| Hématopoïèse
dans la rate fœtale chez la souris (R. Golub)
Présente chez tous les vertébrés, la rate
est un organe asymétrique situé dans la partie postérieure
de l’estomac en contact direct avec l’omentum et le
pancréas. L’ébauche splénique a été décrite
comme une condensation du mésenchyme dans le mésogastrium
dorsal. Considéré comme un dérivé uniquement
mésodermique, la rate possède un développement
précoce difficile à étudier car aucun marqueur
spécifique n’est connu. Chez l’adulte, la rate
est un organe lymphoïde secondaire avec une architecture complexe
en corrélation avec des fonctions précises lors des
réponses immunitaires innées et adaptatives. La complexité de
la rate adulte s’élabore par étapes clés
tout au long de l’organogenèse : l’acquisition
de capacités hématopoïétiques au cours
de la vie fœtale, suivie par la régionalisation pendant
la période néonatale.
Nos travaux
portent sur les processus d’hématopoïèse,
et les liens entre l’hématopoïèse et l’organogenèse
de la rate chez la souris. Nous avons développé plusieurs
outils et méthodologies. Entre autres, la culture organotypique
de rates fœtales a permis des études d’hématopoïèse « in
situ », et des reconstitutions hématopoïétiques
en conditions congéniques. Des lignées de cellules
stromales de rate fœtale au stade E15,5 ont également été caracterisées.
Nous avons
démontré que dès les stades les
plus précoces (E13), la rate fœtale contenait des
CSH qui possèdent les mêmes capacités de reconstitution à long
terme que celles isolées du foie fœtal. Cependant,
dans cet environnement les CSH ne sont plus capables de s’expandre
et se différencient toutes très rapidement, contrairement à ce
que l’on observe dans le foie fœtal ou la mœlle
osseuse néonatale. Nous avons démontré que
l’environnement de la rate fœtale était entièrement
dédié à l’engagement et la différenciation
des CSH en cellules myéloïdes. Après une semaine
de culture sur du stroma de rate fœtale, toutes les cellules
obtenues sont des macrophages qui possèdent le phénotype
F4/80+ Mac1+. La prolifération des précurseurs myéloïdes
est très fortement stimulée par les cellules stromales.
Nous analysons ce qui pourrait agir sur le choix d’une CSH
lors de la dichotomie entre destinées myéloïde
et lymphoïde.
Les différentes populations de précurseurs hématopoïétiques
ont été isolées et leur capacité de
différenciation a été étudiée
en conditions clonales. Elles sont caractérisées
par l’expression du marqueur CD4 et peuvent être subdivisées
en sous populations qui expriment différentiellement RAG2.
Nous démontrons que ces précurseurs peuvent se développer in
situ et qu’ils représentent une partie des populations
lymphoïdes observées dans la rate fœtale à partir
du stade E16.
Nous analysons également
la mise en place de l’architecture
de la rate. Pour cela nous avons identifié phénotypiquement
les populations de cellules inductrices des organes lymphoïdes
secondaires. L’étude se poursuit actuellemment sur
la fonction de ces cellules et leur interaction avec le stroma
de la rate fœtale.
Nous nous tournons
actuellement vers l’impact du microenvironnement
stromal de la rate fœtale sur l’hématopoïèse
et sa régionalisation ultérieure. Nous voulons développer
une étude appliquée à un cas particulier de
pathologie humaine. Nous allons analyser les interactions entre
le stroma et les cellules hématopoïétiques lors
du développement du syndrome myéloprolifératif
de splénomégalie myéloïde. Nous allons
appliquer nos résultats chez l’homme à des
cas cliniques d’hématopathologies avec myélofibroses
et métaplasie extramedullaire.


Site créé par Marie-Christine
Vougny (04/2004)
dernière mise à jour : 16 décembre
2008
|