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Un cas d’encéphalite mortelle causée par un virus transmis par le pigeon

Publié le Mis à jour le Par Christophe Thomas

Une personne infectée par un variant du virus de la maladie de Newcastle, très répandu chez les pigeons, est décédée des suites d’une encéphalite. Un cas extrêmement rare mais qui souligne l’importance de la surveillance des agents pathogènes circulant chez les animaux.
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Photo d'un pigeon

Foyer épidémique sur le navire MV Hondius provoqué par l’hantavirus souche Andes, épidémie d’Ebola en cours en République Démocratique du Congo : l’actualité récente vient de nous rappeler de façon dramatique les menaces liées aux virus circulant chez les animaux et pouvant être transmis à l’être humain.

Ces épidémies démontrent aussi l’importance de l’approche One Health (Une seule santé). Dans le contexte du changement climatique et des transitions environnementales, les santés humaines, animales et environnementales sont, plus que jamais, intimement liées. Et il est donc essentiel de surveiller les zoonoses, ces maladies provoquées par des agents infectieux pouvant passer de l’animal à l’être humain.

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Le virus de la maladie de Newcastle, un virus très commun chez les oiseaux

Le virus de la grippe aviaire, qui circule activement chez les oiseaux et qui a également infecté ponctuellement ces derniers mois l’être humain, est particulièrement surveillé.

Autre virus, moins connu du grand public, celui de la maladie de Newcastle. Il s’agit d’un virus très répandu chez les oiseaux. La virulence de certaines de ses souches ainsi que sa contagiosité chez les oiseaux en font une maladie à déclaration obligatoire. Si un cas est avéré dans un élevage, des mesures d’abattage sont mises en place.

L’un des variants de ce virus, le pigeon paramyxovirus de type 1 (PPMV-1), circule largement à travers le monde dans les populations de pigeon. Il peut être transmis à l’être humain mais les formes sévères de l’infection sont extrêmement rares. Jusqu’à récemment, seuls quelques cas graves avaient été documentés dans le monde : des cas mortels associés à des syndromes respiratoires ainsi que deux décès consécutifs à des encéphalites.

Un premier décès rapporté en France et le premier d’une personne non-immunodéprimée

Une étude collaborative impliquant notamment l’Institut Pasteur, l’AP-HP, l’Hôpital Necker-Enfants malades ainsi que l’Anses vient de rapporter un troisième décès humain faisant suite à une encéphalite et provoqué par le PPMV-1. Il s’agit du premier décès en France et du premier d’une personne qui n’était a priori pas immunodéprimée. « L’agent infectieux n’a été identifié qu’après le décès, grâce à un séquençage métagénomique de nouvelle génération réalisé sur des tissus post-mortem » précise Nolwenn Dheilly, responsable du laboratoire Découverte de Pathogènes. L’enquête épidémiologique a par la suite permis d’établir que l’infection par le PPMV-1 avait probablement eu lieu lors d’un atelier de chamanisme où la personne aurait été en contact avec des fientes d’oiseaux.

Vers un diagnostic amélioré pour des cas graves qui restent très rares

Malgré la description de ce troisième décès, il est important de souligner que les formes graves de la maladie restent très peu fréquentes. Dans l’immense majorité des cas, le virus provoque chez l’humain des conjonctivites bénignes qui guérissent d’elles-mêmes. Quant aux formes graves, elles pourraient être dans le futur plus facilement diagnostiquées. « Les tests PCR standards à partir du liquide céphalo-rachidien ne permettaient pas de détecter le virus. Mais le PPMV-1 a été retrouvé dans les ganglions lymphatiques. Afin de détecter plus précocement le virus, on pourrait donc envisager une ponction ganglionnaire, qui est une intervention peu invasive » indique Nolwenn Dheilly.

Cette étude rappelle l’importance de la surveillance sanitaire pour identifier les virus potentiellement pathogènes pour l’être humain et invite les clinicien·nes à envisager le PPMV-1 comme cause possible des encéphalites d'origine inconnue.

 

One Health Investigation into Fatal Encephalitis Caused by Pigeon Paramyxovirus Type 1, France, Emerging infectious diseases, mai 2026

Nicolas Veyrenche1,2, Susana Boluda3,9, Philippe Pérot4,9, Isabelle Malissin5, Marianne Leruez-Ville1,2, Anne Jamet1, Agnès Ferroni1, Béatrice Regnault4, Maud Salmona6,7, Linda Feghoul5, Laurine Robert-Capraro4, Aurélie Leroux8, Béatrice Grasland8, Eric Niqueux8, François-Xavier Briand8, Isabelle Plu3, Danielle Seilhean3,10, Bruno Megarbane5,10, Jacques Fourgeaud1,2,10, Nolwenn M Dheilly4,10

1Hôpital Necker-Enfants malades, Paris, France

2Université Paris Cité, FETUS, Paris

3APHP-Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Sorbonne Université, Paris

4Institut Pasteur, Université de Paris, Paris

5Lariboisière Hospital, Paris Cité University, INSERM UMRS-1144, Paris

6Saint-Louis Hospital, APHP, Paris

7Biology and Pathogenesis of Viral Infection team, INSERM UMR 1342, Saint Louis Research Institute, Université Paris-Cité, Paris

8Anses, Ploufragan-Plouzané-Niort Laboratory, Ploufragan, France

9These authors contributed equally to this article

10These senior authors contributed equally to this article.