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ONTOGENESE
ET PHYSIOLOGIE DES LYMPHOCYTES T REGULATEURS CD4+ NATURELS
Il est maintenant bien établi que le facteur de transcription
Scurfin, aussi connu comme Foxp3, est un marqueur spécifique
de l’activité régulatrice et est essentiel au
développement et à la fonction des cellules T régulatrices
CD25+CD4. Le compartiment des cellules T CD25-CD4 contient aussi
des cellules régulatrices et des taux faibles de Foxp3 ont
été détectés au sein de ces populations.
Par ailleurs, nous avons récemment démontré
que l’intégrine aeb7 (CD103), fortement exprimée
par les lymphocytes T qui colonisent les muqueuses, permet d’identifier
une petite sous population de cellules T CD25-CD4 qui possèdent
une forte activité régulatrice. L’expression
de CD103 permet aussi la distinction entre deux types de cellules
T CD25+CD4 exprimant des cytokines différentes et ayant des
capacités de régulation distinctes. On ne sait pas
encore si ces trois populations de cellules régulatrices
expriment des taux comparables de Foxp3, ni si elles appartiennent
au même lignage de développement.
Développement
et homéostasie du compartiment périphérique
des cellules T CD4 exprimant Foxp3
Une idée généralement admise concernant l’ontogenèse
du compartiment périphérique des cellules T régulatrices
CD25+CD4 est que l’export thymique de ces cellules ne commence
qu’après le troisième jour après la naissance.
Cette hypothèse est fondée sur le fait que des souris
thymectomisées entre 2 et 4 jours après la naissance
développent des maladies autoimmunes, qui peuvent être
évitées grâce au transfert précoce de
cellules T CD25+CD4 d’une souris adulte. Néanmoins,
plusieurs observations laissent penser que l’ablation précoce
du thymus n’induit pas un déficit global des cellules
régulatrices (le type de maladie et leur incidence/gravité
est variable parmi les individus d’une même souche,
d’autres maladies inflammatoires comme celle du colon sont
absentes, ces souris présentent un état chronique
de lymphopénie). Le syndrome reste très différent
de celui développé par des animaux dont le gène
Foxp3 a été inactivé (qui s’accompagne
d’une lymphoprolifération généralisée,
d’une infiltration massive de plusieurs tissus par des cellules
lymphoïdes et de la mort des animaux à l’age de
4 semaines). Nos premières études ont montré
que le système immunitaire de souriceaux de trois jours possédait
un fort potentiel de régulation et un nombre important de
cellules T régulatrices CD25+CD4 exprimant des taux élevés
d’ARNm pour Foxp3. Ce potentiel de régulation
peut se développer en l’absence d’export thymique
ultérieur, ce qui explique pourquoi les animaux thymectomisés
à jour 3 après la naissance ne développent
pas de maladies autoimmunes généralisées ni
d’autres maladies inflammatoires. Nous nous proposons de déterminer
si les cellules T CD25+CD4 exprimant fortement Foxp3 chez
les animaux adultes thymectomisés à la naissance,
représentent la progénie de cellules CD25+CD4 présentes
en périphérie au moment de la thymectomie, ou si elles
sont dérivées des cellules naïves CD25-. Nous
analyserons aussi la diversité du répertoire des TcR
de ces cellules régulatrices et nous déterminerons
si le déclenchement de maladies autoimmunes chez ces souris
est dû à l’absence de certaines spécificités
dans ce répertoire. Nous essayerons d’identifier les
ligands naturels reconnus par les cellules T CD25+CD4 qui contrôlent
la gastrite autoimmune et qui empêchent le développement
de la maladie inflammatoire du colon chez un animal normal.

Relation
entre les différentes populations de cellules T CD4 exprimant
Foxp3
Nos premiers résultats montrent que, tout comme les cellules
T CD25+CD4 classiques, les cellules T CD25-CD4CD103+ expriment fortement
Foxp3, et que le taux d’expression de ces deux gènes
est contrôlé différemment chez le nouveau-né
et chez l’adulte. Nous déterminerons la relation existant
entre ces deux populations cellulaires exprimant Foxp3
et définies par les marqueurs CD25 et CD103, ainsi que la
possibilité que ces populations thymiques représentent
les précurseurs des populations équivalentes retrouvées
en périphérie. Le fait que les marqueurs CD25 et CD103
ne soient pas exprimés de manière constitutive ajoute
un autre degré de complexité lié à la
dynamique de passage entre ces compartiments périphériques.
Cette dernière question sera aussi analysée.

Diversité
du répertoire des récepteurs T exprimés par
les lymphocytes T CD25+CD4 chez la souris et chez l’homme.
Il est admis que le répertoire du TCR de ces cellules est
polyclonal. Actuellement, nous quantifions l’étendue
de ce répertoire chez les souris C57BL/6 en utilisant la
technique de l’immunoscope et le séquençage
du TCR. Nos résultats indiquent que cette diversité
est probablement du même ordre que celle des cellules T CD4
naïves. Ceci implique que la taille des clones au sein de cette
population est faible et que ces cellules pourraient reconnaître
un nombre important de ligands naturels. Une approche similaire
sera utilisée sur les cellules T CD25+CD4 humaines.

Cellules
T CD4+ régulatrices dans le mélanome humain
Après avoir montré l’augmentation du nombre
de lymphocytes T CD25+CD4 exprimant Foxp3 au sein de métastases
ganglionnaires de mélanomes, nous analyserons l’expression
de Foxp3 par la technique de PCR unicellulaire afin d’évaluer
si toutes les cellules T CD25+CD4 sont effectivement régulatrices.
En parallèle, nous produirons des lignées cellulaires
et des clones à partir de cette population afin de mieux
définir leurs caractéristiques fonctionnelles (i.e.
le type de cytokines qu’elles produisent) et d’identifier
les antigènes qu’elles reconnaissent. Pour cela, nous
testerons des banques d’ADNc obtenues à partir de cellules
de mélanomes et de cellules dendritiques autologues ou allogéniques.
Enfin, nous analyserons le rôle de l’IL-10 et du TGFb
produit par les cellules tumorales dans l’induction locale
de cellules régulatrices du type Tr1/Th3 comme le suggère
nos travaux précédents.


Site créé par Marie-Christine
Vougny (04/2004)
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