Coqueluche

Considérée longtemps, par erreur, comme une maladie de la petite enfance, la coqueluche peut être sévère pour l’homme à tout âge. Elle est particulièrement dramatique, voire mortelle, pour les nourrissons de moins de 6 mois et les personnes à risque telles les femmes enceintes et les personnes âgées.

 

 

 

 

Cause

Symptômes

Epidémiologie

Diagnostics biologiques

Traitements

> Vaccination

A l’Institut Pasteur

Les équipes mobilisées

 

Cause

La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. La contamination s’opère par voie aérienne lors de contacts directs avec des personnes infectées. Dans les régions où les enfants n’ont pas été vaccinés, la transmission se fait d’enfants à enfants. En revanche, dans les régions où les enfants sont vaccinés depuis des décennies, comme la France, la transmission se fait maintenant d’adultes à nourrissons. La coqueluche ne confère pas une immunité à vie et il est possible de la contracter plusieurs fois dans sa vie.

 

Symptômes et confirmation du diagnostic

La coqueluche clinique typique se caractérise par trois phases : une phase d’incubation tout d’abord sans aucun symptôme suivi d’une rhinorrhée atypique de deux semaines environ ; une phase paroxystique qui se caractérise par une toux persistante de plus de 7 jours, sans fièvre dans la majorité des cas, avec quintes associées à une reprise inspiratoire difficile, ou des apnées ou accès de cyanose, ou encore des vomissements survenant après les quintes. Chez les adolescents et adultes une recrudescence nocturne est observée dans la majorité des cas. Enfin la phase de convalescence qui peut durer de une à plusieurs semaines. Chez les jeunes enfants, les complications majeures sont des pneumonies ou des affections neurologiques (crises convulsives, encéphalites).

Chez le nourrisson, la coqueluche peut être très grave voire mortelle. Les caractéristiques cliniques pouvant varier, en particulier chez les adultes en fonction de leur restant d’immunité, il est très important de confirmer la maladie par un diagnostic biologique afin de pouvoir arrêter la transmission très rapidement, la maladie étant très contagieuse, et protéger les personnes en contact avec la personne infectée.

 

Epidémiologie

L’incidence de la maladie a largement diminué dans les pays ayant introduit la vaccination généralisée des jeunes enfants. On dénombre, cependant, toujours de 40 à 60 millions de cas de coqueluche dans le monde avec environ 300 000 décès par an dont la majorité recensés dans les pays en développement. Cependant, ces chiffres sont très sous-estimés car tous les pays n’ont pas mis en place une surveillance.

 

Un changement du mode de transmission de la maladie

Dans les régions ayant une vaccination généralisée depuis plus de cinquante ans, tels l’Australie, la Belgique, le Canada, les Etats-Unis, la Finlande, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, on a observé un changement de transmission de la maladie dû principalement à l’absence de rappel vaccinal après l’âge de dix-huit mois. En effet, la transmission ne se fait plus d’enfants à enfants, comme pendant l’ère pré-vaccinale, mais d’adolescents-adultes à nouveau-nés. Les rappels vaccinaux n’étaient pas recommandés en raison d’une éventuelle augmentation des effets secondaires entraînés par des vaccinations répétées avec le vaccin à germes entiers.

 

La situation en France

En France, suite à plusieurs enquêtes réalisées en 1991, 1993-1994,1999-2000, 2005, 2009-2010 et à notre surveillance hospitalière RENACOQ depuis 1996 (composé de 42 pédiatres et 42 bactériologistes hospitaliers, l’Institut Pasteur et l’Institut de Veille Sanitaire) ce changement a été observé. Pour cette raison, depuis 1998 un rappel tardif à 11-13 ans est recommandé pour les adolescents  et depuis octobre 2004 pour tous les adultes se trouvant dans l’entourage d’un nouveau-né (les jeunes parents, les grands parents, les nourrices…), les adultes à risque, et les personnels de santé en contact avec des nouveau-nés. Ces rappels ont pu être introduits grâce à la mise sur le marché, de vaccins sous unitaires ou acellulaires (c’est-à-dire composés de protéines bactériennes inactivées) adaptés au nourrisson, à l’adolescent et à l’adulte. D’autres pays, tels l’Allemagne, l’Autriche, l’Australie, le Canada, les Etats-Unis, ont décidé de faire de même ensuite rapidement. Cependant, la couverture restant très faible chez l’adulte, depuis 2008 la France recommande une vaccination pour tous les adultes n’ayant pas reçu de rappel vaccinal coquelucheux depuis plus de dix ans, pour tous les personnels de santé et les personnels travaillant en collectivité, en particulier dans les établissements de nouveau-nés ou de personnes âgées.

 

Diagnostics

Les seuls diagnostics biologiques remboursés sont l’isolement de la bactérie ou la détection de son matériel génétique par PCR à partir d’une aspiration ou écouvillonnage nasopharyngé.

 

Traitements

L’antibiothérapie de choix, utilisant le plus souvent des macrolides, élimine la présence de la bactérie dans les sécrétions, ce qui diminue ainsi les risques de contamination. L’antibiothérapie est préconisée pour toutes les personnes de l’entourage proche du malade quelque soit leur âge et si elles n’ont pas reçues de rappel vaccinal dans les cinq dernières années.

 

Vaccination

En France, la vaccination des enfants est recommandée dès l’âge de deux mois. Le calendrier vaccinal consiste en trois injections à 2, 3 et 4 mois avec un vaccin coquelucheux associé aux vaccins tétanique, diphtérique, poliomyélitique, Haemophilus b et suivant les cas hépatite B. Les rappels ont été fixés à 16-18 mois, 11-13 ans et 27-28 ans. De plus, un rappel est recommandé chez les tous les adultes n’ayant pas eu de vaccination anticoquelucheuse depuis 10 ans avec un vaccin combiné aux vaccins tétanique, diphtérique et poliomyélitique.

 

A l’Institut Pasteur

L’Unité Prévention et thérapie moléculaires des maladies humaines, dirigée par Nicole Guiso, héberge le Centre National de Référence de la coqueluche et autres bordetelloses qui est chargé, entre autres, de suivre l’évolution de la population des isolats de Bordetella pertussis circulant mais aussi celle des autres espèces de bordetelles. Ce centre participe au réseau de surveillance de la coqueluche à l’échelon national en collaboration avec l’Institut de Veille Sanitaire, le réseau RENACOQ et les pédiatres de ville composant le réseau ACTIV. Outre l’analyse des isolats cliniques, il développe de nouveaux diagnostics biologiques qu’il transfère ensuite aux bactériologistes du réseau RENACOQ.

 

L’unité de recherche fait aussi partie d’un réseau européen « Eupertstrain » en charge de l’analyse fine des isolats circulant en Europe. Cette unité de recherche analyse les conséquences de la vaccination sur l’immunité de la population et le pathogène ciblé. Elle essaie aussi de mettre au point des outils thérapeutiques et d’améliorer les moyens de prévention.

 

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Illustration - Copyright Institut Pasteur

Légende - Bordetella pertussis ou bacille de Bordet, agent de la coqueluche.

 

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Janvier 2013

 

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur la coqueluche

 

Entités de recherche

 

Unité de Prévention et thérapie moléculaires des maladies humaines

dirigée par Nicole Guiso

 

Surveillance et santé publique

 

Centre national de référence de la coqueluche et autres bordetelloses

dirigé par Nicole Guiso

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