Sélection des
cellules
B et compétition (Emmanuelle Gaudin)
Nous avons montré que la compétition lymphocytaire
pour les ressources joue un rôle primordial dans la
sélection
des répertoires B. Nous avons étudié
certaines
des ressources pouvant être impliquées dans la
compétition
cellulaire B. Nous nous proposons de continuer ces études
afin de comprendre les bases moléculaires et de
définir
les lois générales qui régissent la
compétition
lymphocytaire. Nous tenterons d’établir une
hiérarchie
des ressources, ce qui peut permettre de définir de
nouvelles
stratégies pour l’intervention immune.
Homéostasie
cellulaire
T
Plusieurs résultats montrent que le nombre
des lymphocytes
T périphériques n’est pas limité par
le taux de production de cellules T thymiques ou par la
capacité
de production de cellules T périphériques. Ainsi,
dans une souris normale, le nombre de cellules T est maintenu
constant
par des mécanismes contrôlant à la fois
la survie
cellulaire et la division dans les compartiments
périphériques.
Il a été postulé que la compétition
pour les ressources dont la disponibilité est
limitée,
ou pour des interactions cellulaires complexes, peut jouer un
rôle
important dans l’homéostasie lymphocytaire, mais
les
mécanismes impliqués restent à
élucider.
Cinétiques et
homéostasie
des cellules T CD4+CD25+ régulatrices (Afonso
Almeida)
Les cellules T CD4+ périphériques se composent de
sous-populations fonctionnellement distinctes. Nous avons
étudié
les mécanismes contrôlant l’expansion des
cellules
T CD45RBhighCD25-CD4+ et CD45RBlowCD25+CD4+ après
transfert
dans des hôtes CD3e-/-
déficients
en cellules T. Chez ces hôtes, l’ensemble des
populations
T CD4+ ont proliféré de façon extensive,
mais
alors que les cellules T CD45RBhighCD25-CD4+ ont atteint
à
l’équilibre 1-2x107 cellules, les cellules
CD45RBlowCD25+CD4+
n’ont atteint que des nombres dix fois inférieurs.
Le co-transfert des deux types cellulaires a montré
que les
cellules T CD45RBlowCD25+CD4+ limitent l’expansion des
cellules
T CD45RBhighCD25-CD4+ d’une façon dose
dépendante.
Le contrôle de l’expansion cellulaire T
périphérique
par les cellules T CD45RBlowCD25+CD4+ n’est pas
dû à
l’IL-10 puisque les cellules de souris déficientes
IL-10 se sont avérées aussi efficaces que les
cellules
de souris normales dans la suppression de l’expansion des
cellules T CD45RBhighCD25-CD4+. Nous nous proposons de
caractériser
les bases moléculaires des effets inhibiteurs de cellules
CD25+.
Cinétiques et
homéostasie
des populations Th1 et Th2 (Vanesa Sanchez-Guajardo & Sylvie
Garcia – en collaboration avec Adelaida
Sarukhan)
Parmi les sous-populations de cellules T CD4
périphériques,
la population de cellules Th1 sécrète
principalement
de l’IL-2 et IFNg et elle
est responsable
des réactions inflammatoires ; la population de cellules
Th2 produit de l’IL-4 et IL-10 et agit sur les
réponses
humorales. Des changements de type de réponses
immunitaires
peuvent être ainsi exercés par des modifications de
production de cytokines Th1 et Th2. Cependant, c’est le
niveau
d’expansion des clones de cellules T spécifiques
qui
va d’abord déterminer le type de réponse.
Elle
va ensuite être déterminée par les
cinétiques
différentielles des cellules Th1 et Th2 et par leur
capacité
à s’inter-moduler. Nous avons décidé
d’étudier les cinétiques des populations de
cellules T CD4 Th1 et Th2 en l’absence ou en
présence
de stimulation antigénique afin d’analyser si
ces populations
cellulaires peuvent réguler la prolifération et
l’expansion
des cellules T périphériques.
Rôle des
sous-populations
DC CD8- versus CD8+ sur les réponses T CD4 et CD8 (Sylvie
Garcia – en collaboration avec Gilles
Dadaglio)
Il est désormais bien établi que les cellules
dendritiques
sont les seules cellules présentatrices
d’antigène
professionnelles capables d’activer des cellules T
naïves.
Deux types de sous-populations DC qui se distinguent au
niveau de
l’expression de l’homodimère CD8a, ont
été
montrés comment présentant d’importantes
différences
fonctionnelles et de localisation. L’origine de ces
deux populations,
myéloïdes CD8a- versus lymphoïdes CD8a+ pour
certains
ou correspondant à des états distincts
d’activation,
de maturation et/ou de mobilisation pour d’autres,
reste controversée.
