Sepsis / septicémie

sepsis.jpgLe sepsis est le terme anglo-saxon et international pour signifier septicémie. Il s’agit d’une infection généralisée qui touche principalement les individus déjà fragilisés. Dans le monde, une personne meurt des suites des complications du sepsis toutes les 3-4 secondes. Dans les pays industrialisés, le sepsis représente autant de décès que l’infarctus du myocarde. Les projections dans l’avenir suggèrent un doublement du nombre de cas sur cinquante ans, en particulier en raison du vieillissement de la population.

 

 

 

 

 

Cause
Historique
Symptômes
Epidémiologie
Traitement
> A l'Institut Pasteur
> Les équipes mobilisées

 

 

Cause

Le sepsis est la conséquence d’une infection généralisée qui peut commencer localement (péritonite, pneumonie, infection urinaire, infection sur cathéter, etc.). Elle se produit généralement chez des patients dont le système immunitaire est affaibli. Elle peut notamment se produire après un acte chirurgical lourd ou une traumatologie, on évoque alors une infection nosocomiale.

 

Toutes les bactéries, même celles présentes naturellement à la surface de la peau ou dans la gorge, normalement non pathogènes, peuvent être responsables de sepsis. Des infections fongiques (causées par des champignons) peuvent également survenir. Les méningites (purpura fulminans) sont un exemple de sepsis survenant souvent chez de jeunes personnes.

 

Historique

Avant d’être nommé comme tel, le sepsis a été nommé de différentes manières. Auparavant, on parlait par exemple de « gangrène des hôpitaux ». Celle-ci, qui emporta notamment Richard Cœur de Lion, faisait souvent suite aux infections causées par les blessures sur les champs de bataille. Le terme de « fièvre puerpérale » est aussi utilisé pour parler du sepsis. Il s’agit d’une infection qui peut survenir chez la femme après l’accouchement. C’est ainsi qu’est morte Lucrèce Borgia en 1519 en donnant naissance à son 7ème enfant. Aujourd’hui, le sepsis touche plutôt les âges extrêmes de la vie, les nouveaux-nés (sepsis néonatal) et les seniors (comme le pape Jean-Paul II, emporté par un sepsis en 2005). Le sepsis peut aussi atteindre des personnes dans la force de l’âge, comme Agnès Souret, la première miss France, décédée à 26 ans, ou encore l’acteur Guillaume Depardieu, disparu à 37 ans.

 

Ce sont deux médecins alsaciens, Victor Feltz (1835-1893) et Léon Coze (1819-1896), qui les premiers en 1869 démontrèrent la présence de bactéries dans le sang d’une patiente atteinte de fièvre puerpérale. Louis Pasteur, en collaborant avec les maternités de Port-Royal, Cochin et Lariboisière confirma ces observations en 1879/80 et préconisa l’hygiène lors des accouchements.

 

Symptômes

Le sepsis est une réponse inflammatoire généralisée d’origine infectieuse caractérisée par au moins deux des symptômes suivants : fièvre ou hypothermie, respiration et rythme cardiaque accélérés, augmentation ou diminution du nombre de globules blancs du sang. Le sepsis s’accompagne d’une production exacerbée de médiateurs inflammatoires. On parle par exemple d’une « tempête cytokinique » pour évoquer la production massive de cytokines (substances chimiques qui permettent la communication entre nos cellules).

 

Epidémiologie

Une personne meurt de sepsis dans le monde toutes les 3-4 secondes. Dans les pays industrialisés, le sepsis représente autant de décès que l’infarctus du myocarde. On dénombre 377 cas de sepsis pour 100.000 habitants. Malgré ces chiffres impressionnants, faute de financement, le sepsis reste loin derrière d’autres affections en termes de fonds investis pour la recherche.

 

En France, la mortalité des patients atteints d’un sepsis est de 27%, mais la mortalité de la forme la plus grave (le choc septique) peut atteindre 50%. Les projections dans l’avenir suggèrent un doublement du nombre de cas sur cinquante ans, en particulier suite au vieillissement de la population.

 

Traitement

Les patients admis en soins intensifs sont traités par antibiotiques et reçoivent les supports nécessaires aux fonctions vitales.

 

Depuis plus de vingt ans, malgré des progrès considérables accomplis dans la compréhension de la physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle thérapie n’a vu le jour. De très nombreux essais cliniques coûteux se sont achevés par des échecs, et le seul nouveau médicament mis sur le marché (Xigris®) a été finalement retiré en 2011, faute d’une démonstration convaincante de son efficacité. De nouveaux concepts doivent donc être élaborés, et un diagnostic plus rapide du sepsis permettrait une mise sous antibiotiques plus précoce. Ce dernier élément demeure fondamental, car chaque heure gagnée améliore les chances de survie.

 

A l'Institut Pasteur

L’unité Cytokines et inflammation, dirigée par Jean-Marc Cavaillon a été une des toutes premières au monde à révéler la modification du statut immunologique des patients souffrant de sepsis. En effet, l’altération de la réponse immunitaire est un paramètre clé qui définit les évènements physiopathologiques impliqués au cours du sepsis. L’unité a également beaucoup travaillé à définir la « tempête cytokinique». Les objectifs actuels sont de mieux comprendre ce qui se passe spécifiquement au sein des différents organes pour élaborer de nouvelles approches thérapeutiques plus pertinentes. Plus récemment, l’unité s’efforce de définir parmi les multiples biomarqueurs disponibles pour aider au diagnostic d’un sepsis, la meilleure combinaison qui permettrait d’affirmer de la survenue d’un sepsis chez des patients pour lesquels une suspicion est évoquée.

 

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Illustration – Copyright Institut Pasteur
Légende – Cellules du système immunitaire au sein d’un poumon ayant capturé des staphylocoques (en bleu).

 

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Septembre 2013

 

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur le sujet

 

Entités de recherche

 

Unité Cytokines et inflammation
dirigée par Jean-Marc Cavaillon