Ulcère de Buruli : de nouvelles pistes pour la prévention…

L'ulcère de Buruli est une maladie cutanée très invalidante, en pleine émergence en Afrique de l'Ouest. Une étude sur les facteurs de risque de cette maladie vient d'être réalisée en zone d'endémie par le Centre Pasteur du Cameroun, en collaboration notamment avec des chercheurs de différentes équipes, en particulier de l'Institut Pasteur, à Paris. Ses résultats, publiés dans PLoS Neglected Tropical Diseases, confirment la présence de facteurs de risques déjà suspectés et suggèrent le rôle protecteur de l'utilisation de moustiquaires.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 19 décembre 2007

 

 

Déclaré maladie émergente par l’OMS en 1998, l’ulcère de Buruli est provoqué par une mycobactérie, Mycobacterium ulcerans. Cette maladie est devenue ces dernières années la troisième mycobactériose après la lèpre et la tuberculose. Elle sévit dans les zones intertropicales humides et se manifeste d’abord par un nodule et plus tardivement par de vastes ulcérations cutanées, causées par une toxine secrétée par M. ulcerans. Non traitées, les personnes atteintes présentent de graves handicaps : limitations importantes des mouvements articulaires et cicatrices invalidantes entre autres. Le traitement classique est principalement chirurgical, donc lourd et coûteux.

Pour identifier les facteurs de risque liés au développement de cette maladie encore mal connue et considérée comme « négligée », une importante étude cas-témoins a été menée au Cameroun par Sara Eyangoh (laboratoire des mycobactéries) et Régis Pouillot, (laboratoire d’Épidémiologie et de Santé Publique) du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé, en collaboration avec, différentes équipes, notamment l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur, à Paris.

Les résultats de cette étude apportent des données importantes pour la prévention de l’ulcère de Buruli. Ils ouvrent également des perspectives de recherche sur son mode de transmission, dont la méconnaissance limite aujourd’hui les possibilités de contrôle de la maladie, ainsi que sur son traitement.

Les caractéristiques et le mode de vie de patients atteints d’ulcère de Buruli et de personnes exemptes de la maladie (au total 168 « paires » d’individus) ont été comparés, dans une région endémique au Cameroun, dans les districts d’Akonolinga et d’Ayos, près du marais de Nyong.

Les facteurs de risque identifiés sont notamment : le contact avec des eaux stagnantes, le port de vêtements courts pendant des activités agricoles et le soin incorrect des plaies. Les facteurs protecteurs décrits sont l’utilisation de moustiquaires, le lavage fréquent des vêtements, la pêche dans les eaux du Nyong* et le soin correct des plaies avec des solutions antiseptiques.
Les auteurs concluent que « le rôle éventuel des moustiques ou d’autres insectes péri-domestiques dans la transmission de la maladie devrait être étudié ».

Si cette étude ouvre des perspectives en matière de connaissance du mode de transmission de la maladie, elle peut dès à présent déboucher sur des mesures de santé publique. En effet, comme le soulignent les auteurs : « Notre étude confirme que marcher dans les marécages et porter des vêtements courts lors des activités agricoles sont des facteurs de risque de l’ulcère de Buruli, et des messages de prévention peuvent désormais être apportés aux populations locales ».


___________________

Cette étude a reçu le financement de la Direction des affaires internationales de l’Institut Pasteur (Paris) (projet PTR 212), de l’Association Française Raoul Follereau, de l’Organisation Mondiale de la Santé/Global Buruli Ulcer Initiative, et de la Coopération française au Cameroun.

* Un précédent travail avait montré les propriétés protectrices de la salive de punaises aquatiques lors d’expositions répétées (voir notre communiqué du 27 février 2007).

Photo : pêcheur sur le fleuve Nyong au Cameroun /// © Centre Pasteur du Cameroun

Sources

« Risk factors for Buruli ulcer disease: a case-control study in Cameroon » : PLoS Neglected Tropical Diseases, 19/12/2007.
Régis Pouillot(1), Gonçalo Matias(1,2), Christelle Mbondji Wondje(3), Françoise Portaels(4), Nadia Valin(2), François Ngos(5), Adelaïde Njikap(6), Laurent Marsollier(7,8), Arnaud Fontanet(2), Sara Eyangoh(3).

1. Laboratoire d’Epidémiologie et de Santé Publique, Centre Pasteur du Cameroun, Yaoundé
2. Unité d’Epidémiologie des Maladies Emergentes, Institut Pasteur, Paris
3. Laboratoire des Mycobactéries, Centre Pasteur du Cameroun, Yaoundé
4. Mycobacterium Unit, Institut of Tropical Medicine, Antwerp, Belgique
5. Hôpital de District d’Akonolinga, Ministère de la Santé Publique, Yaoundé
6. Médecins Sans Frontières – Suisse, Yaoundé
7. Groupe d’Etude des Interactions Hôtes Parasites, Université d’Angers et CHU d’Angers, France
8. Equipe Avenir Inserm, Institut Pasteur de Corée, Séoul

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