30 ans de VIH : 3 questions à Olivier Schwartz

A l’occasion du colloque scientifique sur le VIH qui aura lieu à l’Institut Pasteur les 21, 22 et 23 mai, Olivier Schwartz, chef de l’unité de recherche Virus et immunité de l’Institut Pasteur, répond à quelques unes de nos questions sur l’état de la recherche sur le virus.

 

Quel est l’objet du colloque ?

Nous célébrons le 30e anniversaire de la découverte du VIH à l’Institut Pasteur. Le but de ce colloque est d’utiliser cette occasion pour faire le point sur les dernières avancées scientifiques et thérapeutiques dans le domaine de la recherche sur le VIH. Les thèmes abordés sont variés : multiplication du virus, réaction du système immunitaire, des mécanismes de déclenchement de la maladie et les nouvelles stratégies thérapeutiques envisageables. C’est un colloque qui réunit 500 participants du monde entier. Ce sont des chercheurs, étudiants, post-doctorants et médecins qui s’intéressent au VIH d’un point de vue fondamental ou d’un point de vue clinique.

 

Quelles sont les principales découvertes autour de la maladie depuis 30 ans ?

Le virus a été identifié ici à l’Institut Pasteur en 1983. Cette découverte a été récompensée par le prix Nobel de médecine attribué à ses deux codécouvreurs Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier en 2008. En 1986, le VIH-2, cousin du VIH-1 a également été trouvé à l’Institut Pasteur.


Depuis ces 30 dernières années, des progrès majeurs ont été établis dans tous les domaines de recherche qui concernent le VIH. En 1996, des traitements efficaces ont été disponibles, les trithérapies. De nombreuses molécules antivirales sont maintenant disponibles pour soigner les patients. Les patients doivent prendre de manière continue leurs médicaments pour contrôler leur infection.
Dans la recherche actuelle, il y a un gros effort qui vise à comprendre pourquoi certains rares individus arrivent à contrôler l’infection en l’absence de traitements. Leur système immunitaire s’active normalement mais pas trop, juste ce qu’il faut pour contrôler l’infection. Comprendre ces mécanismes de contrôle naturel de l’infection peut mener à la mise au point de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ce genre d’études multidisciplinaires se fait en interaction avec d’autres centres de recherche et des hôpitaux.

 

Les découvertes ont-elles permis de faire progresser la vie des personnes infectées ?

Absolument. Dans les pays riches, la majorité des personnes infectées ont accès aux traitements et, en conséquence, ne sont pas malades. Elles sont soignées, elles ne sont pas guéries mais leur confort de vie est normal dans la majeure partie des cas.


Pour l’accès au soin dans les pays en développement, il y a eu de nombreux progrès également, comme en Afrique subsaharienne où a lieu l’essentiel de l’épidémie mondiale. Ces efforts restent encore insuffisants, car le VIH reste le virus tueur numéro 1 dans le monde à l’heure actuelle.

> Lire notre dossier de presse, " La recherche sur le VIH / SIda à l'Institut Pasteur " (Décembre 2009, mis à jour novembre 2012).

Mis à jour le 08/07/2013