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On reconnaît les E. coli extra
intestinaux et intestinaux :
I - E. coli extra intestinaux :
- Escherichia coli uropathogènes
(UPEC)
Ils sont responsables de la majorité (90 %) des infections survenant
sur un arbre urinaire normal : cystites, pyélonéphrites.
Leur pouvoir pathogène est caractérisé par une
adhésion aux cellules uro-épithéliales grâce
à plusieurs types d'adhésines, et à d'autres facteurs
comme l'hémolysine alpha et les sidérophores.
- autres Escherichia coli pathogènes
non responsables de diarrhées
Les E. coli sont responsables de 50 % des septicémies
dues à des bactéries à gram négatif et de
4 % des méningites bactériennes touchant principalement
les nouveaux nés et les patients de neurochirurgie. Les souches
possédant l'antigène K1 sont en cause dans 80 % des méningites
néonatales et 40 % des septicémies à Escherichia
coli. L'antigène K1, homopolymère d'acide sialique,
est considéré comme le facteur de pathogénicité
le plus important parmi les E. coli causant les méningites
néonatales. Il a une activité antiphagocytaire importante
et présente une communauté antigénique avec le
polysaccharide B du méningocoque. Les sidérophores jouent
un rôle dans la septicémie.
Les E. coli sont également isolés dans des péritonites,
cholécystites, prostatites, infections puerpérales, infections
nosocomiales, de plaies chirurgicales, bactériémies
.
II - E. coli intestinaux, agents de diarrhées
:
Les souches pathogènes de Escherichia
coli sont reconnues comme des agents responsables de syndromes diarrhéiques
d'origine alimentaire ou hydrique.
Six principaux pathotypes intestinaux
sont décrits en fonction des signes
cliniques engendrés et des facteurs de pathogénicité
exprimés.
Ce sont :
- les Escherichia coli entérotoxinogènes
(ETEC),
responsables des diarrhées du voyageur, fréquents dans
les pays chauds et humides et seulement rencontrés en France
lors de cas importés par des voyageurs venant de ces pays d'où
le nom de "turista" donné à ces diarrhées.
Ils sont liés à la présence d'entérotoxines,
les unes thermostables (ST), les autres thermolabiles (LT), et d'adhésines
permettant aux bactéries d'adhérer aux cellules épithéliales
de la muqueuse de l'intestin grêle et de s'y multiplier. Les gènes
de ces deux types de facteurs de pathogénicité ont un
support plasmidique.
- les Escherichia coli entéropathogènes
(EPEC)
à l'origine d'entérites épidémiques (antérieurement
aussi appelés gastro-entérites infantiles (GEI), et historiquement
classés selon leur appartenance à des sérotypes.
Ces E. coli étaient une cause majeure de diarrhées
chez les nourrissons qui sévissaient dans les maternités,
les crèches... Ils ont pratiquement disparus dans les pays industrialisés,
mais continuent d'être responsables de diarrhées dans les
pays en voie de développement.
Les EPEC colonisent la muqueuse intestinale en adhérant très
fortement aux entérocytes intestinaux, produisent des lésions
d'attachement et d'effacement caractérisées par la destruction
localisée des micro villosités de la bordure en brosse,
et en induisant des altérations au niveau du cytosquelette des
cellules épithéliales.
- les
Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC)
Voir Escherichia coli
producteurs de Shiga-toxines (STEC)
Les souches isolées chez les malades sont appelées EHEC
- les Escherichia coli entéroinvasifs
(EIEC)
à l'origine de syndromes dysentériques. Intermédiaires
entre les Escherichia coli et les Shigella dont ils possèdent
le pouvoir pathogène, ils provoquent des ulcérations de
la muqueuse du gros intestin, d'où la présence de pus
et parfois de sang dans les selles et sont caractérisés
par le caractère invasif des cellules dû à l'acquisition
d'un plasmide. La capacité de la bactérie à envahir
les cellules épithéliales peut être démontrée
par le test de Sérény in vivo, en provoquant une
kératoconjonctivite purulente à la suite du dépôt
de la bactérie sur la cornée du cobaye.
- les Escherichia coli entéroagrégatifs
ou EaggEC, ou AAEC
Ce pathotype, reconnu depuis quelques années, est associé
plus particulièrement à des diarrhées aqueuses
persistantes chez les jeunes enfants dans les pays en développement
(Inde, Brésil), ou développés mais aussi à
des diarrhées sanglantes occasionnelles. Les souches EaggEC se
caractérisent par un type d'adhésion agrégative
en " briques empilées " à l'origine de nécroses
au pôle apical des villosités avec dème inflammatoire
et hémorragique de la sous-muqueuse. Elles élaborent une
entérotoxine thermostable (EASTI) et une thermolabile.
- les Escherichia coli à adhésion
diffuse ou DAEC
Ils ont été récemment associés à
des diarrhées aiguës et persistantes chez des enfants dans
les pays développés ou en développement. Les diarrhées
peuvent être aqueuses et contenir du mucus. La durée moyenne
est de 8 jours. Les DAEC adhèrent seulement aux cellules Hep-2
et paraissent uniformément dispersés sur toute la surface
des cellules épithéliales en un profil diffus.
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