Caroline Demangel de l'Institut Pasteur lauréate du Prix Georges, Jacques et Elias Canetti 2010

Caroline Demangel, directrice de recherche dans l'unité de Pathogénomique mycobactérienne intégrée de l'Institut Pasteur, est la 5ème lauréate du Prix Georges, Jacques et Elias Canetti. Créé en hommage à Georges Canetti, chercheur de l'Institut Pasteur qui consacra ses travaux à l'étude de la tuberculose, ce prix aura permis de soutenir depuis 2006 cinq chercheurs de l'Institut Pasteur étudiant cette maladie. D'un montant de 10 000 euros, il sera remis cette année à Caroline Demangel le 24 mars prochain à l'Institut Pasteur.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 24 mars 2010

 

 

Au sein de l’unité de Pathogénomique mycobactérienne intégrée de l’Institut Pasteur, Caroline Demangel est responsable d’un programme de recherche dont le but est de développer de nouvelles approches thérapeutiques contre la tuberculose, la lèpre et l’ulcère de Buruli, une maladie cutanée très invalidante, en pleine émergence en Afrique de l’Ouest.

Dans cet objectif, Caroline Demangel et son équipe cherchent à élucider les mécanismes de la pathogénicité des mycobactéries responsables de ces maladies : Mycobacterium tuberculosis, M. leprae et M. ulcerans, respectivement. Elle s’intéresse au rôle joué par certains lipides spécifiques de ces bactéries, notamment celui d’une toxine produite par M. ulcerans, la mycolactone, étroitement associée à la persistance des infections et à la gravité des ulcères de Buruli.

Ses travaux ont montré que la mycolactone était capable de réprimer la réponse immunitaire de l’hôte, en bloquant les propriétés fonctionnelles de cellules clés du système immunitaire. A l’heure où la multirésistance aux antibiotiques chez les mycobactéries devient préoccupante, une meilleure connaissance de ces processus pourra peut-être permettre d’identifier de nouvelles stratégies de lutte contre ces maladies.

A l’Institut Pasteur, les recherches sur la tuberculose regroupent des équipes de microbiologistes, de généticiens et d’immunologistes. Face à la recrudescence mondiale de cette maladie considérée par l’OMS comme une urgence sanitaire, leurs travaux visent à améliorer les moyens diagnostiques, à développer de nouvelles approches thérapeutiques et préventives. Dans ce contexte, le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti marque le soutien de Mme Françoise Canetti aux pasteuriens ayant contribué à développer des approches inédites dans les études menées sur la tuberculose et autres mycobactérioses.

Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti  

Le Prix Georges, Jacques et Elias Canetti, fruit de la donation des correspondances des trois frères à l’Institut Pasteur, est un hommage particulier au Pr. Georges Canetti (1911-1971).

Chercheur à l’Institut Pasteur, Georges Canetti consacra sa vie à l’étude de la tuberculose. Il fut notamment l’un des pionniers des traitements consistant à associer plusieurs antibiotiques (les bithérapies puis les trithérapies), mit au point une méthode d’antibiogramme toujours utilisée et découvrit une mycobactérie rare qui porte aujourd’hui son nom : Mycobacterium canetti.

Le « Prix Georges, Jacques et Elias Canetti » sera remis à l’Institut Pasteur le 24 mars 2010 par Françoise Canetti, fille de Jacques Canetti, en présence d’Alice Dautry, directrice générale de l’Institut Pasteur.

Les lauréats du Prix Georges, Jacques et Elias Canetti

Depuis 2006, le prix Georges, Jacques et Elias Canetti aura récompensé cinq chercheurs pasteuriens qui se sont illustrés par leurs travaux sur la tuberculose :

• 2006 Pedro Alzari, pour ses travaux visant à identifier et à caractériser de nouvelles cibles thérapeutiques contre la tuberculose.

• 2007 Roland Brosch, pour ses recherches sur la mise au point d’un vaccin plus protecteur que l’actuel BCG.

• 2008 Brigitte Gicquel, pour ses recherches sur les interactions entre le bacille de la tuberculose et les cellules de l’hôte infecté en vue de développer des moyens de prévention et de traitement.

• 2009 Lluis Quintana-Murci, pour son étude mettant en évidence un facteur génétique de protection contre la tuberculose.

• 2010 Caroline Demangel, pour ses travaux améliorant la compréhension des interactions entre mycobactéries et système immunitaire de l’hôte.

La tuberculose en bref

La tuberculose tue près 2 millions de personnes chaque année dans le monde. L'épidémie de sida et l'émergence de bacilles multirésistants aux antibiotiques contribue à aggraver l'impact de cette maladie, considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme responsable d'une épidémie mondiale de plus en plus dangereuse et comme une urgence sanitaire au niveau planétaire.

Il existe aujourd’hui un traitement efficace contre cette infection, constitué d’une association de quatre antibiotiques. Mais il s'agit d'un traitement lourd, qui doit être suivi au minimum pendant 6 mois. De plus, la résistance de plus en plus importante aux antituberculeux et l'émergence de multirésistances risquent de le mettre en échec dans plusieurs régions du monde.

Il est aujourd’hui crucial de rechercher de nouvelles thérapeutiques contre la tuberculose et de mettre au point un vaccin plus efficace que le BCG (le bacille de Calmette et Guérin, obtenu par ces deux chercheurs pasteuriens en 1921). Car, si le BCG reste très utile pour prévenir les formes graves de tuberculose chez l’enfant, il ne protège l’adulte que dans un cas sur deux…

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