Nos inventions et innovations
De la découverte au patient : l'innovation au cœur de la mission de l’Institut Pasteur
Notre mission est de transformer une découverte scientifique en solution de santé, accessible aux patients, partout dans le monde. Notre modèle repose sur une recherche fondamentale à "double inspiration" : guidée à la fois par la curiosité scientifique et par ses applications potentielles pour la santé.
Quand la science change des millions de vies : retour sur nos brevets phares et leur impact en santé
Le vaccin VLP contre l'hépatite B - Combattre une épidémie silencieuse depuis 1981
Dans les années 1970-80, l'hépatite B touche de manière insidieuse 300 millions de personnes dans le monde. En étudiant la biologie moléculaire du virus de l’hépatite B (HBV), maladie pouvant causer la cirrhose et le cancer du foie, les équipes de l’Institut Pasteur comprennent que la protéine de surface du virus (HBsAg) s’assemble spontanément en particules vides (Virus-Like Particles).
Cette découverte fondamentale sur la structure virale conduit les équipes à développer une technologie de production des particules de surface, brevetée au début des années 80. Elle ouvre la voie à l'un des vaccins les plus utilisés au monde.
Selon l'OMS, le vaccin contre l’hépatite B a permis d’éviter plus de 310 millions d'infections entre 1990 et 2020, tout en réduisant drastiquement les cancers du foie, première cause de décès par cancer dans de nombreux pays.
Les tests de dépistage du VIH, une véritable révolution pour la santé mondiale (1983-1986 – aujourd’hui)
En 1983, des scientifiques de l’Institut Pasteur isolent pour la première fois le virus du sida (VIH-1) puis, en 1986, le VIH-2. Une percée scientifique historique, née d'une urgence sanitaire absolue pour sauver les personnes séropositives et les malades du SIDA.
En brevetant les caractéristiques moléculaires de ces virus, l'Institut Pasteur permet le développement de tests de dépistage fiables, qui sont rapidement déployés à grande échelle pour sécuriser les banques de sang mondiales.
Depuis 1985, des milliards de tests ont été réalisés dans le monde, évitant ainsi la transmission du virus par transfusion sanguine et sauvant des millions de vies.
Le dépistage des papillomavirus HPV à haut risque - Mieux détecter pour mieux protéger (depuis 1994)
Le cancer du col de l'utérus est causé dans la majeure partie des cas par certaines souches du papillomavirus humain (HPV). Dans les années 90, des chercheuses et chercheurs de l'Institut Pasteur identifient précisément les génotypes responsables de cette maladie (HPV 16, 18…) et développent des méthodes de détection moléculaire (PCR, hybridation), brevetées en 1994. Comprendre la physiopathologie de ces virus permet de cibler les tumeurs avant même qu’elles n’apparaissent.
Des tests de dépistage primaire ont ainsi pu voir le jour, plus efficaces que le traditionnel frottis cervical. En France, aujourd'hui, 3 millions de femmes sont ainsi dépistées chaque année. Dans les pays ayant généralisé ces tests, la mortalité par cancer du col a diminué de 30 à 50 %.
Le premier test de diagnostic rapide de la dengue - Une course contre la montre depuis 1999
La dengue - un flavivirus transmis par les moustiques -, responsable de centaines de millions d'infections chaque année -, est l'une des maladies tropicales les plus répandues. À la fin des années 1990, un constat s'impose : le diagnostic ne peut être posé qu'après la guérison du patient, rendant toute prise en charge précoce impossible.
Dans le cadre de leurs recherches fondamentales, nos scientifiques découvrent que la protéine NS1 du virus est libérée en grande quantité dans le sang dès les premiers jours de l'infection ; une avancée médicale majeure pour diagnostiquer les infections aigues. Ce marqueur biologique a été breveté en 1999, et une collaboration industrielle a abouti, en 2006, à un test commercialisé dans le monde entier, validé cliniquement en un temps record grâce au réseau mondial du Pasteur Network.
Aujourd'hui référence mondiale (gold standard), ce test permet de détecter la dengue dès le premier jour d'hospitalisation, d'identifier à temps les formes les plus graves de la maladie telle que la dengue avec syndrome de choc et ainsi de sauver des vies, notamment dans les hôpitaux des zones tropicales.
Thérapies géniques - Guérir là où rien n'était possible (depuis 2003)
En étudiant le fonctionnement des rétrovirus comme le VIH, une équipe de chercheuses et chercheurs de l'Institut Pasteur détectent un élément structurel clé - le « DNA Flap » - une séquence spécifique qui optimise l'entrée du matériel génétique dans le noyau cellulaire. Cette découverte fondamentale pour la virologie permet de concevoir des vecteurs lentiviraux ultra-performants, capables de corriger des gènes défectueux dans les cellules.
Brevetée en 2003 et licenciée à un partenaire industriel en 2011, cette technologie a conduit à l'approbation, aux États-Unis, de plusieurs traitements porteurs d’espoir pour :
- la leucémie lymphoblastique aiguë réfractaire (2017) ;
- le myélome multiple réfractaire (2021) – un cancer de la moelle osseuse en rechute ;
- l'adrénoleucodystrophie cérébrale - une maladie neurologique dégénérative rare touchant les jeunes garçons ;
- la bêta-thalassémie (anémie sévère) et la drépanocytose (maladie génétique héréditaire touchant les globules rouges).
