Fièvre jaune

La fièvre jaune est une maladie virale décrite pour la première fois au milieu du XVIe siècle au Yucatán (Mexique). Elle est due au virus amaril, un arbovirus (virus transmis par un insecte vecteur) isolé en 1927 simultanément au Ghana et au Sénégal, à l’Institut Pasteur de Dakar. Aujourd’hui, la maladie est endémique en Afrique et a refait son apparition en Amérique du sud. Certaines formes graves peuvent entraîner la mort. Cependant, un vaccin efficace et sans danger existe. Un rappel est recommandé tous les 10 ans.

 

 

 

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Symptômes

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A l’Institut Pasteur

Les équipes mobilisées

 

 

Cause

Le virus de la fièvre jaune est transmis à l’homme par la piqûre de moustiques appartenant aux genres Aedes et Haemagogus. Il infecte également des singes en forêt où persiste un cycle moustique-singe-moustique auquel l’homme peut occasionnellement s’ajouter.

 

Symptômes et traitement

Après une incubation d’une semaine, la maladie débute typiquement avec fièvre, frissons, douleurs musculaires, maux de tête. Elle évoque alors une grippe, une dengue ou un paludisme. Dans les formes graves, au bout de trois jours, une rémission passagère précède l’apparition d’un syndrome hémorragique avec vomissement de sang noirâtre (vomito negro), d’un ictère qui donne son nom à la maladie et de troubles rénaux (albuminurie). La mort survient alors dans 50 à 80% des cas, après une phase de délire, de convulsions, et un coma. Toutes les formes curables laissent après elles une immunité à vie.
Il n’existe aucun traitement spécifique contre la fièvre jaune. Le repos, l’administration de médicaments visant à limiter la fièvre, les vomissements et la douleur, ainsi que la réhydratation sont les seules armes pour combattre la maladie.

 

Epidémiologie

L’OMS estime chaque année à 200 000 le nombre de cas de fièvre jaune et à 30 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans le monde.

 

De larges épidémies ont affecté l’Amérique tropicale aux XVII, XVIII et XIXe siècle et en firent la "maladie la plus redoutée des Amériques".
Aujourd’hui, la maladie sévit dans les régions intertropicales d’Amérique et d’Afrique. Mystérieusement, elle n’est jamais parvenue en Asie.

 

Afrique

L’Afrique est de loin le continent le plus touché, avec 95% des cas recensés dans le monde. La fréquence des épidémies et des cas isolés a régulièrement augmenté au cours de ces dernières années, notamment au Mali et au Soudan en 2005. Autrefois limitées à la savane et en bordure de forêt, les épidémies africaines gagnent les cités en expansion qui procurent aux moustiques de nouveaux gîtes (vieux pneus ou bidons pleins d’eau). En témoigne les épidémies à Abidjan en Côte d’Ivoire en 2001 et 2008.


 

Continent américain 

La maladie avait presque disparu d’Amérique du Sud dans la première moitié du siècle XXeme siècle, mais avec le retour en force des moustiques vecteurs, une résurgence de l’infection est observée (Colombie en 2003).

 

Cas d’importation

La fièvre jaune est aussi une maladie d’importation : des touristes non vaccinés peuvent en effet s’infecter en zone d’endémie et développer la maladie de retour de voyage. Plusieurs cas mortels ont été observés ces dernières années, comme en Allemagne (1999), aux Etats-Unis (1999) et en Belgique (2001), respectivement de retour de Côte d’Ivoire, du Venezuela et de Gambie.

 

Répartition des moustiques vecteurs

La circulation du virus de la fièvre jaune en Afrique a fait l’objet d’études longitudinales associant les Instituts Pasteur de Dakar, Abidjan et Bangui et les entomologistes de l’Institut de Recherche en Développement. 

