Insuffisance ovarienne : une cause génétique identifiée

Des chercheurs de l'Institut Pasteur viennent d'identifier des mutations génétiques à l'origine de cas d'insuffisance ovarienne, terme qui regroupe des troubles variés affectant la fertilité des femmes, de l'absence d'ovaires ou de puberté à la ménopause précoce. Cette découverte, publiée dans The New England Journal of Medicine, ouvre la voie à de nouvelles possibilités diagnostiques, et au conseil génétique.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 26 février 2009

 

 

L’insuffisance ovarienne est due à des problèmes affectant le développement et le fonctionnement de l’ovaire, qui peuvent se manifester par l’absence pure et simple des ovaires, ou par l’absence de puberté, ou ultérieurement par une ménopause précoce.

Elle concerne au minimum 1% de la population féminine. Des facteurs comme l’auto-immunité et l’environnement peuvent jouer un rôle dans ce trouble, mais dans la majorité des cas, la cause est inconnue.

Des recherches, menées par Anu Bashamboo dans l’unité de Génétique du développement humain, dirigée par Ken McElreavey à l’Institut Pasteur, ont identifié et expliqué une cause génétique majeure dans certains cas d’insuffisance ovarienne.

Cette équipe travaille sur les mécanismes fondamentaux du déterminisme du sexe. Les chercheurs ont identifié et étudié des familles touchées par des troubles du développement testiculaire. L’analyse de ces familles a montré divers problèmes de développement et de fonction des ovaires chez certaines femmes d’une même famille. L’étude génétique a permis d’identifier chez ces femmes des mutations différentes dans un gène particulier nommé NR5A1. Ce gène joue un rôle-clé dans le développement sexuel. Il ne contrôle pas seulement la formation du testicule et de l’ovaire mais intervient aussi dans la régulation de la biosynthèse des hormones produites par ces gonades. D’où l’impact important de mutations au sein de NR5A1.

L’équipe a  également retrouvé la présence de mutations de ce gène dans des cas sporadiques, chez 2 individus sur 25 cas d’insuffisance ovarienne  étudiés.

"Cette étude montre comment la recherche sur un aspect primordial de la biologie du développement, tel le déterminisme du sexe, peut avoir des retombées cliniques", explique Ken McElreavey. On pourra à l’avenir proposer un diagnostic basé sur la recherche des mutations du gène NR5A1. Un conseil génétique chez les femmes porteuses de ces mutations – à risque de stérilité -  pourrait ainsi être instauré."

Quelle est la fréquence de ces mutations génétiques dans les cas d’insuffisance ovarienne ? Il est encore trop tôt pour le dire, et des études sur un nombre important de femmes devront être menées pour répondre à cette question. Mais les résultats préliminaires des chercheurs de l’Institut Pasteur suggèrent que les mutations du gène NR5A1 sont impliquées dans une proportion significative des cas d’insuffisance ovarienne.

Source

Mutations in NR5A1 associated with ovarian insufficiency, The New England Journal of Medicine, 26 février 2009.
Diana Lourenço, B.Sc., Raja Brauner, M.D., Ph.D., Lin Lin, Ph.D., Arantzazu De Perdigo, M.D., Ph.D.,10 Georges Weryha, M.D., Ph.D., Mihaela Muresan, M.D., Ph.D., Radia Boudjenah, M.S., Gil Guerra- Junior, M.D., Ph.D., Andréa T. Maciel-Guerra, M.D., Ph.D., John C. Achermann, M.D., Ken McElreavey, Ph.D., and Anu Bashamboo, Ph.D.

Unité de Génétique du développement humain, Institut Pasteur (D.L., R. Boudjenah, K.M., A.B.) and Université Paris Descartes and Assistance Publique Hôpitaux de Paris (R. Brauner) — Paris; Hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre, France (R. Brauner); the Developmental Endocrinology Research Group, Clinical and Molecular Genetics Unit, UCL Institute of Child Health, London (L.L., J.C.A.); Laboratoire de Cytogénétique, Luxembourg (A.D.P.); Service d’Endocrinologie, Centre Hospitalier Universitaire Braboi, Vandoeuvre-lès-Nancy, France (G.W.); Unité d’Endocrinologie, Hôpital N.-D. de Bon Secours, Metz, France (M.M.); and the Departments of Pediatrics (G.G.-J.) and Medical Genetics (A.T.M.-G.), Faculty of Medical Sciences, University of Campinas, Campinas, Brazil.

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