Ces traitements représentent une rupture thérapeutique majeure contre des maladies pour lesquelles il n'existait jusqu'alors aucune solution durable.
Covid-19 : développement des premiers diagnostiques sérologiques et hospitaliers en France (2020)
Dès janvier 2020, face à l'émergence d'un coronavirus inconnu (SARS-CoV-2) en Chine, les équipes du Centre National de Référence (CNR) des Virus respiratoires de l'Institut Pasteur mobilisent leur expertise fondamentale acquise sur les coronavirus (SARS, MERS). En quelques jours, ils développent un test de diagnostic moléculaire (RT-PCR) spécifique et ultrasensible, capable de détecter le virus dès les premiers stades de l'infection.
Cette prouesse technique repose sur une décennie de recherche fondamentale sur la génétique virale et les méthodes d'amplification. Face à l'urgence sanitaire absolue, il faut tester pour contenir la pandémie.
Plutôt que d'exploiter commercialement le brevet de ce test, l'Institut a pris une décision forte : publier le protocole gratuitement dès le 23 janvier 2020 et le partager avec l'OMS comme standard de référence mondial dès février 2020. Cette décision éthique a permis à des centaines de laboratoires hospitaliers français et mondiaux de disposer immédiatement d'un outil fiable, avant même l'arrivée des kits commerciaux.
Des millions de tests ont ainsi pu être réalisés en France dès les premières semaines de l'épidémie, sauvant des vies par la détection précoce et le traçage des chaînes de transmission, alors que le pays manquait de dépistage.
Dans ce cas précis, l'Institut Pasteur a volontairement renoncé à des revenus de licences qui auraient pu être bien plus significatifs, ceci pour rendre immédiatement disponible le protocole et privilégier la santé publique mondiale.
AVATAR MEDICAL : observer la complexité anatomique du corps humain (2020)
Et si un chirurgien pouvait explorer en trois dimensions l'anatomie d'un patient avant même d'entrer au bloc opératoire ?
Dans les années 2018-2020, les recherches sur les interactions Homme-machine menées au sein de l’Institut Pasteur et en collaboration avec des cliniciens de l’Institut Curie conduisent à une innovation algorithmique majeure : des méthodes de machine learning (algorithmes utilisant des modèles statistiques pour faire des prédictions et des classifications) capables de convertir instantanément des images médicales 2D (IRM, scanners) en modèles 3D ultra-précis, sans perdre l’information brute.
Ce procédé de virtualisation fait l’objet d’un brevet, et une spin-off (entreprise créée à partir des connaissances et technologies issues de la recherche), Avatar Medical, est officiellement lancée en juillet 2020. En 2025, la solution « Avatar Medical Vision » obtient le marquage CE, autorisant son déploiement hospitalier en Europe.
Cet outil de réalité virtuelle génère des « avatars » de patients en 3D à partir des données d’imagerie standard, permettant :
- en consultation : d’aider les patients à mieux comprendre leur pathologie et leur plan de traitement ;
- lors des réunions interdisciplinaires : de faciliter la collaboration entre praticiens ;
- pour la planification chirurgicale : d’optimiser la préparation des interventions ;
- pendant la chirurgie : d’offrir un support précieux aux équipes médicales.
Une innovation née dans un laboratoire de recherche… au service de la salle d'opération !
Enodia Therapeutics et les mécanismes de réparation de l’ADN (2025)
Issue des laboratoires de l'Institut Pasteur, Enodia Therapeutics est une start-up spécialisée dans le développement de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les mécanismes de réparation de l’ADN, avec des applications attendues notamment en oncologie pour des traitements plus précis et plus efficaces contre le cancer.
Des candidats vaccins prometteurs pour combattre le chikungunya, les fièvres hémorragiques et le paludisme (2026)
Trois projets de vaccins codéveloppés par l'Institut Pasteur atteignent des phases décisives en 2026.
Leur cible : le chikungunya, les fièvres hémorragiques et le paludisme, des maladies potentiellement mortelles, encore trop souvent négligées ou sans traitement efficace.
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Un vaccin contre le chikungunya pensé pour les pays les plus touchés
L'Institut Pasteur a développé un candidat vaccin basé sur une technologie innovante brevetée : un vecteur dérivé du vaccin contre la rougeole.
Ce vaccin a déjà franchi avec succès les essais cliniques de phases I et II, et la phase I/III est actuellement en préparation. Il est conçu pour pouvoir être produit localement dans les régions les plus exposées, en Afrique et en Amérique du Sud.
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Deux vaccins contre les fièvres hémorragiques virales
Grâce à la plateforme technologique MOPEVAC, dédiée à la préparation aux pandémies, deux vaccins sont en cours de développement :
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Un vaccin pentavalent capable de protéger contre cinq fièvres hémorragiques d'Amérique du Sud en une seule injection.
- Un vaccin contre la fièvre de Lassa, maladie endémique en Afrique de l'Ouest, également efficace contre d'autres arénavirus.
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Des vaccins à ARN messager de nouvelle génération contre le paludisme
Enfin, l'Institut Pasteur travaille sur des vaccins à ARNm contre le paludisme, conçus pour cibler plusieurs stades du parasite afin d'offrir une protection renforcée. Grâce à l'obtention de financements récents, ces recherches vont pouvoir entrer dans une nouvelle phase d'étude.