Renforcement de la Sécurité Sanitaire dans la Région Indopacifique
Haut lieu d’échanges et de circulations, l’arc indopacifique rencontre d’importants défis en matière de sécurité sanitaire. Des facteurs comme la croissance démographique rapide, le développement économique et le changement climatique ont profondément modifié les écosystèmes naturels, conduisant à l’émergence ou à la réémergence de maladies infectieuses, dont nombres sont d’origine animales (maladies zoonotiques). En se basant sur une décennie d’activités grâce au projet Ecomore, le réseau ECOMORE qui en découle, étudiera la circulation des maladies zoonotiques et à transmission vectorielle prioritaires en Asie du Sud-Est selon une approche « Une Seule Santé ». A plus grande échelle, la sécurité sanitaire vise à être renforcée sur l’ensemble de la zone Indopacifique grâce au rapprochement du réseau Ecomore avec deux autres réseaux de santé publique couvrant les zones Océan Indien et Océan Pacifique.
- Institut Pasteur (Paris)
- Institut Pasteur du Cambodge
- Institut Pasteur du Laos
- RITM (Philippines)
- NIHE
- Institut Pasteur de Nha Trang
- Institut Pasteur d’Hô Chi Minh
- SEGA OH (Communauté Océan Indien)
- ROSSP (Communauté du Pacifique)
- Agence française de Développement (AFD)
- Institut Pasteur
- Cambodge
- Laos
- Phillipines
- Vietnam
En cours
En Asie du Sud-Est, la déforestation, l’intensification de l’élevage industriel, le commerce de la faune sauvage et la mondialisation des échanges contribuent à l’émergence et à la propagation des maladies. L’impact de la crise climatique exacerbe ces transformations épidémiologiques : la hausse des températures et la multiplication des événements météorologiques extrêmes étendent l’aire géographique des maladies infectieuses et en modifient la saisonnalité. Ainsi, on observe depuis 20 ans, une augmentation de la fréquence des épidémies, incluant des flambées de dengue, de Zika, et de chikungunya.
Mieux comprendre la transmission des maladies transmises par les animaux ou les vecteurs en intégrant les données climatiques
En se basant sur une décennie d'activités et de collaborations, le réseau ECOMORE vise à renforcer la préparation et la riposte régionale face aux maladies infectieuses émergentes, en étudiant la circulation des maladies prioritaires transmises par des animaux ou par des insectes (vecteurs), selon une approche intégrée « Une seule santé ». Il mobilisera des méthodes diagnostiques de laboratoire innovantes, identifiera les vecteurs et réservoirs clés tout en intégrant des données environnementales et climatiques afin de mieux comprendre la transmission et la dynamique des pathogènes ciblés.
Au-delà du renforcement des synergies et des collaborations à l’échelle régionale entre instituts partenaires, ce projet One Health produira des connaissances pour formuler des recommandations en santé humaine et animale, en constituant des bio-banques et des bases de données étendues et multisectorielles.
Ces données seront cruciales pour fournir aux autorités sanitaires nationales des informations pertinentes sur la charge et les dynamiques de transmission des agents pathogènes dans leurs pays, facilitant une approche de précision pour mettre en œuvre des interventions de santé publique ciblées en temps opportun. Prises collectivement, ces données probantes amélioreront la capacité de la région à atténuer l’impact des maladies infectieuses prioritaires et appuieront une planification de santé publique à long terme.
Une sécurité sanitaire renforcée sur l’axe indopacifique grâce à une collaboration de 3 réseaux régionaux de santé publique
A plus large échelle, le réseau régional et intersectoriel Ecomore offre non seulement un moyen d’évaluer et de gérer plus efficacement les risques sanitaires, mais aussi une opportunité unique d’améliorer les pratiques de surveillance.
C’est pourquoi l’objectif transversal du projet « Renforcement de la Sécurité Sanitaire dans la Région Indopacifique » est de favoriser les synergies et les collaborations avec deux autres réseaux de surveillances de santé publique : le réseau de préparation et la riposte aux épidémies (PPR) dans les États et territoires membres de la Commission de l’Océan Indien (COI) et le réseau de santé publique de la Communauté du Pacifique (SPC), couvrant ainsi toute la zone Indopacifique.
Au sein de chaque réseau, ce programme se concentrera sur deux priorités clés :
- Le renforcement des approches intégrées de la santé humaine, animale et environnementale ;
- La mise en place d’un cadre de coopération inter-réseaux en matière de préparation et de riposte aux épidémies (PPR).
En outre, la synergie et la collaboration entre ces trois réseaux seront renforcées avec la mise en place de groupes techniques transversaux visant à :
- Diffuser les connaissances et encourager le partage d’expériences entre les parties prenantes des réseaux ;
- Accompagner la mise en œuvre des recommandations opérationnelles initiales ;
- Poursuivre la production de connaissances et le développement d’outils adaptés aux pratiques des réseaux de surveillance.
A ce projet, s’est ajouté un Fonds Équipe France (FEF) Indopacifique pour renforcer les liens entre plusieurs institutions du Laos et de Madagascar d’une part, et du Cambodge, de Nouvelle Calédonie et du Vanuatu d’autre part. Ce volet additionnel vise à renforcer la surveillance environnementale de maladies infectieuses impactées par le changement climatique avec notamment l’élimination de la schistosomiase (au Laos et à Madagascar) et la préparation à la grippe aviaire (au Vanuatu).