Création d'une Chaire Françoise Barré-Sinoussi. La Fondation Total renforce son soutien à l'Institut Pasteur

Après une première convention de mécénat en 2005, la Fondation Total renouvelle son engagement auprès de l'Institut dans la lutte contre les maladies infectieuses en prolongeant son soutien engagé depuis cinq ans. Ce nouvel accord, signé le 15 juin, marque pour la Fondation Total et l'Institut Pasteur la volonté commune de poursuivre un partenariat de qualité au service de la lutte contre les maladies infectieuses. Ce nouveau financement, d'un montant de 10 millions d'euros, sera ainsi consacré dans les cinq années à venir à la création d'une Chaire Françoise Barré-Sinoussi pour la formation et la recherche sur le VIH/sida, au financement de programmes de recherche en matière de lutte contre les maladies infectieuses et à des actions de terrain, notamment contre les maladies sexuellement transmissibles.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 16 juin 2010

 

 

Le renouvellement de ce partenariat revêt trois dimensions :

La création de la Chaire Françoise Barré-Sinoussi pour la lutte contre le VIH/sida
Lors de la signature de la première convention de mécénat de 2005, le Pr Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse à l’Institut Pasteur récompensée en 2008 par le Prix Nobel de Médecine pour la découverte du VIH, a été choisie pour conseiller et suivre les programmes et les actions soutenues par la Fondation Total.

La création de cette chaire prévoit ainsi le financement des programmes de formation et de recherche sur les mécanismes de protection contre le VIH. La Chaire s’installera dans le Centre de Biologie Intégrative des Maladies Emergentes, en cours de construction sur le campus de l’Institut Pasteur. Le soutien de la Fondation Total pour cette Chaire représente 800 000 euros par an.

Le soutien à des programmes de recherche dans le domaine des maladies infectieuses
La Fondation Total participera au financement de programmes de recherche, comprenant notamment des programmes transversaux impliquant plusieurs équipes de l’Institut Pasteur, ainsi que des travaux de groupes de jeunes chercheurs. La somme annuelle de 200 000 euros sera affectée au soutien de ces programmes.

La participation au financement d'actions de terrain
La Fondation Total et l’Institut Pasteur mettront en place, principalement dans les pays non-OCDE dans lesquels le groupe Total exerce ses activités, des actions de terrain. Celles-ci porteront notamment sur la formation de professionnels de santé, d’éducateurs et d’enseignants, en particulier en matière de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles.

L’Institut Pasteur apporte à la Fondation Total son expertise scientifique dans le choix et l’accompagnement de ces actions, qui recevront une aide financière de la Fondation Total d’un montant global annuel d’un million d’euros.

« Nous sommes heureux de démarrer un second partenariat quinquennal dans une démarche originale, qui s’étend de la recherche aux soins en passant par la formation des acteurs dans les pays où l’Institut Pasteur et le groupe Total sont présents. Nous sommes particulièrement honorés que le Pr Françoise Barré-Sinoussi associe son nom à ce partenariat » explique Thierry Desmaret, président de la Fondation Total.

« Depuis cinq ans, notre partenariat a gagné en confiance et en puissance, car nous nous connaissons d’avantage, souligne le Pr. Alice Dautry, directrice générale de l’Institut Pasteur. L’intensification de l’engagement de la Fondation Total à nos côtés représente un encouragement essentiel pour nos chercheurs à poursuivre leurs missions au service des hommes et de leur santé ».

