CENTRES NATIONAUX DE RÉFÉRENCE ET CENTRES COLLABORATEURS DE L'OMS

Responsable Coordinatrice
LAMASSOURE Marie Antoinette

e-mail : amaryan@pasteur.f


CLRE
Institut Pasteur
25/28 Rue du Dr. Roux
75724 PARIS Cedex 15

Tél
01 4568 8012
Fax
01 4061 3120

Secrétariat

PANOS Maria
LOTON Catherine

Les Centres Nationaux de Référence (CNR) sont désignés pour trois ans par arrêté du Ministère chargé de la Santé. Partenaires de la Direction Générale de la Santé (DGS) et du Réseau National de Santé Publique (RNSP), ils répondent aux objectifs de la surveillance de diverses maladies transmissibles en France. Leurs missions sont définies dans l'arrêté du 7 octobre 1996 (J.O. du 25/10/1996). Elles sont :



Les Centres collaborateurs de l'Organisation Mondiale de la Santé (CCOMS), font partie d'un réseau international de laboratoires experts, jouant le rôle de référence et de conseiller pour l'OMS sur la base d'un mandat bien défini.

Leurs activités sont coordonnées par le Service Coordination des Laboratoires de Référence et d'Expertises (CLRE).



Pour 1997, nous citerons plus particulièrement :

Centre National de Référence des Mycobactéries (CNR Mcb)

(Véronique Vincent, Christian Perronne)

Le CNRMcb a présenté les résultats d'une enquête sur les cas de tuberculose diagnostiqés en 1995 dans 10 hôpitaux de la région parisienne. Cette étude a démontré que l'absence de domicile fixe constitue un facteur de risque majeur de transmission de la maladie et souligne la vulnérabilité à la tuberculose de la population économiquement défavorisée et sa contribution à l'expansion de la maladie dans la population générale.
En 1997, à la demande de la Direction Générale de la Santé, le CNR Mcb a mis au point avec le RNSP et le CNR de la Pitié Salpêtrière le protocole d'une enquête nationale sur les infections à Mycobacterium xenopi et les infections ostéo-articulaires à mycobactéries. En effet, le CNR Mcb centralise les souches de M. xenopi impliquées dans des cas de spondylodiscites iatrogènes. Une première expertise réalisée en 1993 par le Centre inter-régional de coordination pour la lutte contre l'Infection Nosocomiale Paris-Nord (C.CLIN Paris Nord) en collaboration avec l'Hôpital de la Croix Saint Simon et le CNR Mcb avait établi que la source de l'épidémie concernant plusieurs cas d'une même clinique pouvait être rapportée à une contamination des instruments chirurgicaux lors d'un rinçage à l'eau du réseau contenant des concentrations importantes de M. xenopi.
Sous l'egide de l'ANRS, le CNR Mcb a assuré la coordination bactériologique du protocole thérapeutique CURAVIUM qui a démontré l'efficacité de l'association clarithromycine-rifabutine-éthambutol pour le traitement des infections disséminées à Mycobacterium avium chez les patients atteints de SIDA. L'étude par épidémiologie moléculaire des souches isolées au cours de l'essai a permis de déterminer les paramètres bactériologiques de ces infections, suggérant l'intérêt des traitements prolongés chez ces patients fortement imunodéprimés;

Centre National de Référence de la résistance aux antibiotiques (CRAB) :

(Patrice Courvalin)

Le pneumocoque représente une des cibles majeures des nouvelles fluoroquinolones en instance d'autorisation de mise sur le marché. Le CRAB a évalué la capacité de ces antibiotiques à sélectionner in vitro des mutants résistants car il est important de mieux connaître, dès maintenant, les conditions d'émergence et les phénotypes de résistance chez ce genre bactérien très pathogène pour l'homme. Les résultats obtenus devraient permettre d'utiliser ces produits de façon raisonnée et donc de contrôler ou, à tout le moins, de retarder l'apparition et la dissémination des résistances acquises.
Par ailleurs, le CRAB contribue à la surveillance de la résistance des agents pathogènes aux anti-infectieux, en collaborant avec les 3 CNR cités à la suite. Il a élucidé, pour une souche de Yersinia pestis, présentant des résistances multiples aux antibiotiques, le support génétique, les mécanismes biochimiques et l'origine des gènes qui lui confèrent ces résistances. L'étude de la prévalence de la résistance aux antibiotiques chez Listeria a permis la détection de la résistance au triméthoprime, importante en thérapeutique, mais également de montrer que la résistance reste rare chez ce pathogène humain d'importance croissante. Enfin, ila étudié la résistance à la pénicilline G chez Neisseria meningitidis. Trente souches de N. meningitidis de sensibilité diminuée à la pénicilline G ont été détectées et le CRAB met au point des techniques simples pour détecter rapidement in vitro cette diminution de sensibilité.

CNR de la peste et autres yersinioses

(Elisabeth Carniel)

Ce CNR a contribué à la caractérisation de la première souche de Y. pestis multirésistante aux antibiotiques, isolée à l'Institut Pasteur de Madagascar en 1995. Elle s'est révélée résistante à la plupart des antibiotiques recommandés par l'OMS pour la prévention et le traitement de la peste. Cette première observation de la capacité de Y. pestis à acquérir un plasmide de multirésistance dans son environnement naturel, probablement par contact avec une autre entérobactérie, indique qu'un tel évènement peut à nouveau se produire dans n'importe quel foyer de peste dans le monde.

CNR des Listeria

(Jocelyne Rocourt, Christine Jacquet)

Ce CNR a, le 3 septembre 1997, alerté le RNSP de l'existence d'une nouvelle épidémie de Listériose. Les acteurs habituels de la Veille Sanitaire en France ont alors participé à l'enquête qui a permis de détecter la source alimentaire de l'infection et aboutit à la fermeture temporaire d'une fromagerie.

