Fiche maladie

Encéphalite à tiques

L’encéphalite à tiques est une maladie virale responsable de symptômes neurologiques potentiellement graves (paralysie, convulsion), transmise principalement par la piqûre de tiques infectées. Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire, en progression en Europe et en France, notamment dans les régions Grand-Est et Auvergne Rhône-Alpes.
  • Plus de 3 000 cas

    d’encéphalites liées aux tiques chaque année en Europe.

  • Jusqu’à 40%

    des cas symptomatiques peuvent conserver des séquelles neurologiques à long terme.

Quelles sont les causes ?

L’encéphalite à tiques est une maladie infectieuse virale due au virus de l’encéphalite à tiques (TBEV), un flavivirus.

Il s’agit d’une zoonose (infection transmissible des animaux à l'être humain) endémique de vastes régions d’Europe centrale et orientale, de Scandinavie, de Russie et d’Asie du Nord (Nord du Japon, Chine...). La maladie est étroitement liée à des facteurs environnementaux, climatiques et comportementaux (activités de plein air, professions exposées). Dans plusieurs pays européens, une augmentation de l’incidence a été observée, en lien avec l’extension des zones d’habitat des tiques.

Après la piqûre, le virus se multiplie localement et se diffuse dans l’organisme. L’encéphalite à tiques peut rester asymptomatique ou évoluer vers une atteinte du système nerveux central. 

Quels sont les symptômes ?

L’infection ne provoque généralement pas de symptômes. Dans le cas contraire, on observe une évolution en deux phases après une incubation moyenne d’une à deux semaines.

La première phase se manifeste par un syndrome pseudo-grippal, avec des symptômes comme de la fièvre, des frissons, une fatigue intense, des douleurs musculaires (myalgies) ou encore des maux de tête (céphalées).

Chez une partie des patients, une seconde phase survient avec une atteinte neurologique : méningite, encéphalite ou méningo-encéphalite, parfois associée à des troubles de la conscience, des déficits neurologiques focaux ou encore des paralysies.

Les signes cliniques de l’atteinte centrale sont la prostration ou l’agitation, des tremblements, des troubles du comportement, des troubles de la vigilance ou de la conscience, parfois des convulsions ou le coma. Le décès est rare parmi les cas recensés en France (< 1 % de décès), mais les séquelles, principalement paralysies et troubles du comportement, peuvent atteindre jusqu’à 40 % des cas. 

Comment se transmet le virus ?

Le virus responsable de l’encéphalite à tiques est transmis principalement par la piqûre de tiques infectées (Ixodes ricinus en Europe de l’ouest). Plus rarement, la transmission survient par la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés provenant d’animaux porteurs du virus, notamment les chèvres et les brebis.

Aucune transmission interhumaine n’est recensée à ce jour.  

Comment diagnostiquer la maladie ?

Le diagnostic repose sur le contexte d’exposition (activité en zone à risque, piqûre de tique) et le tableau clinique neurologique. Un test sérologique permet la mise en évidence d’anticorps spécifiques (IgM et IgG) dans le sang et/ou le liquide céphalo-rachidien. L’imagerie cérébrale peut également être utilisée pour évaluer la gravité ou éliminer d’autres diagnostics. 

Quels sont les traitements ?

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le virus de l’encéphalite à tiques. La prise en charge est uniquement symptomatique et repose sur le traitement de la fièvre et de la douleur, l’hospitalisation et la surveillance neurologique. Les formes sévères peuvent nécessiter une prise en charge en soins intensifs. Des séquelles neurologiques persistantes sont possibles.  

Comment prévenir l’infection ?

La vaccination et la prévention des piqûres représentent les moyens de protection les plus efficaces pour prévenir la maladie.

La vaccination diminue le risque individuel de contracter le virus, et prévient les formes cliniques les plus graves.  Elle est particulièrement recommandée pour les personnes situées en zones endémiques, ainsi que pour les celles exposées en raison de leur profession (agriculteurs, sylviculteurs...) ou leurs loisirs.

Les mesures de protection individuelle contre les piqûres de tiques sont essentielles : port de vêtements couvrants, répulsifs, inspection cutanée après situation à risque (balade en forêt par exemple), retrait rapide des tiques avant piqûre.

La consommation de lait cru non pasteurisé doit être évitée en zone à risque. 

Combien de personnes touchées ?

On recense entre 5 000 à 13 000 cas d’encéphalite à tiques chaque année dans le monde, avec une incidence variable selon les régions et les saisons. Elle fait l’objet d’une surveillance continue par Santé Publique France.

En France, une trentaine de cas sont diagnostiqués chaque année. 

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