bundibugyo, encore relativement peu étudié par rapport aux autres filovirus.
Les partenaires remercient l’ensemble des participants, des soignants, des autorités sanitaires et toutes les personnes impliquées qui ont rendu possible cette étude.
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