 

Différentes espèces de moustiques, Aedes en Afrique et Haemagogus janthinomys en Amérique du Sud, transmettent le virus amaril à des singes. Contrairement aux singes d’Afrique, les singes du Nouveau Monde sont très sensibles à l’infection avec une mortalité importante. Le virus persiste dans ces cycles forestiers (cycles selvatiques) moustique-singe-moustique dans lesquels l’homme n’est pas impliqué naturellement. La fièvre jaune est une zoonose, probablement très ancienne et qui a été transmise à l’homme lorsque celui-ci s’est aventuré en forêt tropicale.

 

Le moustique à l’origine des épidémies urbaines est Aedes aegypti. C’est aussi le vecteur de la dengue, autre arbovirose en pleine extension à travers le monde. Le réchauffement de la planète pourrait accélérer l’implantation de moustiques capables de transmettre ces maladies dans l’hémisphère nord, où l’expansion y est déjà favorisée par les échanges commerciaux.

 

Vaccination 

Dès 1932, la vaccination était rendue possible par des chercheurs de l’Institut Pasteur de Dakar, à l’aide d’une souche vivante atténuée baptisée "souche française neurotrope". Résistant à la chaleur, administrable par scarification, ce vaccin a permis de faire disparaître la fièvre jaune épidémique en Afrique francophone. Mais il pouvait entraîner des réactions neuroméningées : à partir de 1960, il ne fut plus utilisé chez l’enfant de moins de 10 ans, et sa production à l’Institut Pasteur de Dakar a cessé en 1982.

En 1937, un deuxième vaccin (souche 17D), préparé à partir de virus atténué a été mis au point à l’Institut Rockfeller aux Etats-Unis, et rendu thermostable par une équipe de l’Institut Pasteur à Paris. Son efficacité et son innocuité, progressivement améliorées, en font un des meilleurs vaccins viraux actuels. C’est ce vaccin qui est aujourd’hui notamment produit à l’Institut Pasteur de Dakar. Ce laboratoire est agréé par l’Organisation mondiale de la Santé pour fournir le vaccin fièvre jaune aux programmes élargis de vaccination en Afrique. D’autres fabricants existent en Europe et en Amérique.

 

La réglementation internationale préconise une vaccination anti-amarile (une seule injection) tous les 10ans.

 

La vaccination contre la fièvre jaune est la seule vaccination obligatoire pour les voyageurs se rendant en zone endémique intertropicale d’Afrique ou d’Amérique du Sud.

 

A l’Institut Pasteur

Trois unités de l’Institut Pasteur sont particulièrement impliquées dans les recherches sur la fièvre jaune : l’unité Interactions Moléculaires Flavivirus-Hôtes (dirigée Par Philippe Desprès), Immunobiologie des systèmes dendritiques (dirigée par Matthew Albert,) et Virologie structurale (dirigée par Félix Rey).

 

L’unité Interactions Moléculaires Flavivirus-Hôtes cherche à élucider les bases moléculaires de l’atténuation du virus de la fièvre jaune qui sont à l’origine de la souche vaccinale 17D qui est encore utilisée aujourd’hui. Les unités Immunobiologie des systèmes dendritiques et Virologie structurale étudient le virus de la fièvre jaune autour de thématiques axées sur la physiopathologie de l’infection virale et la biologie structurale du virus.

 

Le virus fait aussi l’objet de travaux de recherche au sein du Réseau International des Instituts Pasteur, et particulièrement à l’Institut Pasteur de Dakar, au Sénégal.

 

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Illustration - Copyright Institut Pasteur

Légende - Virus de la fièvre jaune

 

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Novembre 2012

 

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur la fièvre jaune

 

Entités de recherche

 

Unité des Interactions moléculaires Flavivirus-hôtes


dirigée par Philippe Desprès

 



Unité d’Immunobiologie des cellules dendritiques

dirigée par Matthew Albert


 

Unité de Pathogénie virale (PDF)


dirigée par Fernando Arenzana-Seidedos

 


Unité de Virologie structurale


dirigée par Felix Rey