Mise en évidence de nouvelles cibles thérapeutiques potentielles pour limiter la progression du virus du SIDA

Des scientifiques de l’Institut Pasteur et de l’Inserm ont identifié plusieurs protéines humaines comme cibles thérapeutiques inédites pour lutter contre le virus du sida. Ces dernières participent à un mécanisme cellulaire complexe découvert par les chercheurs qui entraîne le blocage de la réplication du VIH dans un type de cellule particulier, les macrophages. Ces découvertes constituent une base théorique solide pour la mise au point de stratégies thérapeutiques complémentaires aux trithérapies actuellement employées. Ce travail fait l’objet d’une publication le 30 septembre sur le site des Proceedings of the National Academy of Sciences.

 

 

Communiqué de presse
Paris, le 1er octobre 2013

 

 

infected_macrophages_sd.jpgLe virus du sida (VIH) infecte les cellules du système immunitaire. Parmi elles, les macrophages constituent d’importants réservoirs du virus et contribuent à sa dissémination dans l’organisme, notamment dans le système nerveux central. En conséquence, de nombreuses études ont pour objectif de bloquer la réplication du VIH dans ce type de cellule. Aujourd’hui, grâce au décryptage d’un mécanisme cellulaire complexe, le groupe de Gianfranco Pancino, au sein de l’unité Régulation des Infections Rétrovirales à l’Institut Pasteur, dirigée par Françoise Barré-Sinoussi, en collaboration avec d’autres équipes de recherche, ouvre la voie pour y parvenir.

 

Les scientifiques ont identifié les protéines cellulaires au cœur d’un mécanisme qui aboutit au blocage des étapes précoces de la réplication du VIH au sein des macrophages. La pierre angulaire de ce mécanisme est la protéine p21. Cette protéine est à l’origine d’une cascade d’évènements qui entraîne une nette diminution de la synthèse de molécules qui constituent les briques élémentaires de l’ADN dans la cellule. Le VIH, qui a besoin de ces molécules pour fabriquer son propre matériel génétique se retrouve alors incapable de se multiplier.   

L’ensemble des protéines participant au mécanisme identifié par les chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm, au nombre de trois, constituent des cibles potentielles pour la mise au point de stratégies thérapeutiques limitant la progression du virus dans l’organisme. Ces dernières agiraient de manière complémentaire à la thérapie antirétrovirale actuelle qui a des effets limités sur la réplication du virus dans les macrophages.

Ce travail a reçu le soutien financier de Sidaction.

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Illustration - Copyright Institut Pasteur
Légende – Macrophages infectés par le VIH1 (détection par bioluminescence).

 

Source

p21-mediated RNR2 repression restricts HIV-1 replication in macrophages by inhibiting dNTP biosynthesis pathway, Proceedings of the National Academy of Sciences, september 30.

Awatef Allouch (1), Annie Davida (1), Sarah M. Amie (2), Hichem Lahouassa (3), Loïc Chartier (4), Florence Margottin-Goguet (3,5,6), Françoise Barré-Sinoussi (1,7), Baek Kim (2,8), Asier Saez-Cirion (1), and Gianfranco Pancino (1,7).

(1) Unité de Régulation des Infections Rétrovirales, Institut Pasteur, Paris, France;
(2) Center for Drug Discovery, Department of Pediatrics, Emory University, Atlanta, GA;
(3) Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, Unité 1016, Institut Cochin, Paris, France;
(4)Unité de Recherche et d’Expertise Epidémiologie des Maladies Emergentes, Institut Pasteur, Paris, France;
(5) Centre National de la Recherche Scientifique, Unité Mixte de Recherche 8104, Paris, France;
(6) Université Paris Descartes, Paris, France;
(7) Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, Paris, France;
(8) College of Pharmacy, Kyung. Hee University, Seoul, South Korea

Contacts

Service de presse de l’Institut Pasteur
Jérémy Lescène - Jeremy.lescene@pasteur.fr - +33 (0)1 45 68 81 01
Nadine Peyrolo - nadine.peyrolo@pasteur.fr - +33 (0)1 45 68 81 47