Dans la rate, la sous-population CD8a+ réside dans les
zones
cellulaires T alors que la CD8a- peut être trouvée
dans la zone marginale. Bien qu’il ait d’abord
été
suggéré que chaque sous-population DC
diffère
dans sa capacité à polariser la réponse
cellulaire
T (la DC CD8a- induirait des réponses Th2 alors que la
CD8a+
induirait des réponses Th1), des données
récentes
ont réfuté cette nécessité, rendant
peu clair le rôle de ces sous-populations DC. Le but de ce
projet est de reconsidérer la fonction de chaque
sous-population
DC dans un modèle de transfert adoptif permettant
d’exclure
tout phénomène de présentation
croisée
par des DC de l’hôte.
Survie des cellules T
CD8 naïves
et mémoires (Nicolas Legrand – en collaboration
avec
Benedita Rocha)
« La prolifération homéostatique » est
généralement comprise comme la tendance
qu’ont
les cellules T matures à se développer
lorsqu’elles
sont mises en situation d’immunodéficience.
Cette expansion
cellulaire T est dite « homéostatique » parce
qu’elle se produit en l’absence
d’antigènes
spécifiques. Ce phénomène dépend
vraisemblablement
des interactions entre les molécules du complexe
majeur d’histocompatibilité
(CMH) et leur ligand, et celles du récepteur cellulaire T
(TCR). Les interactions TCR-CMH sont aussi impliquées
dans
la survie des cellules T naïves, mais pas
nécessairement
dans le maintien des lymphocytes T mémoires. Nous nous
proposons
d’analyser plus précisément les bases
cellulaires
de la survie et de l’expansion des cellules T CD8+ et
de préciser
le rôle des molécules de classe I du CMH dans ce
phénomène.
De plus, nous analyserons l’influence des molécules
du CMH sélectionnantes et non-sélectionnantes dans
la survie et la « prolifération
homéostatique
» des cellules T CD8+.
Le rôle de Notch
(Alix
de La Coste & Sylvie Garcia)
Il est probable que la survie lymphocytaire implique aussi
des voies
de signalisation ubiquitaires autres que celles induites au
travers
des récepteurs spécifiques de
l’antigène.
Nous avons décidé d’étudier le
rôle
potentiel de la voie de signalisation au travers de la
molécule
Notch dans la survie lymphocytaire.
L’expression des récepteurs Notch et de leurs
ligands
est finement mise en place durant le développement
thymique.
L’invalidation induite du gène Notch-1 conduit
à
d’importantes modifications dans le
développement thymique,
ce qui suggère un rôle important de ce gène
dans l’établissement du système immunitaire.
D’autres études ont impliqué des signaux via
Notch dans la différentiation T et dans les
décisions
de lignée cellulaire B versus T. Notch a aussi
montré
des effets anti-apoptotiques puisqu’une forme active de
Notch
bloque l’apoptose induite par Nur77 et par des
glucocorticoïdes
dans des hybridomes T. La voie de signalisation Notch est aussi
associée au développement de certains types de
leucémie,
probablement en raison de l’inhibition de l’apoptose
dans des cellules transformées. Les mécanismes de
cet effet anti-apoptotique sont vraisemblablement liés
à
l’activation de NF-kB2 ou à l’inhibition des
facteurs de transcription E47 et Nur77. Pour étudier
le rôle
de Notch dans le développement et la survie lymphocytaire
T, nous avons décidé de produire
différentes
lignées de souris mutantes présentant une
expression
constitutive et accrue des molécules Notch. Cette
approche
devrait permettre une signalisation via Notch à chaque
fois
qu’une cellule T exprimant un récepteur Notch
interagit
avec une cellule que nous avons sélectionnée pour
exprimer son ligand.
La caractérisation des différentes lignées
de souris de cette étude devrait permettre
d’évaluer
le rôle de la voie de signalisation Notch dans la
différentiation
T et dans l’établissement et le maintien des
compartiments
T périphériques.
Modèle
mathématique (Jose
Borghans)
Les résultats de ces études seront utilisés
pour établir de nouveaux modèles
mathématiques
des dynamiques du système immunitaire, une recherche
menée
par José Borghans en collaboration avec un membre
précédent
du laboratoire, Angela McLean.
Les modèles concerneront :
1. l’étude de la régulation
homéostatique
des sous-populations lymphocytaires
2. les paramètres de cinétique lymphocytaire, tels
que la prolifération et les taux de mort, chez un
individu
sain et chez un malade
3. la diversité du répertoire lymphocytaire et, en
particulier, l’influence de la diversité
individuelle
du CMH sur la diversité lymphocytaire
4. l’évolution du polymorphisme du CMH.

Pour le développement de ces projets de
recherche, nous avons établi plusieurs collaborations.
Les projets de recherche de l’UBPL ont été écrits
par Antonio Freitas, corrigés par Sylvie Garcia et édités
sur le site web par Marie-Christine Vougny
Dernière mise à jour
: 18 novembre 2003