Au cours de I'épidémie de fièvre de la Vallée du Rift (FVR) à Rosso (République lslamique de Mauritanie) d'octobre- novembre 1987, tous les malades se présentant à la consultation ont eu un prélèvement sanguin. Pour 159 malades, le virus FVR a été isolé et identifié et ont été dosées I'urée, la créatinine, les transaminases (SGOT et SGPT) et la bilirubine. Parmi ces 159 malades, 2I sont décédés. Une caractéristique de la FVR est I'extrême brutalité de ses débuts, associant le plus souvent fIèvre, céphalées et algies (dorsalgies) intenses. Cette soudaineté a été observée chez tous les malades, ce qui a permis de dater avec precision le début de la maladie. Il a semblé interessant de regrouper les prélèvements effectués aux mêmes dates, et de comparer les moyennes des paramètres mesurés chez les malades décédés à celles observées chez les survivants. On constate la précocité de I'atteinte : dès Jl, les valeurs sont alarmantes dans le groupe des malades décédés. Chez les malades survivants, les taux suivent une courbe bimodale, avec un minimum relatif significatif entre J2 et J4, ce qui traduit le "rebond clinique" observé dans de nombreux cas au cours de I'évolution de la maladie.
Les manifestations cliniques de la FVR sont tout à fait analogues à celles observées pour la fIèvre jaune, la différence majeure est la rapidité de I'évolution, liée à I'extrême vitesse de réplication du virus. Dès l'extrême début de la maladie, les signes d'une importante cytolyse hépatique associés à ceux d'une insuffisance rénale permettent d'établir un pronostic très défavorable.