Centre National de Référence des Méningocoques (CNRM)

(Jean-Yves Riou, Martine Guibourdenche)

Le CNRM a organisé à l'Institut Pasteur la quatrième réunion du Groupe Européen de travail sur les méningocoques. Les spécialistes de 28 pays étaient présents pour aborder les thèmes concernant le diagnostic clinique et microbiologique, le contrôle de l'infection, la surveillance épidémiologique et les vaccins.

CNR de la Chimiorésistance du Paludisme (Institut Pasteur de la Guyane française)

(Jean-Louis Sarthou, Stéphane Laventure)

Ce laboratoire a pour mission de suivre l'apparition et l'extension des résistances in vitro de Plasmodium falciparum aux antipaludéens. Cette activité s'intègre à la surveillance clinique et aux enquêtes épidémiologiques menées en collaboration avec les services de soins et la Direction Départementale de l'Action Sanitaire et Sociale. Aujourd'hui toutes les souches sont résistantes in vitro à la chloroquine. Les traitements curatifs utilisent l'halofantrine et, pour les accès graves, l'association quinine-cycline. La méfloquine est réservée à la chimioprophylaxie. L'augmentation récente de la résistance in vitro à la quinine, à la méfloquine et à l'halofantrine sont préoccupantes. Ces résultats ont été confirmés de mai à août 1997 par une enquête conjointe D.A.S.S. - Institut Pasteur menée à Maripasoula, sur le fleuve Maroni. Cliniquement, ces produits conservent encore une bonne efficacité thérapeutique, malgré 3 cas de résistance R1 in vivo à l'association quinine-doxycycline.
L'analyse des marqueurs génétiques montre le faible polymorphisme des souches circulantes, ce qui pourrait expliquer la forte pression de sélection de souches résistantes exercée par la disponibilité et la gratuité des antipaludéens dans les foyers endémiques.

Centre de Référence pour la surveillance de la dengue, de la fièvre jaune et de la grippe

(Jean-Louis Sarthou, Antoine Talarmin)

Ce Laboratoire joue un rôle essentiel pour la surveillance des arboviroses dans les départements français d'Amérique. En Guyane, il est en première ligne pour le diagnostic de la dengue et l'alerte des services de santé publique en cas d'épidémie ; il identifie les souches responsables de dengue en Martinique et en Guadeloupe. Il réalise également l'isolement et l'identification des souches de virus grippaux de ces 3 DOM. En collaboration avec la DDASS Etat et la DDASS Guyane, un réseau de surveillance clinique a été mis en place sur Cayenne et Kourou en juillet 1997 pour améliorer le système d'alerte. Il doit s'étendre progressivement à l'ensemble de la Guyane. En 1997, la Guyane a connu, en début d'année, une épidémie de dengue, suivie à partir d'avril d'une circulation plus modérée des virus de la dengue. Les sérotypes DEN-1 et DEN-2 étaient responsables de cette épidémie. Le CNR a également identifié le sérotype DEN-1 comme étant responsable de l'épidémie de dengue hémorragique à l'origine de plusieurs décès sévissant depuis l'été 1997 en Martinique. C'est la première fois que DEN-1 est responsable de DHF dans les DOM américains.
En Guyane, durant l'année 1997, l'épidémie de grippe due au variant A/Wuhan/359/95 (H3N2) s'est terminée fin janvier et a été suivie d'une circulation sporatique de virus Influenza B jusqu'en septembre.

Centre Collaborateur de l'OMS pour la Rage (également CNR)

(Henri Tsiang, Hervé Bourhy, Yolande Rotivel)

L'Unité de la Rage a organisé à l'Institut Pasteur un Colloque international sur la rage qui a réuni 200 participants venus de 45 pays. Il a créé, sur Internet, un forum d'échanges d'information sur la Rage pris en compte par PROMED dont le site aux Etats-Unis.

Centre Collaborateur de l'OMS pour la Référence sur la Grippe et les autres virus respiratoires (également CNR)

(Sylvie van der Werf, Jean-Claude Manuguerra)

Le CCOMS participe à l'effort international de surveillance épidémiologique des virus grippaux. En 1997, suite à l'identification à Hong Kong de plusieurs cas humains de grippe liés à un virus grippal A(H5N1) d'un sous-type jusqu'alors observé uniquement chez les oiseaux et inconnu chez l'homme, la cellule française de lutte contre la grippe, mise en place depuis 1995 par le ministère chargé de la santé pour élaborer un plan de réponse à une éventuelle pandémie grippale a été mise en alerte. Le CNR a ainsi été sollicité pour contribuer à la mise en place d'une surveillance renforcée de la circulation des virus grippaux en France, afin de pouvoir détecter rapidement l'introduction éventuelle de la souche A(H5N1) sur le territoire. Ce dispositif repose en particulier sur les deux réseaux partenaires du CNR, le réseau de médecins généralistes et pédiatres sentinelles et de médecins militaires des GROG (Groupes Régionaux d'Observation de la Grippe) et le réseau de laboratoires hospitaliers RENAL. Le CNR a également été chargé de la mise en place à l'Institut Pasteur d'un numéro d'appel d'information des voyageurs ayant séjourné à Hong Kong, permettant d'organiser si nécessaire un prélèvement rhino-pharyngé pour la recherche de virus grippal. Par ailleurs, des techniques spécifiques pour la détection et l'identification de ce nouveau virus grippal sont en cours d'évaluation au CNR.

Liste des Centres Nationaux de Référence situés à l'Institut Pasteur

Liste des Centres Collaborateurs O.M.S. situés à l'Institut Pasteur