Aspergillose

L’Aspergillose est un terme qui regroupe les infections causées par des champignons appartenant au genre Aspergillus, dont les spores sont véhiculées par l’air et sont inhalées par tous les individus. Totalement inoffensif pour la majorité de la population, ces champignons peuvent cependant provoquer différentes formes de mycoses. L’espèce Aspergillus fumigatus est responsable de plus de 80% des aspergilloses humaines.

 

 

 

 

> Aspergillose broncho-pulmonaire allergique

> Aspergillome

> Sinusite aspergillaire

> Aspergillose invasive

> A l’Institut Pasteur

> Les équipes mobilisées

 

Aspergillose broncho-pulmonaire allergique

Cette maladie est assez commune chez les asthmatiques : on estime que 20% d’entre eux peuvent contracter cette pathologie à un moment donné de leur vie. Elle touche également les personnes atteintes de mucoviscidose au sortir de leur adolescence. Les symptômes sont similaires à ceux d’un asthme classique (épisodes de malaise, toux et sifflements). En l’absence de traitement, la maladie peut aboutir à des dommages irréversibles du poumon (fibrose).

 

Le traitement est basé sur l’emploi de corticostéroïdes par aérosols ou par voie orale, surtout durant les crises. Un antifongique administré oralement (itraconazole) peut y être associé. La colonisation bronchique par Aspergillus spp. doit être recherchée chez les patients inscrits sur les listes d’attente de transplantation pulmonaire et nécessite un traitement antifongique.

 

Aspergillome

Le champignon peut se développer dans une cavité préexistant dans le poumon et résultant d’une maladie antérieure, telle que la tuberculose ou la sarcoïdose. Les spores germent dans cette cavité pour former une boule « mycélienne ». La maladie peut passer inaperçue, surtout dans les phases précoces. Perte de poids, toux chronique, fatigue, expectorations sanglantes (chez 50 à 80% des personnes infectées) signent les stades avancés de la mycose. Le traitement dépend de la taille des lésions et de leur localisation. Les hémoptysies (crachats de sang) sont un signe de mauvais pronostic et imposent habituellement la résection chirurgicale, quand celle-ci est possible, sous couverture d’un traitement antifongique. Dans certains cas, un traitement local antifongique peut être envisagé.

 

Sinusite aspergillaire

Le champignon peut se développer dans les sinus. Chez les patients ayant un système immunitaire efficace, l’infection se traduit par des maux de tête chroniques et une obstruction nasale ; le drainage des sinus suffit généralement. Si les sinus sphénoïdaux sont atteints une intervention chirurgicale et un traitement antifongique sont nécessaires. Chez les patients au système immunitaire déficient (leucémie, greffe de moelle…), la sinusite aspergillaire est beaucoup plus grave et représente volontiers une forme invasive. Elle impose un traitement antifongique immédiat et la chirurgie n’est habituellement pas réalisée dans ce contexte.

 

Aspergillose invasive

C’est la seconde cause de mortalité par infection fongique à l’hôpital. Principalement due à l’espèce Aspergillus fumigatus, elle touche les sujets immunodéprimés, en particulier les patients qui ont subi une greffe de moelle, les patients soumis à un traitement anticancéreux et neutropéniques de manière prolongée, à un traitement immunosuppresseur à la suite d’une greffe d’organe, et plus rarement les patients atteints du sida ou les patients hospitalisés en réanimation. Les symptômes sont fièvre, toux, douleurs thoraciques, difficultés respiratoires.

 

Les moyens de diagnostique sont la culture, la détection d’antigènes particuliers (l’antigène galactomannane ou le beta-glucane) dans le sérum et l’aspect très particulier des lésions thoraciques à l’examen scannographique. La mise en route du traitement antifongique doit être précoce. La guérison n’est obtenue que dans 60% des cas au mieux et dépend à la fois de la précocité de la suspicion du diagnostic et de la pathologie sous-jacente. D’autres localisations, en particulier cérébrales peuvent se voir et sont de pronostic très sévère.

 

A l’Institut Pasteur

L’Unité des Aspergillus, dirigée par Jean-Paul Latge, est spécialisée dans l’étude d’Aspergillus fumigatus. Elle étudie d’une part l’aspergillose invasive (diagnostic et physiopathologie), et d’autre part la biosynthèse de la paroi cellulaire d’Aspergillus qui est une étape clé du développement de tous les champignons et une source unique de cibles pour le développement de nouveaux antifongiques. Ce laboratoire participe aussi à l’annotation du génome de Aspergillus fumigatus et au développement d’expériences biologiques à grande échelle sur ce champignon.

 

Le Centre National de Référence Mycologie et Antifongiques (CNR), dirigé par Françoise Dromer, a participé à de grandes études multicentriques internationales sur les critères de définitions des aspergilloses invasives et sur le traitement de ces infections. Il met en place des études in vitro et dans les modèles expérimentaux pour tester l’efficacité des associations d’antifongiques contre A. fumigatus et Aspergillus terreus dont on connaît la moindre sensibilité vis à vis de certains antifongiques. Il est chargé, au travers d’un réseau de laboratoires hospitaliers, de la surveillance des localisations inhabituelles (osseuses, cérébrales, …) des infections à Aspergillus spp. et de toutes les infections liées à des espèces rares, éventuellement résistantes aux antifongiques usuels. Le CNR a mis en place une surveillance épidémiologique des aspergilloses invasives dans plusieurs régions, en collaboration avec l’Institut de Veille Sanitaire et les microbiologistes/mycologues concernés.

 

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Illustration - Copyright Institut Pasteur

Légende - Le champignon filamenteux Aspergillus fumigatus en microscopie électronique à balayage.

 

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Janvier 2013

 

 

Les équipes de l’Institut Pasteur mobilisées sur l'aspergillose

 

Entités de recherche

 

Unité des Aspergillus.

dirigée par Jean-Paul Latge

 

Surveillance et santé publique

 

Centre national de référence mycoses invasives et antifongiques.