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Unité des Aspergillus
Sujets de recherches et travaux de l'Unité
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Les mycoses invasives comptent parmi les pathologies
infectieuses les plus graves en santé humaine. Leur émergence
résulte à la fois de l'augmentation du nombre de patients immunodéprimés
et de la plus grande agressivité des traitements immunosuppresseurs en
usage à l'hôpital.. D'un point de vue économique, le traitement de l'aspergillose invasive est extrêmement onéreux : 40 % des 2,5 milliards de $ consacrés en 1997 au traitement les mycoses invasives sont réservés à l'achat de l'amphotéricine B et de l'itraconazole, antifongiques employés contre l'aspergillose invasive. En outre, les aspergilloses invasives surviennent généralement alors que le patient évolue vers la rémission de sa pathologie sous-jacente ou lors d'une corticothérapie destinée à contrôler certaines complications de greffe. Il s'agit donc d'une complication tardive qui constitue une lourde charge humaine et financière. L'organisme responsable de la majorité des infections aspergillaires est Aspergillus fumigatus. Ce champignon est un saprophyte jouant un rôle important dans le recyclage naturel du carbone et de l'azote organique. Ses caractéristiques biologiques majeures (thermopreferendum de large gamme, capacité de sporulation élevée et absence de besoins nutritionnels spécifiques) lui permettent de coloniser une grande variété de substrats. Ses conidies, présentes dans l'air de tous les environnements, sont régulièrement inhalées par l'homme et leur petite taille (2-3 microns) leur permet de pénétrer le tractus respiratoire jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Chez l'hôte immunocompétent, les défenses cellulaires non-spécifiques éliminent le champignon. Chez le patient immunodéprimé, l'inefficacité de la réponse cellulaire se traduit par la germination des conidies et une expansion mycélienne dans le parenchyme pulmonaire, provoquant une pneumopathie sévère associée ou non à l'envahissement d'autres organes. |
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Les recherches développées dans notre groupe sur A. fumigatus sont axées sur deux thèmes majeurs.
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Le Laboratoire des Aspergillus a été créé en 1995. Il est devenu Unité en 2000. Les principaux résultats déjà obtenus sont les suivants:
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Chez A. fumigatus, comme dans d'autres champignons pathogènes, la paroi cellulaire est essentielle pour la croissance fongique et pour la résistance du champignon aux aggressions externes telles que les réactions de défence de l’hôte. La paroi cellulaire d'A. fumigatus se compose exclusivement de polysaccharides. Le squelette fibrillaire de la paroi d'A.fumigatus se compose fondamentalement d’un complexe glucane-chitine, incorporé dans un ciment amorphe composé de chaînes linéaires du α (1-3) (1-4) glucane associé à du galactomannane. Ces deux polysaccharides sont également des composants importants de la matrice extracellulaire qui maintiennent des hyphae associés en biofilm. Ce biofilm favorise la croissance et augmente la résistance aux molécules antifungiques. L'organisation du réseau tridimensionnel des polysaccharides responsables de la rigidité de la paroi cellulaire est un processus enzymatique très complexe et séquentiel. Les enzymes impliquées dans la biosynthèse des N et O-mannanes, des α et β1-3 glucanes, de la chitine et du galactane ont été analysées utilisant des approches genomiques et biochimiques. Les enzymes qui sont responsables du branchement des polysaccharides entre eux sont également étudiées, particulièrement parmi des protéines ancrées à la membrane de plasma par une partie de glycosylphosphatidylinositol.
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Différentes activités enzymatiques . |
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II - Interaction hôte-A. fumigatus
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Les macrophages et cellules dendritiques sont les cellules de l’hôte qui opèrent en première ligne de la réponse innée. Le système immunitaire inné, commun à tous les animaux dont l’homme, permet de détecter les micro-organismes grâce à une famille de récepteurs récemment caractérisés, les récepteurs pattern recognition receptors ou PRRs. Ces récepteurs contrôlent l’expression de molécules qui vont s’opposer aux agents infectieux. Ils sont activés par des motifs moléculaires conservés au sein de différents types de micro-organismes baptisés PAMPs (pathogen associated molecular pattern). En collaboration avec plusieurs autres laboratoires de recherche, PAMPs et PRRs impliqués dans la réaction immunitaire de l’hôte immunocompetent et immunodéprimé contre A.fumigatus sont actuellement analysés. Cette approche ouvrira la voie à des voies nouvelles d’immunothérapies cellulaires qui sont une alternative prometteuse aux thérapies antifongiques peu efficaces actuellement contre A. fumigatus.