La Fondation Total

Créée en 1992, la Fondation Total intervient depuis 2008 dans trois grands domaines d’action : la SOLIDARITE (santé et éducation), l’ENVIRONNEMENT (biodiversité marine) et la CULTURE (patrimoine et grandes expositions). En France et hors de France, elle apporte sa contribution à des projets conçus avec ses partenaires (associations, institutions, ONG), et à ses initiatives proposées par les collaborateurs de Total dans le domaine de la solidarité et de l’environnement.
www.fondation.total.com

L'Institut Pasteur

Centre de recherche biomédicale de renommée internationale, l’Institut Pasteur créé en 1887 par Louis Pasteur, est une fondation privée reconnue d’utilité publique. Il a pour mission de contribuer à la prévention et à la lutte contre les maladies, en France et dans le monde, par la recherche scientifique et médicale, l’enseignement et des actions de santé publique. Près de 2600 personnes travaillent sur son campus à Paris. Parallèlement à des recherches sur le fonctionnement du vivant, une grande partie de ses travaux sont consacrés à l’étude des maladies infectieuses, de maladies génétiques, neuro-dégénératives ou de certains cancers. L’Institut Pasteur est au cœur d’un Réseau international qui regroupe 32 instituts sur les 5 continents. Depuis sa création, 10 chercheurs ont reçu le Prix Nobel de Médecine.

2005-2010 : trois exemples de projets financés

Étude et prévention des diarrhées infantiles à Madagascar

Dans le monde, les diarrhées infectieuses représentent la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de moins de cinq ans. Grâce au soutien de la Fondation Total, un projet impliquant la collaboration des Instituts Pasteur de Madagascar et de Paris a permis la mise en place à Madagascar d’une infrastructure intégrée de soins et de recherche, avec notamment la construction d’un dispensaire dont les travaux devraient s’achever fin 2010.

Situé à Moramanga, à l’est de Tananarive, ce site se veut à la fois centre de diagnostic, de soins et de prévention, mais également structure avancée de recherche sur les complications aiguës et chroniques des diarrhées graves. Il assurera de ce fait formation de médecins et de scientifiques. Une douzaine de personnes y travaillent actuellement.

La morbidité et la mortalité liées à ces maladies proviennent des retards dans le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. L’un des axes du projet concerne donc le développement d’outils de diagnostic rapide – moins de 10 minutes au chevet du malade - robustes et peu onéreux. Ils se présentent sous la forme de bandelettes immunochromatographiques permettant le diagnostic du pathogène responsable après mise en contact direct avec les selles du malade. A terme, l’objectif est de développer des tests permettant le diagnostic simultané des principaux agents responsables des diarrhées graves.

Ce programme vise également à mieux comprendre le processus de ces maladies, en particulier leur impact sur la nutrition, donc sur le développement de l’enfant et à mieux définir les approches préventives et thérapeutiques à mettre en oeuvre. Un projet jumeau est sur le point d’être débuté en République Centrafricaine, avec le concours de l’Institut Pasteur de Bangui.

Prévention du VIH/sida auprès des transporteurs-routiers au Maroc

Du fait de l’éloignement familial et de la grande mobilité qu’impose leur métier, les routiers représentent une population particulièrement vulnérable au VIH. Ils peuvent également constituer un vecteur de risque pour les professionnelles du sexe qu’ils fréquentent mais aussi pour leurs femmes une fois rentrés à la maison. Une étude menée en 2007 par l’Association marocaine de lutte contre le sida (ALCS) a montré que seuls 6,8% des routiers marocains ont une bonne connaissance des moyens de transmission du virus du sida alors que 87,5% d’entre eux ont des comportements à risque.
L’ALCS et les Institut Pasteur de Paris et du Maroc ont donc souhaité s’associer autour d’un projet d’information, de prévention et de dépistage, sur les sites de regroupement des routiers. Ce projet a pu voir le jour en 2007, grâce au financement conjoint de la Fondation Total et du Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose.

Un vaste programme de prévention à destination des transporteurs routiers et des professionnelles du sexe qu’ils fréquentent a été mis en place sur les aires de repos du principal axe routier marocain, entre Tanger et Guelmim,. Au cœur du dispositif, des opérations de sensibilisation à l’infection au VIH, d’information sur les modes de transmission et de prévention ainsi que la possibilité d’un dépistage anonyme et gratuit du VIH mais aussi d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

Fin mars 2010, le projet avait permis de sensibiliser plus de 46 000 bénéficiaires. 9493 tests de dépistage ont été réalisés et plus de 1400 consultations sur les infections sexuellement transmissibles (IST) données.

