LABORATOIRE DES DYNAMIQUES LYMPHOCYTAIRES

Responsable
FREITAS Antonio A.

e-mail : afreitas@pasteur.fr


CNRS URA 1961

Département d'Immunologie
Institut Pasteur
25/28 Rue du Dr. Roux
75724 PARIS Cedex 15

Tél
01 4568 8582
Fax
01 4568 8639

Stagiaires de recherche

AGENES Fabien, Thèse
ALMEIDA Afonso, Thèse
McLEAN Angela, Post-doc
ROSADO Maria Manuela, Thèse

Chez un vertébré adulte le nombre total de lymphocytes est sous un contrôle homéostatique assez strict. Il y a cependant une production continue de nouvelles cellules dans la moelle osseuse et le thymus. À la périphérie les stimulations antigèniques induisent aussi la division et la production de nouvelles cellules. Le nombre total de cellules étant limité, chaque lymphocyte ne peut survivre qu'après la mort d'autres cellules. Nous postulons que la sélection des répertoires lymphocytaires ne dépend pas seulement des interactions entre lymphocytes et antigènes, mais qu'elle est aussi modulée par la compétition cellulaire. Le laboratoire des dynamiques lymphocytaires a été créé avec l'objectif de : 1 - étudier les mécanismes d'homéostasie, 2 - étudier la dynamique des populations lymphocytaires: taux de production, survie et mort cellulaire ainsi que les taux de renouvellement de ces populations, 3 - étudier le rôle de la compétition cellulaire dans la régulation du système immunitaire, la tolérance et la mémoire immunologique, 4 - établir des modèles mathématiques des mécanismes de compétition et de sélection lymphocytaire.



Sans titre

(Responsable non identifié)

Dans notre laboratoire nous avons conduit des expériences dites "de compétition cellulaire" par injection i.v. de mélanges cellulaires contenant des quantités variables de cellules de moelle osseuse de plusieurs donneurs chez des souris immunodéficientes ou irradiées. Les phénomènes de compétition entre deux populations cellulaires doivent satisfaire au moins deux critères: a) modifier la taille relative de deux populations en compétition et b) modifier la dynamique et les taux de survie de deux populations. Nous avons montré que: Chez les souris chimères injectées avec des mélanges cellulaires, il y a sélection préférentielle de quelques lymphocytes. La proportion des lymphocytes B ou T des differentes donneurs dans les compartiments périphériques, ne correspond donc pas aux proportions présentes dans l'inoculum.La sélection périphérique des lymphocytes est liée à l'expression des récepteurs de surface. La cinétique de reconstitution des cellules périphériques dans les souris chimères suit une courbe de croissance qui dépend de la densité cellulaire (dite "courbe de Monod"). La sélection périphérique des lymphocytes n'est détectable qu'au moment où la pente de croissance cellulaire atteint le plateau et que la disponibilité des ressources diminue. Ces observations montrent que la présence d'une population cellulaire peut modifier la taille (nombre de cellules) d'une seconde population. Plus important: la comparaison des taux de survie des lymphocytes dans différentes souris chimères nous a montré que la survie des lymphocytes dépend de la présence et de la nature d'autres cellules compétitrices. Ces résultats démontrent l'existence de compétition cellulaire et confirment son importance dans la sélection des répertoires des cellules B et T. La compréhension de la sélection de répertoires exige donc une nouvelle approche: l'étude des règles de compétition lymphocytaire. Un modèle de compétition cellulaire entre lymphocytes offre des interprétations qui diffère de celles des théories de la sélection clonal ou du réseau idiotypique. L'analyse du système immunitaire dans une perspective de système dynamique complexe avec des phénomènes d'interaction cellulaire du type compétition, mutualisme ou prédateur-proie dans des niches écologiques particulières, représente aussi une possibilité de mieux comprendre les mécanismes de tolérance et d'auto-immunité. Nous avons étudié les bases cellulaires de la persistence des réponses mémoire T CD8. Nous avons montré que les cellules T CD8+ naïves ont besoin de reconnaître l'élément de restriction du CMH pour survivre à la périphérie du système immunitaire. Par contre, les cellules T CD8+ mémoire survivent en absence de l'élément de restriction, mais disparaissent en l'absence totale de CMH Class I. Ces résultats suggèrent que les cellules mémoire ont un seuil d'activation plus bas que les cellules naïves; ceci permet leur activation ou leur survie en absence d'antigène par des interactions croisées avec des peptides présentés par des molécules de classe I autres que l'élément de restriction.

Sites d'intérêt

http://www.pasteur.fr/units/DynLym/Welcome.html