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Projets de recherche de
l'Unité |
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Aux techniques de biologie moléculaire et cellulaire et de biochimie déjà utilisées au laboratoire, s'ajoutent désormais des méthodologies d'étude biologique à grand échelle (protéome, transcriptome, génomique comparative) qui, associées au séquençage du génome de A. fumigatus permettront de grandes avancées dans la connaissance de A. fumigatus, qui est aujourd'hui le pathogène fongique aérien le plus répandu et le plus grave dans les pays industrialisés. Cette nécessité d'une approche multidisciplinaire pour obtenir une meilleure compréhension de la biologie d'Aspergillus fumigatus entraîne une organisation transversale de plusieurs programmes de recherche gravitant autour de notre laboratoire notamment dans les domaines de génomique / biochimie structurale et d'immunologie. Un des atouts de notre laboratoire est aussi le réseau de collaborations effectives et fructueuses avec de nombreuses équipes françaises et étrangères et le support efficace de partenaires industriels dans les domaines de l'antibiothérapie (Aventis, Novexel) du diagnostic (Bio-Rad) ou de l'environnement (Suez). L'Unité des Aspergillus est aujourd'hui un des plus grands laboratoires au monde dédié à Aspergillus fumigatus. Il est reconnu internationalement comme l'attestent ses publications et les nombreuses invitations faites à ses membres pour présenter leurs résultats à des conférences internationales. Les projets proposés devraient lui permettre de maintenir l'excellence scientifique et le leadership du laboratoire dans des domaines originaux et porteurs pour A. fumigatus, mais qui pourraient, pour la plupart, être facilement étendus à l'étude de l'autre pathogène fongique le plus important en santé humaine, Candida albicans.
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I - Mode oppératoire des techniques les plus utilisées au laboratoire |
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L’ADN fongique est extrait par la méthode décrite par Girardin et al. (1993). Les conidies sont mises en culture dans du milieu Sabouraud en boîtes de pétri, sans agitation, et incubées une nuit à 37°C. Le mycélium est filtré, séché puis resuspendu dans 800µl de tampon d’extraction (Tris 20mM, NaCl 250mM, EDTA 25mM pH 8, SDS 1%) et de 8µl de protéinase K (10mg/ml, Roche). Le mycélium est ensuite broyé à l’aide de billes de verre (0,5mM, BIOSPEC PRODUCTS) dans un Fastprep (MP Bio) 3 fois pendant 45s (v=4.5m/s). Après broyage, le mélange est incubé 10min à 65°C puis centrifugé pendant 1h à 11000g en présence de 600µl de phénol et 200µl de chloroforme. La phase aqueuse est ensuite incubée 3h à 37°C en présence de 8µl de RNase A (10mg/ml, Roche), puis centrifugée 10min à 3000g à 20°C en présence de 900µl de chloroforme. L’ADN est précipité avec 40µl de NaCl 4M, 900µl d’Isopropanol et lavé à l’éthanol à 70%. L’ADN génomique est repris dans 50µl de Tris EDTA (Tris 10mM, EDTA 1mM) pH 7.5 et conservé à 4°C.
Les cassettes de délétion sont effectuées par la méthode de PCR fusion débutant par une première PCR (Figure) permettant d’amplifier les trois parties de la cassette: la région flanquante 1 (amplicon 1, amorces A et B) et la région flanquante 2 (amplicon 3, amorces E et F) du gène cible à partir de l’ADN génomique de la souche sauvage, et le marqueur de sélection (amplicon 2, amorces C et D) à partir de l’ADN plasmidique, correspondant au gène de résistance. Les amorces de 50pb B, C, D et E sont des séquences chimères qui contiennent à l’extrémité 5’ une séquence inverse complémentaire (B avec C et D avec E) permettant la fusion. Les trois produits obtenus par PCR (10s à 95°C, 30s à 65°C, 30s par kb à 72°C) avec la Taq Fusion hight-Fidelity DNA Polymerase (Finnzymes) ont été purifiés avec le kit NucleoSpin Extract II (Macherey Nalgen) puis utilisés pour une seconde PCR. Cette dernière PCR permet la fusion des trois fragments à l’aide des oligonucléotides extérieurs A et F (Figure). 6 fois 50µL de cette dernière PCR sont nécessaire pour avoir au moins 1µg de cassette de délétion.