Une puce à ADN pour détecter des virus émergents

Les chercheurs de l’unité d’Epidémiologie et physiopathologie des virus oncogènes (Institut Pasteur/CNRS), dirigée par Antoine Gessain, et de la Cellule d’intervention biologique d’urgence, dirigée par Jean-Claude Manuguerra, ont, dans le cadre d’un vaste travail collaboratif au sein de l’Institut Pasteur, mis au point une puce à ADN permettant la détection et l’identification d’un virus ou d’une bactérie parmi un très large spectre d’agents infectieux dans des situations cliniques complexes.

La biopuce développée permet de sonder simultanément une multitude de gènes cibles définis au préalable pour un ou plusieurs agents pathogènes, et ce en une seule étape – moins de 24h –. Dans le cadre de l’épidémie de grippe A(H1N1), la technique a par exemple pu révéler rapidement la présence du variant viral dans les échantillons cliniques.

Si de telles biopuces ne sont pas conçues à des fins diagnostiques au niveau individuel, leur utilisation, en permettant d’identifier rapidement l’agent pathogène en cause, pourrait néanmoins, dans le cas de prochains contextes épidémiques, assister les autorités de santé dans la prise de décisions, notamment concernant les mesures de riposte à prendre pour lutter contre le phénomène épidémique ainsi que, le cas échéant, le traitement des patients. Le développement de cet outil va être poursuivi avec la réalisation d’une nouvelle génération de puces, dont les capacités d’identification des agents viraux impliqués, aussi bien dans les pathologies humaines qu’animales, vont être accrues.

Les programmes financés depuis 2005

La convention de mécénat signée en 2005 avec l’Institut a permis, avec l’aide d’autres partenaires, la participation au financement de programmes à la fois en amont et sur le terrain.
 

Les programmes menés à l'Institut Pasteur

- étude de la réponse immunitaire face au virus de l’hépatite C
- diagnostic d’urgence des diarrhées infantiles (voir plus bas)
- mise au point d’un candidat-vaccin contre la dengue
- étude de l’apoptose, ou mort cellulaire programmée, en réponse à des infections
- détermination de la structure 3D de la protéine d’enveloppe du virus de l’hépatite C – implication dans le domaine de la vaccinologie
- détection d’agents viraux émergents (voir plus bas)
- transmission du paludisme par le moustique vecteur
- le rôle de la variabilité génétique au sein des populations virales – implications dans le domaine de la vaccinologie

Les programmes menés dans les pays du Sud

- prévention du VIH/sida auprès des transporteurs-routiers au Maroc (voir plus bas)
- accompagnement de la prise en charge médicale et psychosociale des enfants infectés par le VIH/sida au Cameroun (projet PEDIACAM)
- recherche, prévention et éducation sur les hépatites B et C en Chine
- étude et prise en charge des diarrhées infantiles à Madagascar (voir plus bas)
- étude et prévention de la transmission du VIH par le lait maternel en Afrique du Sud, au Burkina-Faso, en Ouganda et en Zambie (projet PROMISE)
- étude de la co-infection tuberculose-sida au Vietnam

Contacts presse

Fondation Total
Elisabeth de-Réals, Secrétaire générale – 01 47 44 51 55 – elisabeth.de-reals@total.com
Sandrine Lagache, chargée de Communication - 01 47 44 82 14 – sabrina.lagache@total.com

Institut Pasteur
Sylvain Coudon, directeur de la Communication et du mécénat – 01 44 38 94 81 – scoudon@pasteur.fr
Nadine Peyrolo, chef du service de Presse – 01 45 68 81 47 – presse@pasteur.fr