La cassette de délétion obtenue par PCR fusion a été utilisée pour transformer des conidies d’A. fumigatus par la méthode décrite par Sanchez and Aguirre (1996) avec les modifications suivantes : les conidies de la souche à transformer sont récupérées après six jours de culture en tube sur milieu Malt à 25°C dans de l’eau tweenée 0,05% permettant de resuspendre les conidies hydrophobes. Elles sont lavées cinq fois avec de l’eau et comptées sur cellule de Malassez. 1.10^9 conidies sont inoculées dans 125ml de milieu YG et incubées à 37°C à 300rpm pendant quatre heures. Les conidies sont ensuite récupérées par centrifugation, lavées à l’eau, resuspendues dans 12,5ml de milieu YEG et incubées pendant une heure à 30°C à 100rpm. Les conidies sont centrifugées et resuspendues dans 1ml de Sorbitol 1M maintenu dans la glace. La cassette de délétion (1 à 2 µg) est ajoutée à 50µl de suspension de conidies et le mélange est incubé 15min sur la glace, puis transféré dans une cuve d’électroporation 0,1cm (Bio-Rad). L’électroporation est réalisée en utilisant un électroporateur (Gene Pulser Xcell, Bio-Rad) avec les paramètres suivants : voltage 1kV, ampérage 25µF, résistance 400O. 1ml de YG froid est ajouté directement dans la cuve après l’électroporation puis les conidies sont transférées dans un tube stérile de 10ml et incubées sur la glace pendant 15min. Les tubes sont ensuite incubés à 30°C 100rpm pendant 1h30. Les conidies sont étalées sur milieu minimum (500µl/boite) et incubées à 20°C pendant la nuit. Le marqueur de sélection est ajoutée le lendemain en surcouche dans 3mL de milieu minimum contenant 0,7% agarose puis les boîtes sont incubées à 37°C. Les transformants sont ensuite isolés par repiquage sur Malt-Marqueur de sélection, puis sur Malt pour la conservation.
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Le remplacement du gène d’intérêt par la cassette de délétion dans le génome des transformants est vérifié par southern blot. Pour cela, les ADN génomiques (1 à 1,5µg) extraits des transformants sont digérés pendant une nuit par une enzyme de restriction puis mis à migrer sur un gel d’agarose 0,7%. Après migration, le gel est incubé dans un bain d’HCL 0,25N, sous agitation lente, pendant 20 min. Le transfert des ADN sur la membrane de nylon (Hybond XL, GE Healthcare) se fait via du NaOH 0,4N pendant une nuit suivant un montage réalisé avec une éponge imbibée de NaOH 0,4N, du papier whatman 3M, le gel d’agarose retourné, la membrane de nylon, du papier whatman 3M puis du papier absorbants et un poids permettant le transfert par capillarité. La membrane est rincée avec du SSC 2X, puis hybridée avec la sonde préalablement dénaturée (100°C pendant 5min) et du tampon Dig Easy Hyb (Roche) pendant une nuit à 42°C (en rotation). La sonde est fabriquée par PCR à l’aide du PCR DIG Probe Synthesis Kit de Roche, avec les recommandations du fabriquant. La membrane est ensuite lavée successivement avec du tampon à faible stringence (2 fois 5min à température ambiante) et du tampon à forte stringence (2 fois 15min à 65°C). Les sites d'interaction non spécifique pouvant interagir avec l’anticorps anti-DIG sont bloqués à l’aide de la solution de bloquage pendant 30min. La solution d’anticorps anti-DIG est alors ajoutée et incubée pendant 30min. La membrane est lavée 2 fois 15min avec du tampon de lavage, et placée dans une pochette d’hybridation avec 2mL de tampon de détection et du CSPD au 1/100: substrat de la phosphatase alkaline présent sur l’anticorps anti-DIG permettant le détection par chimioluminescence (incubation 10min à 37°C). La membrane est placée dans une cassette au contact d’un film autoradiographique (Amersham HyperfilmTMMP) pendant 15 à 25 minutes, puis le film est développé. | |||
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II - Composition des milieux de culture d'A. fumigatus
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